Ramener Rodez en Ligue 2, 26 ans après que le club l’ait quitté ça doit être un sentiment fort ?

Florian David : Je n’étais pas au club jusqu’à cette année. Je ne l’ai pas vécu comme certains de mes coéquipiers, mais c’est quand même un sentiment très fort. On a fait quelque chose de grand le week-end dernier (victoire 3-1 contre Boulogne le jeudi 11 avril, ndlr). On ne va pas s’arrêter là, on va chercher le titre !

Vous décrochez la montée à quatre journées de la fin sans avoir vraiment été inquiété, comment peux-tu expliquer une telle domination sur le championnat ?

FD : Je pense que ce qui a fait notre réussite tout au long de la saison, c’est notre état d’esprit, notre collectif. C’est un groupe qui vit vraiment bien. On n’a pas plus de qualité que dans les autres clubs, mais il y a vraiment une âme dans ce groupe et c’est ce qui a primé sur ce championnat. C’est vrai que ça n’a pas été un début de championnat facile (2 matches nuls et 2 défaites en 5 rencontres), car il y a eu beaucoup de départs, beaucoup d’arrivées, donc il fallait que les automatismes se mettent en place. Mais une fois que tout a été réglé, on a su imposer notre style de jeu et réaliser de grandes choses.

Personnellement, tu es le meilleur buteur de ton club avec 11 buts. On peut dire que c’est une année pleine pour toi ? Être meilleur buteur de la Ligue est désormais un objectif ?

FD : C’est vrai, c’est ma meilleure saison sur le plan individuel de ma jeune carrière. Avec en plus de bonnes statistiques. Je suis vraiment content de l’année que je réalise et je le dois vraiment au staff et au coach qui ont beaucoup cru en moi, mais aussi à mes coéquipiers qui ont su me servir dans de bonnes conditions. Je les remercie vraiment. Le meilleur buteur du championnat, c’est un ancien de mes coéquipiers et un ami (Kevin Rocheteau du SO Cholet ndlr), on se taquine un peu sur la course aux buts. Après mon objectif personnel, c’était à la base de marquer 10 buts. Maintenant que j’ai atteint la barre des 10 et que je suis maintenant à 11, je souhaite apparaître dans l’équipe type du National 1 si possible, c’est mon objectif. Mais sinon l’objectif à la base c’était la montée et vivre dans le groupe. C’est grâce à mes coéquipiers. Sans eux, je n’aurais pas réalisé une telle saison tout comme sans mon coach et mon staff.

L’année prochaine, Rodez aura d’abord la mission de se maintenir en Ligue 2. Sur quel point devra travailler l’équipe pour y parvenir ?

FD : Je ne connais pas le championnat de Ligue 2 donc je ne saurais pas vraiment dire. Il faudra rester vraiment solide et courir les uns pour les autres, ça a été la force du Rodez Aveyron Football. Ça peut nous aider pour la Ligue 2 et après il faudra être très bon à domicile. Devenir une véritable forteresse à domicile et aller chercher des gros points à l’extérieur.

Ton avenir est pour le moment assez flou, tu es prêté par Grenoble à Rodez. Tu pourrais revenir en Isère même si la possibilité de rester en Isère est réelle. Pour le moment, rien n’est encore officiel. Comment vis-tu cette situation ?

FD : J’ai vraiment été concentré sur ma saison. Je n’étais pas vraiment promis à avoir du temps de jeu à Grenoble donc je suis allé le chercher à Rodez. Ça s’est super bien passé. C’est vrai qu’à Rodez je me sens bien, mais j’appartiens aussi à Grenoble. Je ne me prends pas la tête, je n’y pense pas, je fais ma saison et j’y penserai par la suite. Ce sont les deux solutions les plus concrètes. Les deux options me conviennent, le plus important, c’est le temps de jeu pour moi et la confiance du club. Est-ce que Grenoble aura confiance en moi la saison prochaine en Ligue 2 ? Rodez aura davantage confiance en moi et je pourrais plus jouer qu’à Grenoble ? Ou ailleurs ?

Des clubs belges et espagnols sont intéressés par ton profil. Est-ce qu’une expérience à l’étranger t’intéresserait ?

FD : Bien sûr, j’ai toujours rêvé d’évoluer à l’étranger. Donc si ça se présente ce ne sera pas à ignorer. J’aime bien le championnat espagnol, le championnat allemand, la Belgique a vraiment une très bonne réputation donc j’aimerais bien aussi. Un style de jeu assez technique me plairait.

