Après deux semaines de trêve internationale, la Ligue 1 reprenait ses droits ce vendredi avec un alléchant OGC Nice-PSG. Après de bons débuts en championnat malgré le rachat tardif du club et un mercato terminé à la va-vite, le Gym a connu un début d’automne compliqué et restait sur trois matches sans victoire. Pour se reprendre, Vieira ne pouvait pas compter sur Ounas, blessé, ni sur Atal, suspendu. Le champion du monde 98 alignait un 4-3-3 avec Ganago et Claude-Maurice aux côtés de Dolberg. Le PSG restait lui sur trois victoires de suite en Ligue 1 mais est toujours confronté à des problèmes de blessures. Tuchel décidait de faire tourner en présentant un 4-2-3-1 avec les titularisations de Diallo dans le couloir gauche, Herrera et Paredes au milieu et un trio Di Maria-Sarabia-Choupo-Moting en soutien d’Icardi.

Le PSG rentrait très bien dans son match et mettait sans attendre Benitez à contribution. Sur ce coup-franc excentré, Kimpembe puis Diallo, à bout portant, obligeaient le portier argentin à une double parade (3e). Il craquait finalement sur l’occasion suivante. Largement supérieur dans le jeu et dans l’utilisation du ballon, le PSG ouvrait rapidement le score. Di Maria profitait du mauvais positionnement de Sarr pour s’en aller battre Benitez (0-1, 15e). En souffrance à ce poste de latéral gauche, il oubliait à nouveau le numéro 11 parisien, qui lobait Benitez d’un angle très ferme (0-2, 21e). Auparavant, la frappe vicieuse de Paredes (18e) et le coup de tête décroisé de Choupo-Moting (19e) témoignaient sur l’énorme domination du club de la capitale.

Une double expulsion qui change tout

Ganago (20e) et Burner (28e) ont bien tenté de sonner la révolte par ces frappes hors cadre mais c’était bien trop insuffisant. Le PSG l’emportait à chaque duel, prenait le dessus sur tous les coups de pied arrêtés (36e, 42e) et aurait pu creuser davantage l’écart en maîtrisant plus de situations. Dépassé, le Gym changeait de dispositif en passant en 5-3-2, Claude-Maurice prenant le rôle de piston gauche. Il y avait un peu de mieux comme sur cet enchaînement de Lees-Melou (41e) et sur ce centre de Danilo dégagé en urgence par Thiago Silva (45e) mais le score ne bougeait pas avant la pause. Les Niçois revenaient sur la pelouse avec les mêmes intentions où Lees-Melou cadrait sa tête (48e). Entré à la pause à la place de Thiago Silva, Marquinhos répondait par un coup de casque pleine barre (60e).

Kurzawa est lui rentré en déficit de confiance visiblement. Sur l’un de ses premiers ballons, sa remise de la tête n’était pas assez appuyée. Burner en profitait pour centrer vers Ganago, lequel parvenait à tromper Navas grâce une erreur de Marquinhos (1-2, 67e). Malgré son énorme domination, le PSG était menacé par une équipe qui commençait à y croire. Claude-Maurice s’offrait en plus un festival dans la surface (69e) mais un double fait de jeu mettait fin à tout suspens. Cyprien écopait d’un second jaune pour geste d’humeur (74e). Dans la bousculade, Hérelle giflait légèrement Paredes et laissait ses partenaires à neuf (77e). Face à onze Parisiens, les Aiglons terminaient dans leur camp et subissaient logiquement. Après une frappe hors cadre de Di Maria (85e), Mbappé profitait d’un ballon traînant dans la surface pour tuer le match (1-3, 88e). Entré quelques minutes plus tôt, l’international français servait enfin Icardi (1-4, 90e+1) en guise de conclusion. Le PSG enchaîne une 4e victoire de suite en Ligue 1 et prend 5 points d’avance sur Nantes.

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L’homme du match : Di Maria (8) : encore le Parisien le plus dangereux ce soir. Il a très vite mis son équipe sur de bons rails en ouvrant le score (15e), son intérieur du gauche ne laisse aucune chance à Benítez. Il double la mise quelques minutes plus tard d’un magnifique lob en angle fermé, son cinquième doublé en Ligue 1 (22e). Il met encore une fois Sarabia sur orbite mais l’Espagnol envoie sa frappe au-dessus (71e). Il passe tout près du triplé mais sa frappe enroulée frôle le montant droit (85e). Dans tous les bons coups, il a été un danger constant et a montré toute l’étendue de son talent, un vrai régal !

Nice :

- Benitez (4) : le gardien argentin n’a pas eu le temps de tergiverser. Sur la première situation parisienne, il effectue un double sauvetage miraculeux devant Kimpembe et Diallo (3e). S’il ne peut pas grand-chose sur le premier but de Di maria (15e), son hésitation permet à l’Argentin de le lober (21e). Il relâche également cette frappe vicieuse de Paredes (18e) mais capte bien cette tête de Kimpembe (36e). Il est sauvé par sa barre sur la tête de Marquinhos (60e).

