Croatie - Espagne : les notes du match

La Roja s'est imposée 5-3 face à la Croatie au terme d'un match complètement fou. Avec une sacrée prestation de Pedri au milieu...

Pedri pendant le match Croatie - Espagne
Pedri pendant le match Croatie - Espagne ©Maxppp

Plus le droit à l'erreur pour deux nations malades dans cet Euro 2020. La Croatie et l'Espagne se retrouvaient ce lundi en huitièmes de finale au Parken Stadium de Copenhague avec l'objectif de confirmer leur dernière victoire acquise en poules, respectivement face à l'Écosse et la Slovaquie, et ainsi de rallier les quarts. Pour cette partie, Zlatko Dalić, privé de Lovren en défense (suspendu) et de Perisic devant (Covid-19), alignait un 4-3-3 avec Caleta-Car en charnière, Modric dans l'entrejeu, ou encore Rebic et Vlašić sur les ailes aux avant-postes. Côté espagnol, Luis Enrique ne dérogeait pas à son 4-3-3 et reconduisait sa charnière Garcia-Laporte alors que Gaya prenait la place d'Alba dans le couloir gauche et qu'Azpilicueta était de nouveau titulaire au coup d'envoi, tout comme Sarabia.

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Et c'est justement l'élément offensif du PSG qui allumait la première véritable brèche dans un début de match totalement contrôlé par la Roja. Sur une remise intelligente de Morata, Sarabia décochait une frappe terminant sa course dans le petit filet extérieur des buts de Livakovic (13e). Dans la foulée, le gardien des Vatreni remportait son face-à-face contre Koke, qui, parfaitement servi par Pedri dans l'intervalle, ne plaçait pas son plat du pied. La Croatie peinait à conserver le ballon et ne faisait que subir face à des Espagnols parfaitement rentrés dans leur match. Et pourtant, l'improbable se produisait. Juste après une énorme occasion gâchée par Morata de la tête (19e), Pedri, au niveau du rond central, envoyait une passe bien appuyée en retrait en direction de son dernier rempart. Unai Simon, de manière incompréhensible, loupait complètement son contrôle et laissait le ballon filer au fond de ses filets (1-0, 20e).

Cette ouverture de score contre le cours du jeu inversait totalement la tendance, et avait aussi le mérite de réveiller les supporters croates dans les travées du Parken Stadium. L'Espagne semblait sonnée et incapable de réagir, là où la Croatie se procurait deux occasions coup sur coup par Vlašić en angle fermé (25e) et Rebić de loin (27e), les deux ne trouvant pas le cadre. Mais après quelques minutes de flottement, la Roja retrouvait des couleurs et refaisait le siège de la surface adverse. C'est donc assez logiquement que Sarabia fusillait Livakoic pour égaliser, venant ainsi conclure une partie de billard dans les 16 derniers mètres croates (1-1, 38e). Au retour des vestiaires, les Ibériques remettaient le pied sur le ballon, déterminés à prendre l'avantage dans cette partie.

La Croatie sombre puis se rebelle... avant de couler en prolongation

Face à des Vetreni retombés dans leurs travers, Azpilicueta propulsait à bout portant de la tête une offrande de Torres dans les buts d'un Livakovic impuissant pour mettre la Roja sur de bons rails (1-2, 57e). Après plusieurs minutes sans réaction, les hommes de Zlatko Dalić affichaient un visage légèrement plus conquérant, opérant en contre. Mais Gvardiol, trouvé par Vlašić, se heurtait à un Unai Simon vigilant et en quête de rachat (68e). Finalement, après un but de Morata logiquement refusé pour hors-jeu (72e), l'Espagne tuait le suspense dans ce huitième de finale. Rentré en jeu quelques minutes auparavant, Pau Torres délivrait une ouverture lumineuse en direction de Ferran Torres, qui ajustait le gardien croate d'un enroulé au sol glissé entre ses jambes (1-3, 77e).

Alors qu'on se dirigeait vers une qualification sereine des Espagnols, Oršić profitait d'un cafouillage dans la surface de la Roja pour pousser le ballon au fond des filets, une réalisation validée grâce à la Goal Line Technology, et ainsi offrir un dernier espoir au peuple croate en fin de partie (2-3, 85e). Un scenario propice à une fin de match de folie, qui allié aux 6 minutes de temps additionnelsix minutes de temps additionnels annoncées par le quatrième arbitre, les Vatreni poussaient et se démenaient pour arracher la prolongation. Ils parvenaient à leurs fins grâce à Pašalić qui, servi par Oršić (encore lui), trompait Simon d'un coup de tête féroce (3-3, 90e+2).

