Le conte de fées a tourné court. Une fois libéré de son contrat avec l’Etoile sportive du Sahel (ESS), après des soucis administratifs, Bilel Mohsni (31 ans) avait su rebondir, en mars, du côté de Dundee United, en Scottish Premier League. « La FIFA avait réglé mon problème avec l’Etoile du Sahel. Je me suis entraîné dur. Après presque un an sans jouer, les clubs avaient des doutes, ce qui est normal. Un ancien coach est devenu scout à Dundee. Il cherchait un défenseur, il m’a appelé. Je suis revenu en Ecosse, j’ai joué quatorze matches, j’ai marqué trois buts et j’ai été élu plusieurs fois homme du match. Ça prouve que j’étais prêt physiquement, malgré ma situation et le manque de préparation. Je pensais que ça allait attirer des clubs cet été. Moi, j’avais envie de voir autre chose. Le coach de Dundee a publiquement expliqué que si je n’avais pas été là, on n’aurait pas joué les playoffs. Même si ça m’a fait plaisir, je me suis dit que je pouvais aller voir au-dessus. Pourquoi pas en Angleterre, en France », a-t-il confié.

Performant, le défenseur central avait même réussi à convaincre Nabil Maaloul, le sélectionneur de la Tunisie, de le convoquer dans un groupe élargi avant le Mondial en Russie. De quoi retrouver le sourire. « Je pensais jouer le Mondial, contre les Anglais et les Belges, face à deux attaques très fortes dans le Monde mais, finalement, je n’ai pas été convoqué, je n’ai pas trouvé de club... Je n’ai aucun regret. Pendant les oppositions en sélection, avec une défense qui changeait, je faisais mon travail. J’ai demandé qu’on soit honnête avec moi, on m’a dit : "Bilel, si je devais choisir maintenant, je t’emmènerais à la Coupe du Monde. Tout ce que tu montres là, personne ne me l’a montré, sur le niveau et la détermination". Mais finalement, je n’ai pas été pris, sous prétexte que je n’ai joué que 14 matches pendant la saison, alors qu’un joueur qui n’avait joué qu’un match officiel a été pris... C’était dur », a-t-il expliqué.

Et tout a basculé. « Les clubs qui voulaient me recruter à ce moment-là, n’étaient plus là quand je n’ai finalement pas figuré dans la liste. Il y a eu des touches avec l’Espérance de Tunis. J’étais aussi tout proche de signer en Belgique, en première division, mais manque de chance, le coach s’est fait limoger. Pour l’instant, je n’ai pas la chance de mon côté, j’espère qu’elle va tourner », a-t-il lancé avant de poursuivre. « C’est vrai que ce n’est pas évident. Je suis un peu déçu, parce que j’ai de bons retours des coaches contactés. On ne me parle jamais de football. On me dit que je suis un bon joueur, mais rien ne se fait jamais. Ton profil est validé, mais rien ne suit. Je suis un peu agacé. Mais bon, c’est le jeu du football business. Je suis avec ma famille au quotidien, je profite au maximum d’elle. Je suis impatient de jouer, je m’entraîne tous les jours avec un préparateur physique, je fais des doubles séances, autant qu’un pro, mais je n’ai pas la chance de jouer ».

Une étiquette qui lui colle à la peau

L’ancien pensionnaire des Glasgow Rangers (11 buts en 43 matches entre 2013 et 2015) espère voir la roue tourner dans les prochains jours. « J’espère que des clubs vont m’appeler à l’essai pendant la trêve internationale. Parce que sinon, ensuite, ça va commencer à devenir compliqué. J’espère que quelque chose va se présenter. Je suis ouvert à tout. La France, c’est un très beau championnat. Je veux rester compétitif. Je sais que je suis prêt physiquement. J’ai 31 ans, je suis au sommet de ma forme physique, et pourtant, j’ai l’impression d’être un vétéran, alors que quand j’avais 17 ans, on me disait que j’étais trop jeune... Je suis libre, à la recherche d’un projet. La Ligue 2 ? Ça ne me dérangerait pas, j’ai envie de jouer », a-t-il indiqué, regrettant sa réputation née d’un coup de sang avec les Rangers en 2015. Un épisode malheureux qui colle à la peau de l’ex du SCO Angers et du Paris FC.

« À mon retour de la Coupe d’Afrique des Nations, lors de ma deuxième saison aux Rangers, le coach n’est plus là, il s’était fait virer. Son remplaçant ne m’a plus fait jouer, sans me donner aucune raison. Sur un match de fin de saison, il me fait entrer pour les quinze dernières minutes, alors que je ne voulais pas entrer, dans des conditions spéciales, parce que je ne m’étais pas échauffé. Je tombe sur un attaquant que j’avais déjà joué (l’attaquant de Motherwell Lee Erwin, ndlr). Je ne suis pas méchant. Mais il se met à m’insulter, me mettre des coups. Mais je me dis, dans quelques minutes, ce sont les vacances. Une fois le match terminé, il vient me voir pour me serrer la main. J’ai refusé et je suis reparti vers les vestiaires. Il m’a frappé par derrière. J’ai répondu par un coup de poing. J’ai été suspendu, j’ai pris plus que celui qui m’a agressé », a-t-il raconté avant d’ajouter.

« J’ai accepté ma sanction, je n’ai rien dit, même si elle n’est pas juste, et que, en raison de soucis administratifs, ma suspension a duré plus longtemps que prévu. Je pense que je paye encore cette histoire. Il y a des joueurs qui ont fait des choses bien pires que moi et leur carrière continue, normalement. Je ne suis pas agressif, j’ai été frappé, je me suis défendu, j’ai été suspendu, j’ai purgée ma peine. Je n’ai rien dit. Mais tu vois des joueurs qui trouvent un club. Je pense que personne n’a dit comment j’étais vraiment au quotidien, dans un vestiaire. Je n’ai jamais attaqué personne, loin de là. Mais je continue à payer cette erreur-là », a-t-il conclu. Jouer, pour prouver qu’il peut encore rendre de fiers services, c’est tout ce que souhaite Bilel Mohsni. À bon entendeur.