« Je crois que Giovani a fait un grand match ». Unai Emery est sûrement le seul à le penser, du moins officiellement. Il n’y a rien de pire, pour un joueur si jeune mais forcément conscient de la qualité de sa prestation, que d’entendre son entraîneur l’égratigner. Pourtant, on parierait bien qu’Emery regrette, au moins un peu, son choix osé d’avoir titularisé le jeune Argentin. Le pari était tentant, d’autant que l’ensemble de la presse française spéculait de plus en plus intensément sur la présence dès le coup d’envoi de Lassana Diarra au poste de sentinelle. Dès lors, c’étaient surtout les prestations de l’international français, titularisé lors des deux matches précédant le huitième de finale face au Real Madrid, qui avaient été décortiquées.

Emery n’a, lui, cessé de tresser des louanges à Lo Celso ces derniers temps, et n’avait jamais écarté la possibilité de le lancer dans le grand bain de la Ligue des Champions face à un adversaire redoutable. Le match raté de l’Argentin à Lyon, où il avait été mangé physiquement et bien moins à l’aise que lors de rencontres plus aisées pour le PSG en Ligue 1, n’a visiblement pas refroidi Emery. Malheureusement, après 15 minutes du jeu, il était déjà flagrant que Lo Celso n’avait pas les épaules encore assez larges, ni l’expérience nécessaire à ce poste, pour sortir indemne d’un tel choc. Ses premiers duels ont dévoilé ses failles. Les cadors Kroos et Modric n’ont pas hésité à s’engouffrer dans son dos, Benzema, Ronaldo et Isco ont appuyé leur pressing sur lui et Lo Celso a sombré.

Emery l’a envoyé au casse-pipe

Ses erreurs ? Un placement bien trop haut par moment, qui laissait trop d’espace dans son dos, un manque de dureté dans les duels qui lui a valu quelques moments humiliants, notamment face à Modric, une propension à lâcher son ballon trop tard lorsqu’il pensait faire remonter le bloc, une trop grande légèreté sur quelques relances plein axe qui ont fait froid dans le dos. La liste est longue, et elle s’est rallongée à la 44e minute d’une faute inutile sur Kroos qui a valu penalty. Le scénario de la rencontre, à 1-0 pour le PSG à la pause, aurait été forcément différent.

Maintenant, faut-il en vouloir à Giovani Lo Celso ? Titularisé pour la première fois de sa carrière en Ligue des Champions, face à un adverse aussi prestigieux, à seulement 21 ans et à un poste qui n’est pas le sien en temps normal, il présente suffisamment de circonstances atténuantes pour être épargné. Certes, il n’a pas su relever ce défi immense, mais il a sûrement beaucoup appris, et sera peut-être mieux protégé à l’avenir par son entraîneur Unai Emery. Qui devra assumer ce pari perdu face au Real Madrid.