Dès le début de la prolongation, le remplaçant aux jambes enflammées, Oršić enroulait mais sa tentative passait au-dessus des buts espagnols (92e). Complètement transcendés, les Croates partaient à l'abordage et étaient proche de repasser devant l'Espagne au tableau d'affichage mais Unai Simon s'interposait magistralement devant Kramaric (96e). Mais les joueurs de Luis Enrique répondaient instantanément via Olmo, qui obligeait Vida à sauver les siens (97e), et étaient déterminer à avoir le dernier mot dans cette folle rencontre. Morata, sur un centre d'Olmo, profitait ainsi de la naïveté de Brekalo pour crucifier Livakovic (3-4, 100e) avant qu'Oyarzabal, encore trouvé par Olmo, ne fasse le break (3-5, 104e). Dans le second acte de cet extra-time, Budimir ne trouvait pas le cadre et manquait l'occasion de relancer les siens (106e). Un raté synonyme de dernière cartouche pour la Croatie, qui a même été sauvée par son poteau sur ce tir mollasson d'Oyarzabal (120e). Les Vatreni prennent donc la porte dans cet Euro 2020 après un incroyable retour face à la Roja, victorieuse de cette affiche spectaculaire (5-3). L'Espagne, intéressante offensivement mais inquiétante défensivement, affrontera le vainqueur du match entre la France et la Suisse, ce lundi soir (à suivre en direct commenté sur FM).

Revivez le film du match sur notre live commenté.

Le tableau de cet Euro 2020.

L'homme du match : Pedri (8) : la rencontre avait très bien commencé pour le Barcelonais, comme un poisson dans l'eau dans l'entrejeu. Il y a notamment eu ce caviar pour Koke au quart d'heure de jeu, dont n'a pas profité le Colchonero. Mais malheureusement, il y a aussi eu ce but contre son camp, même si c'est surtout Unai Simon qui est le principal fautif sur le coup. Sonné, il a eu un peu de mal à revenir dans la rencontre, avant de régaler à nouveau en deuxième période. Du haut de ses 18 ans, il n'a pas hésité à prendre les commandes de l'attaque, avec de nombreuses ouvertures réussies et des gestes de classe indéniable. Une prestation XXL, affolante de talent et de maturité.

Croatie

  • Dominik Livakovic (4,5) : si le gardien croate du Dinamo Zagreb (26 ans) n’a pas grand-chose à se reprocher dans ce match, il est tout de même allé chercher cinq fois le ballon au fond de ses filets. Appliqué sur sa ligne en début de match, il s’est montré impérial devant Koke (16e), Gaya (38e) ou Morata (116e). Il ne peut rien sur les buts de Sarabia (38e) et Azpilicueta (57e). Abandonné par Gvardiol sur le but de Torres (77e), il est une nouvelle fois piégé par Morata (100e) et Oyarzabal (103e).

  • Josip Juranovic (4) : reconduit au poste de latéral droit après sa prestation face à l’Ecosse, le défenseur du Legia Varsovie a connu une première période plutôt tranquille malgré le bloc haut des Espagnols. Sérieux dans son placement, présent dans les duels, efficace dans ses transmissions, il a réalisé une belle partition défensive. Une seconde période plus délicate. Peu présent offensivement, il laisse trop d’espace à Torres sur le second but espagnol (57e). Remplacé par Brekalo à la 74ème (2,5), coupable sur les buts de Morata et Oyarzabal.

  • Domagoj Vida (4) : match étrange pour le joueur du Besiktas (32 ans). Peu sollicité, il n’a pas vraiment pesé sur la partie, sans forcément commettre d’erreurs flagrantes. Pris dans son dos en début de match (16e), il s’est montré plutôt solide dans les airs, notamment sur la tête de Morata (19e). A l’image de ses partenaires, il a, par la suite, subi la pression espagnole.