- Burner (6,5) : dans un collectif qui a grandement souffert, il aura finalement su tirer son épingle du jeu. Son retard sur la tête de Choupo-Moting sera sans conséquence (19e) et même si face au Camerounais, il a eu du mal, il a réussi à s’exprimer avec le ballon comme sur cette combinaison avec Ganago et une frappe dans le petit filet (28e). Il a également pu faire parler sa qualité de centre (46e, 48e) et profite de cette mésentente parisienne pour mettre ce ballon dans la boîte sur le but de Ganago (67e).

- Hérelle (5) : la tour de contrôle aura fait du bien sur coups de pied arrêtés et sur les centres parisiens mais c’est à peu près tout. Les ballons gagnés de la tête et son physique de golgothe n’auront pas suffi. Pas assez mobile, la puissance de Choupo-Motin et les appels d’Icardi l’ont mis en difficultés et il a perdu beaucoup trop de ballons (11) pour un défenseur central. L’ancien Troyen aurait dû s’abstenir de cette petite gifle sur Paredes puisqu’il sera expulsé par l’arbitre (77e).

- Dante (6) : il se souviendra de sa soirée d’anniversaire Pour ses 36 ans, le capitaine des Aiglons, a vécu une soirée difficile mais n’a pas lâché le morceau. Face à une attaque parisienne pourtant diminuée, il a essayé de motiver ses jeunes coéquipiers et s’est efforcé à bien relancer malgré un pressing parfois intense. Pas assez prompt sur la déviation d’Icardi lors du premier but (15e), le Brésilien a tout de même réussi quelques interventions précieuses face à Herrera (48e), Choupo-Moting (50e), Meunier (59e) ou Mbappé (87e). Il a fini averti (90e+3).

- Sarr (2,5) : aligné en latéral gauche ce soir, le gamin formé au club a terriblement souffert, comme souvent à ce poste. Mal positionné sur le premier but de Di Maria (15e), il laisse Fideo partir dans son dos sur le second (21e). Encore maladroit sur cette tentative de dégagement, il a pu se remettre un peu dans le match lorsque son équipe est passée à cinq défenseurs. Mais même dans ce schéma, il a connu trop de problèmes de placement. Une soirée à oublier.

- Cyprien (4) : le meilleur Nicçois depuis début de saison aura un peu déçu ce soir. Certes, l’ancien Lensois échappe de très peu au carton dès la 11e minute après une charge dans le dos sur Sarabia, avant d’être finalement averti tôt (24e) mais il est le moteur du jeu au milieu. Percutant, des décisions souvent justes pour orienter le jeu et une qualité technique indéniable, il lui aura sans doute manqué un peu de réussite et de l’indulgence de l’arbitre. Il écope d’un second jaune pour protestation et laisse ses partenaires à dix (74e).

- Danilo (3,5) : pour sa première titularisation en Ligue 1 cette saison, le Brésilien a montré par séquence son talent mais c’était bien trop peu pour impressionner le PSG. Une belle percée balle au pied où il obtient un bon coup-franc (6e), puis met en danger la défense adverse sur ce centre (45e) mais est bien trop brouillon avec le ballon. Il a fait trop de mauvais choix, comme ce ballon pour personne (65e), et a souvent semblé dépassé face au duo Herrera-Paredes. Remplacé par Pelmard (70e) qui s’est contenté de défendre.

- Lees-Melou (4) : l’ancien Dijonnais n’a pas assez montré de choses ce soir. Très discret pendant la première période, il a passé son temps à suivre ses adversaires sans jamais rien faire avec le ballon. Souvent en retard ou à court d’idées, il ne parvient pas à enchaîner face à Diallo dans la surface (40e). Après une bonne tête en début de seconde période (48e), il a à nouveau disparu. Décevant.

- Ganago (6) : le jeune Camerounais a essayé de sonner la révolte dans son couloir droit. Une première frappe après un long raid tout en percussion (20e) et globalement ses bonnes intentions ont fait du bien malgré un contexte compliqué. Il a un peu disparu pendant une demi-heure avant de ressurgir au meilleur des moments pour relancer la rencontre en profitant de l’erreur de Marquinhos (67e), marquant au passage son second but de la saison. Remplacé par Tameze (80e).

- Dolberg (3) : la recrue phare des Niçois a traversé la première période comme une ombre. Il n’a touché que sept petits ballons, aucun dans la surface, pour en perdre la moitié. On l’a vu un peu plus participer au jeu en seconde période mais il n’a pas eu la moindre occasion à se mettre sous la dent. Même ses appels ont manqué de tranchant pour libérer des espaces ou servir ses coéquipiers. On avait droit à Kasper le fantôme ce soir. Il a été remplacé par Maolida (90e).

