A la découverte de Randy Nteka, ce jeune Français qui est en train de conquérir l'Espagne

Un parcours du combattant. À 22 ans, Randy Nteka a dû se battre et passer par un chemin détourné pour réaliser son rêve : devenir un jour footballeur professionnel. Et ce n'est pas en France, mais en Espagne que le joueur né en 1997 a pu le réaliser. Depuis trois saisons maintenant, il porte les couleurs de Fuenlabrada . Un club de deuxième division espagnole où il a réussi à se faire un nom. Un nom que plusieurs clubs de Liga ont bien retenu puisqu'ils souhaitent s'attacher ses services la saison prochaine. Mais ils devront se montrer patients et attendre que la saison se termine puisque le jeune homme reste focalisé sur cet exercice 2019-20 dont il est l'une des révélations de l'avis des observateurs. Pour Foot Mercato, Randy Nteka, qui a marqué deux buts et délivré deux passes décisives depuis la reprise de la saison, a accepté de revenir sur son parcours atypique et son arrivée inattendue en Espagne, avant d'évoquer la suite de sa carrière. Entretien.

Randy Nteka se confie pour FM
Randy Nteka se confie pour FM ©Maxppp
La suite après cette publicité

Foot Mercato : pouvez-vous nous raconter votre parcours en quelques mots ?

Randy Nteka : je dirais que mon parcours est assez spécial. J'ai commencé le foot à l'âge de 6 ans au Red Star. Ensuite, j'ai arrêté pendant quelques années avant de reprendre à Ris-Orangis à 10 ans. J'ai passé deux années là-bas puis j'ai rejoint Draveil. À 15 ans, j'ai signé à Évry avant de jouer en DH en Picardie à l’US Roye-Noyon puisque j'étais allé vivre chez ma grande-mère. Je suis revenu sur la capitale à 17 ans et j'ai pris une licence à Montgeron en U17 Excellence. Après cela, je suis retourné à Draveil où j'ai joué pendant une année en seniors. Après une saison à Linas-Montlhéry en U19 DSR, je voulais arrêter de jouer. Mais je suis finalement retourné à Montgeron en seniors Excellence. Mon entraîneur me proposait un bon projet. J'y ai fait une demie-saison. Et après cela, j'ai tenté ma chance en Espagne en quatrième division.

FM : comment avez-vous atterri en Espagne justement ? Vous a-t-on contacté ?

R.N : un ami avec lequel j'ai joué durant plusieurs années avait un agent qui était en Espagne. Donc lui était parti un peu plus tôt que moi là-bas afin de faire des tests. Il avait intégré un club d'ailleurs. Je lui avais dit que je comptais arrêter le foot et il m'avait dit que c'était une perte pour moi. Il a donc parlé de moi à son agent qui m'a contacté. Il m'a demandé de venir faire des essais si j'étais motivé et je lui ai répondu que j'étais partant. Donc j'ai tenté ma chance.

FM : pourquoi avez-vous voulu arrêter le football ?

R.N : j'habitais dans le 91 et il n'y avait pas de clubs qui jouaient en Ligue. Sans prétention aucune, j'avais l'impression de ne pas jouer à mon niveau. Pour moi, je le ressentais comme une perte de temps. Je me disais que je n'allais jamais arriver au plus haut niveau. Donc ça ne servait à rien.

FM : pour y arriver justement, vous êtes parti à l'étranger. J'imagine que vous ne regrettez pas d'avoir rejoint l'Espagne.

R.N : non, je ne regrette pas du tout mon choix aujourd'hui. Au début, ça a été difficile. Je me rappelle quand je suis arrivé, je voulais rentrer dès la première semaine. J'appelais tous mes proches et je leur disais que je voulais revenir. Mais à chaque fois on me disait qu'il fallait continuer et persister. Pour tout vous dire, à la base quand je suis allé en Espagne, je devais participer à un stage d'une semaine avec la réserve d'un club professionnel. C'était ce qui était convenu avec l'agent qui m'a fait venir. Et au final, je suis arrivé trop tard puisqu'on était à trois jours de la fermeture du mercato. Donc le club m'a envoyé dans un autre club afin de me superviser. Mais j'y suis resté six mois en fait. Je venais pour une semaine je suis resté six mois. Ce n'était pas évident, mais il faut savoir ce que tu veux et surtout s'entourer des bonnes personnes.