  • Duje Caleta-Car (6) : remplaçant de Lovren, suspendu, le roc marseillais (24 ans) a réalisé une première période solide. Rassurant défensivement, il a été impérial dans ses duels, multipliant les interventions autoritaires (2e, 11e, 16e, 31e, 43e). Pas grand-chose à se reprocher sur les réalisations espagnoles. Sur l’ensemble du match, il a été le patron de la défense croate, à l’image de son intervention décisive en prolongations (96e).

  • Josko Gvardiol (2) : une soirée très compliquée pour le jeune latéral gauche. Souvent sollicité dans son couloir, il a subit les vagues espagnoles. Sortant tardivement sur l’égalisation (38e), il est pris au duel aérien sur le but d’Azpilicueta (57e). Pris dans son dos, il glisse et se loupe complètement sur le troisième but espagnol (77e). A noter tout de même un bon apport offensif, il est proche d’égaliser (66e).

  • Luka Modric (3.5) : une rencontre plutôt discrète pour le capitaine croate. Vigilant défensivement pour couper les lignes de passes, le Madrilène ne s’est montré que par intermittences sur le plan offensif. Décevant dans l’ensemble pour le maître à jouer de la Vatreni. Remplacé par Ivanusec à la 114ème

  • Marcelo Brozovic (4) : face au trio espagnol du milieu, le joueur de l’Inter a beaucoup couru. Impliqué défensivement, il a souvent cherché à casser le rythme (5 fautes). Un match en demi-teinte malgré quelques sorties offensives intéressantes. Pas suffisant pour inquiéter le collectif espagnol.

  • Mateo Kovacic (5,5) : il a été l’homme fort du milieu croate. Plus en vue que ces deux acolytes dans l’entrejeu, sa justesse technique a permis aux siens de sortir du pressing espagnol. Il s’est progressivement éteint au fil de la rencontre. Remplacé par Budimir à la 79ème, proche de réduire le score en prolongation.

  • Nikola Vlasic (5) : positionné très bas pour contrer les montées de Gaya et le danger Sarabia, il a été très actif des deux côtés du terrain. Disponible pour les siens, il se procure une belle occasion suite à un contrôle orienté parfait (24e). Remplacé par Pasalic à la 79ème, héros croate au bout du temps additionnel (90+2e) et proche de donner l’avantage aux siens en prolongation.

  • Bruno Petkovic (2) : match très compliqué pour le buteur croate. Esseulé devant, il n’a jamais pesé sur la rencontre. Pris par la paire Laporte-Garcia, il n’a pas été ce point de fixation attendu par ses coéquipiers (8 ballons perdus). Remplacé par Kramaric à la 45ème (3,5), qui a eu le mérite de tenter (2 tirs cadrés) mais sans réussite.

  • Ante Rebic (4,5) : positionné très bas en début de match, l’attaquant milanais a beaucoup travaillé défensivement face à Torres et Azpilicueta. Une débauche d’énergie qui ne l’a pas empêché d’être également très actif sur le front de l’attaque croate. Remplacé par Orsic à la 67ème (6), facteur X en fin de match, buteur puis passeur sur l’égalisation croate au bout du temps réglementaire, il s’est démené sur le front de l’attaque croate.

Espagne

  • Unai Simon (5) : il n'avait pas eu grand chose à faire... Et sur ce ballon en retrait de Pedri, il n'avait qu'à contrôler sereinement. Mais le Basque a laissé filer le ballon au fond de ses filets, commettant ainsi LA boulette de cet Euro. Il a au moins le mérite d'avoir réussi à rebondir après, puisqu'il n'a pas semblé bouleversé par cette erreur et a été assez serein. Il sort même une intervention décisive pour empêcher le 2-2 à la 67e qui tombera par la suite, comme il a aussi évité un but à lui tout seul dans les prolongations. Le portier de l'Athletic a mal commencé, mais il s'est bien rattrapé.

  • José Luis Gaya (6) : préféré à Jordi Alba à la surprise générale cet après-midi, le joueur de Valence a plus ou moins donné raison à Luis Enrique. Il a été assez sollicité dans la construction du jeu, surtout dans sa moitié de terrain. Un peu discret offensivement ceci dit, du moins par rapport à ce qu'on voit en Liga. Blessé, il a laissé sa place à Jordi Alba (77e), qui a réalisé une entrée en jeu plutôt correcte, même si moins en vue qu'en poules.

