La presse européenne est presque sous le choc : en recrutant Mauro Icardi le dernier jour du mercato estival, le PSG s’est construit, selon l’avis général, l’une des meilleures lignes d’attaque du Vieux Continent. D’un point de vue quantitatif et qualitatif, c’est certain. Avec Neymar, Mbappé, Cavani et Icardi, auxquels on peut ajouter Di Maria, Sarabia et Choupo-Moting, les options sont aussi séduisantes que nombreuses pour Thomas Tuchel. Le départ avorté de Neymar redistribue les cartes et l’arrivée d’Icardi insuffle une nouvelle concurrence pour le poste de numéro 9, que Kylian Mbappé a assuré ne pas réclamer.

Mais forcément, qui dit large éventail de possibilités dit futurs mécontents. En cas d’absences, la question ne se posera pas et permettra au PSG de compter sur un secteur offensif tout aussi compétitif. Actuellement, Mbappé et Cavani sont sur le flanc, ce qui réduirait les choix de Tuchel et laisserait, par exemple, un trident Neymar-Icardi-Di Maria animer le jeu parisien. Qu’en sera-t-il lorsque tout le monde sera présent et que les matches les plus importants arriveront ? On peut retourner le problème dans tous les sens, cela apparaît compliqué d’évoluer en même temps avec Neymar, Cavani, Icardi, Mbappé et Di Maria. Déjà parce que cela contraindrait certains à ne pas jouer à leur poste préférentiel, ensuite parce que l’équilibre collectif ne serait pas respecté.

Qui sera sacrifié ?

Durant la préparation estivale, Tuchel a mis en place de manière régulière un 4-4-2, dans le but de préparer une association Mbappé-Cavani. Le second n’étant pas présent (en raison de sa participation à la Copa America), l’international français a fait équipe avec Jesé, depuis prêté au Sporting Portugal. Mais depuis le début de la saison, c’est le plus souvent dans un 4-3-3 modulable que le PSG a évolué, avec une pointe et Mbappé et Sarabia ou Di Maria sur les ailes. Dans ce schéma, les places seront particulièrement chères. Le retour de Neymar dans le onze de départ se ferait dès lors sur l’aile gauche, poussant Mbappé à droite si jamais Tuchel souhaite maintenir sa confiance à un Cavani en perte de vitesse ces derniers mois, ou alors lancer Icardi dans le grand bain.

Le positionnement de Neymar sera la clé de l’animation offensive parisienne. Tuchel avait trouvé une bonne formule en installant le numéro 10 dans l’axe. On peut donc imaginer que l’Allemand cherchera à remettre le Brésilien dans les meilleures conditions, ce qui laisse augurer, par exemple, d’un 4-2-3-1. En meneur de jeu, mais derrière quel attaquant ? La concurrence directe se joue entre Edinson Cavani et Mauro Icardi. Meilleur buteur de l’histoire du club et chouchou des supporters, le premier a une longueur d’avance logique sur le second, fraîchement arrivé sous la forme d’un prêt. Mais ses blessures de plus en plus fréquentes et une légère régression ces derniers mois lui mettent une véritable pression, qu’Icardi incarnera mieux que Choupo-Moting, malgré son très bon début de saison. Et tout cela sans compter sur la soif de buts de Mbappé, qui sera peut-être moins étanchée en jouant sur un côté dans un 4-2-3-1, ce qui est loin d’être la même chose que dans un 4-3-3. Au mieux, si le PSG aligne 4 éléments offensifs, cela poussera 2 joueurs sur le banc. Reste à découvrir leur identité et les conséquences que cela pourrait avoir...