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Aïssa Laïdouni, Tunisie : « on a un très grand avenir dans le football »

Par Hanif Ben Berkane
5 min.
Aissa Laidouni avec la Tunisie @Maxppp

En seulement un an, Aïssa Laïdouni a connu une ascension fulgurante. Élu meilleur joueur du championnat hongrois, il a découvert la Ligue des champions et la Ligue Europa avec Ferencváros. Le milieu de 25 ans est aussi devenu un indiscutable de la sélection tunisienne avec qui il va disputer sa première Coupe d'Afrique des Nations. Avant d'affronter le Mali ce mercredi, il se confie sur la préparation compliquée en raison du Covid, sur les ambitions de la Tunisie et sur sa réussite des derniers mois.

Foot Mercato : comment se passe la préparation de la Tunisie dans ce contexte particulier avec le Covid ?

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Aïssa Laïdouni : on fait au mieux et on doit faire avec surtout. De toute façon, c’est comme ça depuis les deux dernières années. On est sérieux donc ça se passe bien. On est resté en Tunisie pendant la préparation. Je pense que c’était un choix de l'entraîneur pour mieux contrôler les conditions sanitaires. On est arrivé en fin de semaine dernière au Cameroun pour justement s’habituer à la chaleur, l’humidité et aux terrains du pays. Ici, nos conditions ne sont pas au top, mais on sait s’adapter.

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FM : même avec les bons résultats à la Coupe Arabe ou lors des qualifications au Mondial 2022, la Tunisie a toujours ce statut d’outsider aux yeux du grand public. Comment vous abordez cette compétition ?

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AL : on a vraiment fait ce qu’il fallait lors des derniers mois donc on assume notre statut d’outsider. On a su imposer notre style et notre envie. On a montré de la détermination. C’est clair qu’on ne part pas en tant que favori, mais il y a quelque chose à faire. Avec notre mentalité et notre sérieux, on peut faire de grandes choses.

FM : à chaque compétition, on ne cite jamais la Tunisie en tant que favori alors que vous êtes toujours régulier…

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AL : C’est vrai que quand tu regardes sur le papier, tu ne vois pas des noms clinquants ou des joueurs évoluant dans des gros clubs. Mais dans notre groupe, tu peux sentir des joueurs déterminés et qui ont envie de bien faire. Il y a toujours une bonne alchimie entre nous et c’est ça qui amène de bons résultats.

FM : vous entamez la compétition contre un gros adversaire le Mali, comment vous l'abordez ?

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AL : c’est une très bonne nation. On les a affrontés cet été lors d’un match amical donc on sait à quoi s’attendre. Il y a de très bons joueurs dans cette équipe. Nous, on respecte tout le monde, mais on est aussi conscient de nos qualités et de ce qu’on peut faire. On doit aborder ce match avec confiance et sérieux.

FM : quand on est joueur, on préfère commencer une compétition en affrontant une grosse nation directement ?

AL : je ne pense pas qu’il y ait de vérité. De toute façon, il n’y a pas de petit adversaire dans cette CAN. Tous les matches sont difficiles. Personnellement, je suis content de commencer par un choc. Il va falloir être appliqué comme face à n’importe qui.

«L’envie doit être la même pour tous les joueurs sinon ça ne peut pas marcher»

FM : la Tunisie a un effectif alliant expérience et une jeunesse talentueuse…

AL : oui, on a vraiment un groupe homogène. On a de très bons jeunes et des joueurs expérimentés. C’est très bien parce que ça prouve que la Tunisie a un très grand avenir dans le football. Pour aller loin dans cette compétition et faire un bon résultat, il faut être capable d’utiliser la fougue des jeunes et l’expérience des anciens.

FM : justement, comment on arrive à créer ce parfait mélange ?

AL : je pense que c’est avec du sérieux et surtout de la communication. Il faut qu’on soit tous sur la même longueur d’onde. L’envie doit être la même pour tous les joueurs sinon ça ne peut pas marcher.

FM : tu as connu une année assez spéciale. Tu es devenu un cadre de la sélection tunisienne rapidement. Comment tu l'as vécu ?

AL :Très bien forcément. Je donne le meilleur de moi-même à chaque match et j’essaye de toujours avancer. Mais il n’y a jamais d’acquis dans le football. C’est pour ça qu’il ne faut jamais s’arrêter de travailler, de se surpasser. C’est ce que je fais donc je suis très satisfait de ce que j’ai montré cette année. J’espère continuer sur cette lancée.

FM : tu as fini meilleur joueur du Championnat hongrois et tu es performant avec la Tunisie, tu seras aussi logiquement attendu dans cette CAN…

AL : je ne sais pas si ça va changer le regard des adversaires. C’est clair que ça s’est bien passé pour moi la saison dernière en club et en sélection. Mais moi, ça ne change pas ma manière de travailler. Je dois continuer de me donner les moyens d’être performant. J’espère que ça va se poursuivre.

«Mon parcours, c'est ce qui fait ma force aujourd'hui»

FM : tu as un parcours assez atypique, tu es passé par la Roumanie puis la Hongrie. Qu'est-ce que ces expériences t'ont apporté ?

AL : c’est ce qui fait ma force aujourd’hui. Avoir connu des difficultés, d’être parti dans ces pays à l’étranger, ça m’a permis d’apprendre beaucoup. Ce sont des bonnes expériences à vivre. On s’aguerrit dans le monde professionnel et puis on comprend des choses. Tu comprends qu’on ne te fera pas de cadeau dans ce monde-là, que rien n’est facile. Moi, j’ai gagné en autonomie, j’ai appris à travailler de mon côté. Parce que j’ai compris qu’on n'a rien sans rien et que c’est toujours difficile d’avoir ce qu’on veut. J’ai appris le professionnalisme tout simplement.

FM : c’est ce qui te manquait à tes débuts à Angers ?

AL : non, je ne pense pas. Comme on dit, chaque épreuve est faite pour grandir. Mon chemin aurait été différent si je n'avais pas connu ces difficultés et que je n’étais pas parti. C’est ce qui fait ma force aujourd’hui. J’en suis très heureux.

FM : tu commences à être suivi par des clubs des cinq grands championnats après tes performances remarquées en Ligue des champions et en Ligue Europa. La CAN peut aussi être un nouveau tremplin pour la suite de ta carrière ?

AL : j’ai su apprendre de ces compétitions européennes. C’est toujours plaisant de savoir qu’on est suivi par des bons clubs. Clairement, la CAN pourrait être un tremplin. On travaille pour ça, mais j’essaye surtout de rester concentré sur la Tunisie et sur nos objectifs. Le reste, on verra après.

FM : il y a des championnats que tu aimerais découvrir ?

AL : en tant que joueur, j’aime beaucoup l’Angleterre et l’Allemagne. Ce sont vraiment deux championnats qui me font vibrer.

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