  • Aymeric Laporte (6,5) : le Citizen a rendu une copie plus que satisfaisante. Plus que dans les labeurs défensifs, où il a parfois été un peu mal placé, c'est balle au pied qu'il a le plus brillé. Et c'est sûrement tout ce que lui demandait Luis Enrique. Le défenseur central a ainsi joué très haut, servant de première rampe de lancement aux offensives espagnols, avec quelques ballons bien sentis qui ont brisé des lignes.

  • Eric Garcia (6) : Luis Enrique a encore fait confiance au neo-Barcelonais. Et ce dernier a été assez bon, sans pour autant briller. Il a parfois eu du mal, notamment lorsqu'il a dû s'éloigner de sa surface pour défendre, ou dans les duels au corps à corps face aux attaquants. Mais dans la lecture du jeu, il a été assez bon, et il a également été propre dans ses transmissions. Il a laissé sa place à Pau Torres (4) à la 70e, auteur d'une superbe ouverture pour Ferran Torres sur le troisième but ibérique. Il est en revanche en retard sur Pasalic sur le but de l'égalisation, et a semblé un peu à la rue.

  • Azpilicueta (7) : l'ancien de l'OM a bien tenu son rang dans cette défense assez inexpérimentée. Plutôt solide, dans la mesure où il a été assez peu mis en danger par ses vis à vis, il a été un peu discret offensivement en première période. Au retour des vestiaires, c'était tout le contraire, et il a même réussi à marquer, de la tête dans la surface tel un véritable buteur ! Derrière, il a été précieux dans tous les domaines du jeu.

  • Busquets (7) : brillant face à la Slovaquie, le joueur du Barça a encore été le métronome de la Roja. Toutes les actions passaient par ses pieds, et il a toujours réussi à trouver ses partenaires un peu plus avancé avec brio. Ce soir encore, il donnait l'impression de jouer dans son jardin. Du grand Busquets en somme. Il a laissé sa place à Rodri à la 101e, dont l'entrée a fait du bien.

  • Koke (6) : prestation assez intéressante du Colchonero, même s'il y a eu cette occasion vendangée aux alentours du quart d'heure de jeu qui aurait pu mettre les siens sur les bons rails d'entrée. S'il a laissé le registre créatif à Pedri, il a toujours joué propre et a fourni de gros efforts défensifs pour soulager Busquets. Mais pas que, puisqu'il est aussi venu prêter main forte aux attaquants, en arrivant lancé aux abords de la surface. Luis Enrique l'a fait sortir pour mettre Fabian Ruiz à la 78e. L'Andalou a été précieux dans la conservation du ballon.

  • Pedri (8) : voir ci-dessus.

  • Ferran Torres (7) : en première période, il a beaucoup tenté... mais a aussi beaucoup raté. Le joueur de Manchester City n'a pas vraiment réussi à créer des différences dans les derniers mètres. Assez habile habituellement, et plutôt bon finisseur, il a fait parler la poudre en deuxième période, où Pedri l'a beaucoup cherché sur ce flanc gauche. C'est lui qui dépose un bon ballon sur le crâne d'Azpilicueta sur le deuxième but espagnol. Ses appels ont aussi bien déstabilisé la défense croate. Rusé, il fait le break à la 77e avec une finition parfaite. Remplacé par Oyarzabal (88e), un peu maladroit mais finalement buteur.

  • Morata (7) : toujours titularisé en pointe de l'attaque. Comme souvent, il a beaucoup décroché pour participer au jeu et servir de point d'appui à ses partenaires, provoquant au passage bon nombre de fautes aux alentours de la surface. On notera cependant quelques occasions intéressantes mal négociées jusqu'à ce véritable golazo dans les prolongations. De quoi faire taire les critiques à son sujet de l'autre côté des Pyrénées ?

  • Sarabia (6) : après sa très belle prestation contre les Slovaques, le Parisien était encore présent au coup d'envoi. Et si son entame de rencontre était un peu discrète, c'est lui qui a égalisé pour la Roja, en mode renard des surfaces après une série de ballons contrés et mal repoussés. Un but qui l'a mis en confiance, notamment lorsqu'il est passé à droite en deuxième période. Dani Olmo (7) l'a remplacé à la 71e et a raté beaucoup de choses jusqu'à ses deux passes décisives coup sur coup dans les prolongations, pour Morata et Oyarzabal.

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