Qui entre Bernat et Kurzawa ? Qui pour accompagner Mbappé à la pointe du 4-4-2 ? Icardi, Sarabia ou Cavani ? Voilà quelles étaient les principales questions de l’avant-match entre le Borussia Dortmund et le Paris Saint-Germain. Tout a volé en éclats lorsque l’information d’un schéma tactique en 3-4-3 est apparue. L’entraîneur Thomas Tuchel a envoyé valdinguer plus de deux mois de 4-4-2 en installant ce système, certes bien plus travaillé depuis son arrivée que ne l’était le 3-5-2 de Laurent Blanc mis en place pour le déplacement à Manchester City en 2016. Un attaquant était donc sacrifié, au profit d’une défense renforcée, ce qui n’était pas farfelu au regard des atouts indéniables du BVB en contre.

Mais globalement, cela n’a pas fonctionné. Si la défense a plutôt bien répondu dans les moments chauds malgré quelques flottements individuels (Thiago Silva bousculé par Haland, choix risqué de Kimpembe), c’est surtout l’animation qui a été déficiente. Face à un BVB particulièrement bien regroupé dans l’axe, le PSG s’est longtemps entêté à vouloir passer par ce chemin totalement bouché. Cela a donc généré de longues séquences de passes neutres entre Verratti, Gueye, Thiago Silva et les autres défenseurs, peu de largeur (principalement en première période) et surtout une connexion quasi impossible entre Neymar et Mbappé.

Tuchel agacé

Pas de vitesse, beaucoup de mauvais choix de la part des joueurs, mais aussi un mauvais signal envoyé à l’adversaire. Le fait de changer de système le soir d’un match clé dans la saison parisienne a pu diffuser un sentiment de fébrilité chez les joueurs parisiens. Tout en montant à ceux de Dortmund qu’ils étaient craints, comme l’a justement relevé Thorgan Hazard après la rencontre. « Ils ne jouent pas souvent à trois, mais cela prouvait qu’ils s’attendaient à un match difficile ». Et le principal concerné là-dedans ? Immédiatement interrogé sur RMC Sport au sujet de son choix tactique, Tuchel a joué une partition défensive. « Je n’ai pas de regret c’est facile d’être entraîneur si tu regardes un match et tu l’analyses après. Je dois prendre des décisions avant. On ne sait pas ce qu’il se passe si on joue différemment. Je n’ai pas de regrets. »

Plus tard en conférence de presse, c’est avec un léger agacement qu’il a commenté son choix tactique. « Je ne peux pas expliquer, c’est trop long, honnêtement, on a décidé dimanche, et hier. On a joué dans ce système à Dijon il y a deux matches. Ça nous donne une meilleure structure, des distances courtes pour défendre, une meilleure structure pour attaquer. Pour contrôler le match. Après un match, si le résultat n’est pas parfait, c’est facile de dire c’est notre faute, on s’est trompés. Je dois prendre des décisions, je dois décider. » Il lui reste désormais trois semaines pour réfléchir à ce qu’il proposera pour le match retour. En face, son homologue Lucien Favre peut avoir des certitudes sur son schéma, au regard de l’excellente performance de ses hommes.