L’an dernier tu as aussi vécu une fin de saison riche avec une finale de Coupe de France contre le PSG avec Les Herbiers. Comment avez-vous vécu cette épopée ?

FD : L’épopée a été magnifique, franchement j’ai eu beaucoup de chance de vivre ça. Il y a des gens qui ont fait de grandes carrières et qui n’ont pas eu l’opportunité de vivre cette aventure humaine. J’ai pris beaucoup de plaisir. C’est vraiment une belle expérience qui restera gravée dans ma mémoire. Jouer au Stade de France, c’est vraiment un rêve. J’ai marqué contre Chambly (2-0 en demi-finale ndlr), c’est l’un des plus beaux moments de ma jeune carrière. Marquer devant 35000 personnes, c’est quelque chose de fou ! La sensation est unique et indescriptible !

Qu’est-ce que l’on ressent lorsqu’on affronte des références mondiales comme Edinson Cavani, Kylian Mbappé ou encore Angel Di Maria ? Il y a un joueur qui t’a particulièrement impressionné ?

FD : De les voir c’est juste quelque chose de grand, après j’aurai aimé entrer en jeu sur ce match pour pouvoir me jauger. Pour savoir si la marche à atteindre est immense, infinie ou si on peut s’en approcher, mais je n’ai pas eu cette chance-là. C’est vrai que du bord du terrain de les voir jouer c’est impressionnant. Ça allait très vite. Kylian Mbappé m’a impressionné, son coup de reins est meurtrier. Il va à 10 000 à l’heure. Dans tout ce qu’il fait, il est juste et il est très rapide. C’est ça le football de haut niveau.

Trois jours plus tard, le club est relégué en National 2. Comment avez-vous vécu cette désillusion avec tes coéquipiers ?

FD : C’est particulier, car on sort d’une finale de Coupe de France, on rentre aux Herbiers alors qu’on était relégué et on est accueilli comme des champions. C’est dur, mais ils nous ont vraiment soutenu, les proches, les fans et les supporters du club, mais c’est vrai que nous on n’avait pas rempli notre mission.

Tu es formé à Toulouse, mais tu n’as jamais vraiment eu ta chance. Ne pas avoir pu s’imposer avec son club formateur est un regret pour toi ?

FD : Un regret non, car j’ai beaucoup appris et ça m’a servi pour après. Bien sûr, tout joueur rêve de réussir dans son club formateur, mais mon parcours il est atypique. Mon chemin est semé d’embûches, mais je ne lâche rien donc je n’ai aucun regret et je ne retiens que des bonnes leçons.

Tu as également eu l’opportunité de représenter la sélection de la Guadeloupe, comment as-tu reçu ton premier appel ?

FD : C’est un plaisir ! Honnêtement quand le coach, Jocelyn Angloma m’a contacté pour la sélection, j’étais très content. C’est une expérience de plus à vivre. Ça m’a touché déjà qu’il me contacte et le fait d’y avoir été, j’ai toujours eu l’envie d’y retourner, car c’est quelque chose de beau à vivre. Défendre ses couleurs, c’est énorme.

Première cape, premier but contre Saint-Martin, on ne peut pas faire mieux pour débuter.

FD : C’est vrai que j’ai fait une bonne entame, j’étais vraiment très content de moi-même, de l’équipe et de ce que j’avais vécu. Maintenant, on n’a pas réussi à se qualifier (pour la Gold Cup 2019 ndlr.) et ça, c’est dommage. Il y aura d’autres compétitions donc j’espère être convoqué et y aller.

La Guadeloupe va se retrouver dans la dernière ligue de la Ligue des Nations de la CONCACAF. Que manque-t-il encore à la sélection ? Est-ce réaliste d’imaginer une qualification de la Guadeloupe pour la Gold Cup à court terme ?

FD : Je ne saurais pas vraiment le dire, car je n’ai vécu qu’une sélection. Il y a de très grands joueurs locaux qui de la qualité, il y a aussi des joueurs de la métropole qui joue dans de grandes équipes. Je pense notamment à Mickaël Alphonse (Dijon FCO), qui, dès qu’il est arrivé en sélection, s’est comporté comme un leader. Il a poussé tout le monde vers le haut. Je ne saurais pas le dire honnêtement mon passage a été trop court pour en tirer des conclusions. Mais oui, je pense qu’à la prochaine Gold Cup, il y aura la Guadeloupe. Il y a vraiment de très bons joueurs et il y a quelque chose à faire dans cette sélection.