Les 5 raisons qui font que la Turquie peut créer la sensation à l'Euro 2020

Comme en 2008 et en 2016, la Turquie est qualifiée pour l'Euro 2020. Solide en qualification, la formation coachée par Senol Günes a posé des problèmes a de nombreuses grosses nations au cours des dernières années et se présente comme l'une des potentielles surprises de la compétition. Ce vendredi soir, la Turquie lancera le début de l'Euro contre l'Italie et ne manquera pas d'ambitions contre la Nazionale.

Çağlar Söyüncü et la Turquie roulent sur la Norvège
Çağlar Söyüncü et la Turquie roulent sur la Norvège ©Maxppp

La Turquie est un grand pays de football. La ferveur de ce championnat et les prestations de Galatasaray, Fenerbahçe ou encore Besiktas sur les 20 dernières années ont laissé des traces. La sélection a aussi connu des moments de gloire avec la 3e place au mondial 2002 et la demi-finale de l'Euro 2008. Treize ans plus tard, le panorama est bien différent, mais pas les ambitions. Après un joli parcours de qualifications et des performances récentes qui laissent place à l'optimisme, la Turquie peut nourrir des ambitions pour cette compétition. Avec des joueurs réputés comme Merih Demiral, Caglar Söyüncü, Hakan Calhanoglu ou encore Burak Yilmaz, le potentiel pour aller loin est assez intéressant. Avant de jouer contre le Pays de Galles et la Suisse, la Turquie débute par l'Italie.

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La Turquie solide dans les grands matches

L'Italie peut se méfier puisque la Turquie réalise de belles performances depuis deux ans contre les grandes équipes. Ainsi, elle a battu la France le 8 juin 2019 lors des éliminatoires (2-0) avant d'arracher un match nul au stade de France quelques mois plus tard (1-1). Capable d'accrocher l'Allemagne (3-3) et la Croatie (3-3) lors de l'automne dernier, ou de battre la Russie quart de finaliste du dernier mondial (3-2), la sélection de Senol Günes reste sur un mois de mars assez impressionnant. Remportant largement son match contre la Norvège d'Erling Braut Haaland et de Martin Odegaard (3-0), elle a surtout cartonné contre les Pays-Bas (4-2) avec un triplé de Burak Yilmaz. De bon augure avant d'affronter des adverses coriaces dans le groupe A puisque la Turquie sera en concurrence avec l'Italie, la Suisse et le Pays de Galles.

Burak Yilmaz sur son petit nuage

Si un homme représente l'état d'esprit de cette équipe turque vaillante et combattante, c'est bien Burak Yilmaz. L'attaquant sacré champion de France avec Lille est dans une forme éclatante depuis quelques semaines. Auteur de 18 buts et 5 passes décisives avec les Dogues en 33 matches cette saison, il a cartonné dans la dernière ligne droite avec 7 buts lors des 7 derniers matches de Ligue 1 avec des doublés contre l'Olympique Lyonnais et le Racing Club de Lens. Sur les derniers rassemblements avec la Turquie, il s'est aussi montré efficace avec 5 buts lors de ses 4 dernières capes avec en point d'orgue un triplé contre les Pays-Bas le 24 mars dernier. Capitaine de la Turquie et deuxième meilleur buteur de l'histoire de la sélection (29 buts en 67 capes), le natif d'Antalya entend bien poursuivre sur son rythme démentiel à quasiment 36 ans.

Une défense impressionnante

Dans les chiffres, cela ne se fait pas forcément ressentir sur les derniers matches avec 6 buts concédés en 6 matches sur l'année 2021, mais la Turquie dispose d'une sacrée défense. En qualification, celle-ci n'a craqué que 3 fois en 10 matches et c'était face à la France et l'Islande. Réalisant 8 clean-sheets, la Turquie dispose de la meilleure défense des qualifications à égalité avec la Belgique. Dotée qualitativement et quantitativement en défense, la Turquie peut compter sur le solide Ugurcan Cakir dans les buts qui s'est imposé lors des derniers matches. Au niveau de la charnière, il y a du choix avec quatre défenseurs de niveau assez similaire. Merih Demiral (Juventus) et Caglar Söyüncü (Leicester) devraient débuter, mais Kaan Ayhan (Sassuolo) et Ozan Kabak (Liverpool) offrent aussi des garanties. Dans les couloirs on devrait retrouver deux joueurs qui évoluent en France puisque Zeki Çelik (Lille) évoluera à droite tandis qu'Umut Meras (Le Havre) a des chances de commencer côté gauche.

Senol Gunes connaît la recette

Légende du coaching en Turquie, Senol Günes a de solides références sur la scène nationale avec dans sa valise les championnats turcs 2016 et 2017 remportés avec le Besiktas. C'est son deuxième passage à la tête d'Ay-Yıldızlılar puisqu'il avait dirigé la sélection entre 2000 et 2004. C'est d'ailleurs lui qui a emmené la Turquie à la 3e place de la Coupe du monde 2002 en éliminant notamment le Japon (1-0) et le Sénégal (1-0 après prolongations) avant de perdre contre le Brésil futur vainqueur (1-0). De retour depuis le 18 mars 2019, il dispose d'un excellent bilan avec 14 victoires, 9 nuls et 3 défaites (Islande 2-1, Hongrie 1-0 et Hongrie 2-0). Avec une équipe très rigoureuse, mais qui est capable d'apporter beaucoup de verticalité, il a su faire dérailler totalement des adversaires prestigieux. Les victoires 2-0 contre la France et 4-2 contre les Pays-Bas font office de rencontres références pour la Turquie avant l'Euro 2020.

Une jeunesse qui monte

Lors de l'Euro 2008, la Turquie avait un groupe très expérimenté puisque seuls Tümer Metin, Arda Turan, Semih Senturk et Mevlut Erding avaient moins de 23 ans. Cette fois, le scénario est différent puisque seuls Mert Günok (32 ans), et Burak Yilmaz (35 ans) sont trentenaires. Après un trou générationnel, la Turquie revient avec de jeunes talents. Le onze annoncé pour débuter la compétition n'a que 26 ans de moyenne et ils sont 10 sur 26 à avoir 23 ans ou moins (Altay Bayindir, Merih Demiral, Ozan Kabak, Ridvan Yilmaz, Mert Müldür, Orkun Kökcü, Abdülkadir Ömur, Kerem Aktürkoglu, Cengiz Ünder et Halil Dervisoglu). Ainsi, la Turquie dispose d'un réservoir de joueurs intéressants qui lui permettra sûrement de s'établir dans le paysage européen sur la durée contrairement aux derniers Championnats d'Europe. 2008 était le dernier bal d'une belle génération tandis que 2016 s'effectuait dans une période de trou générationnel. 2020 en revanche peut-être fondateur pour une équipe turque pétrie de talents.

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