- Claude-Maurice (6,5) : trop tendre en début de rencontre, l’ancien Lorientais n’a pas montré grand-chose avant le passage en 3-5-2. Aligné en piston gauche, un poste pas vraiment habituel pour lui, il a semblé bien plus à son aise et a su se libérer. Il s’offre d’abord cette percée (33e), puis envoie le ballon en profondeur pour Danilo (45e). Il est également auteur d’un festival dans la moitié de terrain adverse, crochetant Kimpembe avant de buter sur Meunier (69e). Il est monté en régime.

PSG :

- Navas (5) : le gardien costaricien n’a pas été sollicité à outrance mais il a été serein sur les interventions qu’il a eu à faire. Il capte bien la tête de Lees-Melou (48e), il détourne un centre en retrait de Danilo (45e) et son jeu au pied permet à son équipe de vite se relancer. Il ne peut rien sur le but de Ganago (67e).

- Meunier (6) : le Belge n’a pas arrêté dans son couloir ! Très présent dans les offensives parisiennes. Il lance parfaitement Ángel Di María avec une passe parfaite, dans le bon tempo, qui débouche sur un geste génial de l’Argentin (22e). Il a levé un peu le pied en fin de match, s’attachant à bien fermer son côté.

- Silva (6,5) : le Brésilien a, comme à son habitude, dirigé sa défense d’une main de maitre, l’obligeant à jouer très haut. Dans l’anticipation, il a très bien géré la profondeur avec des interventions bien senties. Il est encore bien placé sur un centre, contré par Navas, de Danilo où il dégage en catastrophe (45e). Sa sortie s’est beaucoup fait ressentir. Remplacé par Marquinhos à la mi-temps (4) qui aurait pu inscrire son premier but de la saison mais sa tête puissante a heurté la barre transversale (60e). Il se troue sur le but niçois avec une remise de la poitrine mais n’est pas aidé par ses coéquipiers (67e).

- Kimpembe (5) : sur un corner le ballon lui revient, il tente une frappe sèche et soudaine mais Benítez repousse (3e). Le défenseur a été présent dans les deux surfaces comme sur cette tête captée par Benítez (36e). Il a mis beaucoup d’impact dans ses interventions défensives, et a bien gêné les attaquants niçois à se retourner même si parfois il a été mis en difficulté notamment lorsque les Aiglons ont poussé en fin de match. Sa relance est parfois perfectible.

- Diallo (7) : positionné à un poste de latéral gauche où il prend ses marques, le Français a été intéressant dans ses mouvements. Il a bien contenu Ganago avec des interventions sereines et une relance osée mais payante. L’international Espoirs a été très solide défensivement, sa prestation est très convaincante.

- Paredes (5) : une belle frappe lointaine pour se mettre en confiance (18e) mais son influence sur le jeu est encore trop limitée. S’il n’a pas non plus été bousculé par le milieu azuréen, il a perdu quelques ballons faciles en première période (8). Mieux par la suite où il s’est appliqué à jouer court et à combler les espaces lors des incursions adverses.

- Herrera (6) : le milieu de terrain ne lâche jamais rien. Si tout n’est pas toujours parfait avec des pertes de balles, l’Espagnol a été précieux dans les relances sous pression et a permis à son équipe de lancer des contre-attaques. Il joue juste, il harcèle le porteur du ballon, l’ancien Mancunien est précieux pour son équipe. Il monte en puissance et prend confiance.

- Sarabia (7) : très mobile, l’Espagnol a essayé de toujours jouer vers l’avant. Une grosse activité, des choix et des passes justes, un contre-pressing efficace, le milieu offensif a encore livré une prestation convaincante. Il rate, tout de même, une belle occasion d’alourdir le score, sa frappe passe largement au-dessus (71e) alors qu’il était seul face à Benítez. À l’image de son compatriote, il monte en puissance. Remplacé par Mbappé (85e) qui a tout de suite fait parler la poudre avec un but plein d’opportunisme (88e) et une passe décisive pour Icardi (90+1).

- Di Maria (8) : voir ci-dessus.

- Choupo-Moting (6) : titularisé sur ce côté gauche, le Camerounais s’est fait une frayeur en se tenant derrière la cuisse après quelques minutes (5e). Rien de grave puisqu’il a continué et s’est mis en évidence avec une tête pas assez croisée qui filait à gauche du poteau de Benítez (19e). Il s’est appliqué à bien combiner avec Diallo et Sarabia et n’a pas hésité à redescendre très bas pour défendre. Remplacé par Kurzawa (62e) qui est directement impliqué sur le but niçois avec une remise de la tête hasardeuse (67e). Il est aussi averti (72e).

- Icardi (6) : l’Argentin est un danger permanent pour les défenseurs adversaires. Il lui a suffi d’une déviation somptueuse pour envoyer Di María au but et ainsi délivrer sa première passe décisive de la saison (15e). Des déplacements intéressants, des remises intelligentes dos au but mais il a eu du mal à se créer des occasions franches. Il a surtout fait jouer les autres. Il est récompensé dans les dernières secondes avec un but de renard sur un service parfait de Mbappé (90+1).