FM : vous évoluez à Fuenlabrada, comment se passe votre saison ?

R.N : franchement, cette année se passe vraiment super bien. Au niveau collectif, l'objectif du club est de se maintenir et pour le moment on est bien placés. Ensuite, individuellement, c'est un championnat que je découvre. J'ai joué pas mal de matches cette saison (34 matches toutes compétitions confondues, 4 buts et 4 passes décisives). Je suis un titulaire, pas indispensable, mais un joueur important pour l'équipe je dirais. Pour une première saison au niveau professionnel, je suis assez content.

FM : en quoi avez-vous évolué depuis votre arrivée en Espagne ?

R.N : je ne pense pas que je suis différent. J'ai appris beaucoup plus de choses. Quand je jouais en France, j'évoluais au niveau district. Donc vous jouez plus avec vos connaissances. Il y a de super bons joueurs, mais vous vous servez plus des qualités que vous avez à la base. Alors qu'au niveau professionnel, vous apprenez des choses tous les jours que ce soit techniquement, tactiquement. Vous avez entraînement tous les jours. Je vois que même physiquement, j'ai pris. Vous apprenez vraiment beaucoup de choses, c'est plus complet.

Le combattant Randy Nteka garde les pieds sur terre

FM : comment vous définiriez-vous en tant que joueur ?

R.N : je suis un milieu de terrain box to box, un peu à l'anglaise. J'aime attaquer et peser sur la défense adverse, tout en aimant aussi défendre. On parle souvent de mon jeu aérien. Je fais environ 1m90. J'essaye d'être complet, mais je dois encore travailler sur certains points. Je compte travailler tactiquement, car ce n'est pas le même football. Ça change en fonction des pays et des entraîneurs. Mais je dois travailler plus tactiquement, que le reste. La technique se travaille de jour en jour puisque l'on touche le ballon quotidiennement. Mais tactiquement, il faut se concentrer et suivre le groupe.

FM : vous êtes considéré comme l'une des révélations de la saison en deuxième division espagnole. J'imagine que vous vivez tout ce qui vous arrive plutôt très bien...

R.N : je vis tout ça vraiment très bien. Pour être honnête avec vous, je ne m'attarde pas sur tout ça. Quand je vois les articles me concernant, je suis très content. J'en parle avec mes proches, ils me félicitent et disent qu'ils sont très contents pour moi. Tout ça fait que j'ai envie d'aller chercher plus haut. Je n'ai pas envie de m'arrêter là. Mais si toutes ces choses sont positives, je ne reste pas focalisé là-dessus non plus.

FM : vous avez évoqué l'importance de vos proches dans le fait de vous aider à garder les pieds sur terre. Mais peut-on dire aussi que votre parcours, qui n'a pas été évident, vous aide justement aujourd'hui à être beaucoup plus conscient et à relativiser ?

R.N : oui, exactement. Franchement, je dirais que c'est ça. Je sais d'où je viens, je sais ce que j'ai vécu. J'ai vu des amis réussir, mais pas totalement. Ils avaient déjà signé des contrats et ils n'ont pas réussi malheureusement. Je ne veux pas vivre ça. Je sais ce que j'ai vécu avant.

FM : pour continuer votre progression, cela passera peut-être par un départ. Je pense que vous êtes bien conscient que l'on parle énormément de votre avenir ces temps-ci. Comment accueillez-vous tout cela ?

R.N : mes proches ainsi que mes agents sont présents pour moi. Je les laisse gérer tout cet aspect-là. Je suis encore concentré sur ma saison. Ils me rapportent les nouvelles, ce qu'il y a de bon et de moins bon, etc.Mais personnellement, je suis focalisé sur ma saison et mon club. On verra à la fin de l'année ce qu'on fera.

FM : malgré tout, avez-vous déjà des idées en tête pour la suite de votre carrière ? Jouer en Liga, où vous êtes suivi par plusieurs clubs, ou revenir en France, par exemple ?

R.N : mon objectif est de jouer un jour en première division. À la base, mon envie était de devenir un joueur professionnel. J'ai réussi. Maintenant, je veux aller plus haut dans le milieu professionnel. Je veux d'abord évoluer en première division, ensuite on verra.

Plus d'infos

Articles recommandés

Commentaires