Des chantiers en Australie au contrat pro à Newcastle : le formidable deuxième chance de Florent Indalecio

Depuis quelques semaines, Newcastle découvre Florent Indalecio (23 ans). Ce jeune Français a signé un contrat professionnel avec les Magpies cet automne et évolue avec la réserve au sein du championnat Premier League 2. Son histoire a fait les gros titres outre Manche tant son histoire est singulière. Foot Mercato a voulu en savoir plus sur ce milieu offensif formé à l'AS Saint-Étienne qui croque dans cette chance presque inespérée à pleines dents.

Florent Indalecio sous les couleurs de Newcastle
Florent Indalecio sous les couleurs de Newcastle ©Maxppp

« Il est venu pour un essai avec Allan (Saint-Maximin) pendant l'été. (...) Il a quelque chose. Quant à savoir s'il sera assez bon pour jouer pour Newcastle, nous verrons comment il progressera. Nous lui donnerons une chance. Il a un CV décent. Cela aide certainement Allan car c'est son ami. Mais ne vous y trompez pas, nous ne l'avons pas seulement signé parce qu'ils sont amis. Il a du talent, sinon il ne serait pas venu ». Ce joueur dont parlait récemment le manager de Newcastle Steve Bruce en conférence de presse, c'est Florent Indalecio.

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L'annonce de la signature du contrat professionnel du jeune Français de 23 ans, jusqu'en juin 2021, a en effet interpelé la presse locale qui a souhaité en savoir plus en interrogeant le boss de l'équipe première en personne. L'intéressé a raconté en détails à Foot Mercato comment il avait décroché ce précieux bail chez les Toons. «Mon ami d'enfance, Allan Saint-Maximin, m'a dit de venir en Angleterre, qu'il essaierait de m'aider. Il a parlé de moi à Newcastle en bien et ils ont accepté de me prendre à l'essai», a-t-il confié avant de poursuivre.

Le coup de pouce de Saint-Maximin

«J'ai fait quatre semaines d'essai. Et un jour, pendant une opposition à l'entraînement, j'ai mis un but en ciseau sur corner direct, qui a fait un gros buzz. C'est un geste technique assez rare, pas à la portée de n'importe qui, qui m'a aidé aussi. J'ai montré de belles choses, de belles attitudes. J'ai fait les choses bien, le travail a payé. J'ai fait ce que j'avais à faire et j'ai décroché un contrat pro. J'ai signé pour un an à Newcastle», a-t-il raconté.

Après deux apparitions plus que prometteuses en championnat, contre West Bromwich Albion et Leeds, il savoure cette deuxième chance après laquelle il courait depuis très longtemps. Repéré par l'AS Saint-Étienne à ses dix ans, il est resté chez les Verts jusqu'à ses 15 ans. «Sainté a décidé d'arrêter parce que mon comportement ne suivait pas. À l'école, ce n'était pas trop ça. Ils m'ont clairement dit que c'était terminé», a-t-il concédé. Renvoyé du Lycée Sport Étude de Tezenas, il quitte donc les Verts. Un épisode qui lui laisse encore aujourd'hui des regrets.

«J'ai beaucoup de regrets par rapport à Sainté, je n'avais pas la maturité nécessaire à l'époque. Maintenant, j'ai vécu, j'ai vu combien la vie est dure», glisse-t-il. Opéré quelques mois après la fin de son aventure stéphanoise d'une tumeur rare au genou, le polyvalent milieu donne tout pour revenir à son meilleur niveau et reprendre le fil de sa carrière. À Saint-Chamond d'abord (DHR) puis à Haut Lyonnais (DH), en passant par un boulot à l'usine et une expérience mitigée à Miami aux États-Unis, il continue de courir après son rêve.

Un an sur les chantiers en Australie

Même lorsqu'il part en Australie, en avril 2019, le garçon ne perd pas de vue son objectif. Il travaille, dur, dans le bâtiment, alors qu'il est totalement novice en la matière et parle peu l'anglais, et tente de se trouver une équipe. «En 2e et 3e division là-bas, il y a une limite de deux étrangers par club. Les équipes où j'ai passé des essais me voulaient mais ne pouvaient pas me prendre. J'ai trouvé un club en 4e division, sans quota. Je me suis arrangé, j'avais un fixe. J'avais le travail et le foot. Même si j'étais très fatigué, ça me plaisait. J'ai joué quelques matches là-bas et le Coronavirus est arrivé. J'ai décidé de rentrer», a-t-il expliqué.

Grâce au coup de pouce de son ami Saint-Maximin, il peut enfin profiter, dans le nord de l'Angleterre, de la nouvelle opportunité qu'il attendait tant. «Allan croit en moi, c'était le cas avant l'essai. Il sait que ça ne tient qu'à moi. Ce qu'il a fait pour moi, tout le monde ne l'aurait pas fait, c'est un risque pour lui aussi, c'est rare dans le milieu du foot», a-t-il lancé, reconnaissant, bien décidé à tout faire pour ne pas passer à côté. «Quand tu sais ce qu'est la vraie vie, le jour où on te donne une deuxième chance, tu ne vas pas la louper, c'est sûr», a-t-il lâché avant d'insister.

Le début d'une belle histoire ?

«Rien n'est impossible ! Tu dois travailler dur, faire de bonnes choses et montrer quand tu joues. Je vais devoir prouver, faire de grosses perfs, tout donner pour montrer au coach que je n'ai pas le temps que je dois arriver au haut niveau. Je veux y arriver. Aller chercher ma chance avec un entraînement avec les pros», a-t-il assuré, pour n'avoir absolument aucun regret à la fin de son bail. «On verra en fin de saison. Je suis concentré sur les matches à venir. Il va falloir bosser deux fois plus que les autres pour avoir sa chance».

Se donner à fond pour faire honneur au geste de son ami et à la confiance de Newcastle, «un grand club de passionnés», voilà l'objectif qu'il s'est fixé d'ici la fin de l'exercice. À l'origine du but de la victoire lors de son entrée contre Leeds (4-3), il met toutes les chances de son côté. Et quelle que soit l'issue de l'aventure sur les bords de la Tyne, Florent Indalecio compte bien continuer à essayer de faire son trou dans le milieu du foot.

«Je ne peux pas me permettre de lâcher, je sais que je vais montrer de belles choses. Quoi qu'il arrive, cette saison, on me verra, des observateurs regarderont mes matches. Je sais de quoi je suis capable. Je ne m'en fais pas», a-t-il conclu, ultra motivé. Une envie, un parcours à la Jamie Vardy et un exemple pour les jeunes passant à travers les mailles du filet dont raffolent déjà nos amis anglais. Le début d'une belle success story. Avec, on lui souhaite, un joli happy end.

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