Le Paris Saint-Germain et l’Olympique Lyonnais ne se quittent plus décidément. Pour la quatrième fois de la saison, les deux mastodontes du football féminin tricolore vont croiser le fer pour un Classico qui s’annonce très tendu. Si les Franciliennes ont pris l’avantage en Ligue des Champions, les Rhodaniennes elles s’étaient imposées 2 à 1 lors du match aller en championnat. Avec pour objectif la possibilité de se rapprocher du titre de Championne de France, inutile de dire que le choc vaudra son pesant d’or. Car plus que le résultat, c’est en quelque sorte la suprématie des deux clubs qui est également en jeu lors de ce Classico au féminin. Deux modèles qui chacun font leurs preuves. Au niveau sportif, l’Olympique Lyonnais est clairement l’exemple à suivre. Depuis le passage à la D1 féminine en 2002, le club du président Aulas a remporté 8 titres sur 12 possibles. Les partenaires de Louisa Nécib ont également décroché deux Ligues des Champions Féminines six Coupes de France. Un club qui ne cesse donc d’accumuler les trophées. Ce qui n’est pas forcément le cas du PSG, vainqueur de la Coupe de France en 2010 et trois fois second du championnat.

Mais le PSG pourrait avoir son mot à dire cette année en Champion’s League. D’ailleurs, les Parisiennes ont éliminé l’OL en 1/8ème de finale de l’épreuve. Une passation de pouvoir pour certains observateurs. Pas à en croire Amandine Henry, milieu de terrain de l’OL : « C’est dur à encaisser. Je pense que "passation de pouvoir", c’est fort comme mots. Pour l’instant, on s’est fait éliminer en 1/8e de finale de Ligue des Champions. Paris n’a pas encore gagné le championnat de France. Ça fait plusieurs années qu’on est championne de France. Une passation de pouvoir ne s’arrête pas à un 1/8e de finale de Ligue des Champions. C’est à nous de bien travailler pour montrer qu’on peut encore gagner ce championnat et la Coupe de France ». Quoi qu’il en soit, ce match de Ligue des Champions comptera pour les Parisiennes au moment d’aborder ce choc. C’est l’avis de Sonia Bompastor, ancienne joueuse de l’OL et du PSG : « Oui, ça peut jouer dans les têtes. Ca va certainement donner plus de confiance aux Parisiennes au moment d’aborder le match retour en championnat. Il y a le résultat, certes il est là et il a été cruel pour l’Olympique Lyonnais. Après, il y a le contenu qu’il faut analyser. Et de ce côté là, le contenu des matches et des confrontations qu’il y a eu entre l’OL et le PSG est plutôt favorable à l’OL. Du côté de Lyon, le contenu doit donner confiance aux joueuses et au staff ».

Deux modèles différents

Paris-Lyon, c’est aussi un match entre deux écuries aux stratégies bien différentes. Lyon demeure la place forte et incontestée. Intégrée en 2004 à l’OL, la sélection féminine a fait le bonheur du président Jean-Michel Aulas. Côté PSG, le modèle se rapproche plus de ce qui se fait avec la section masculine du club de la capitale. Des modèles dont nous parle plus en profondeur Sonia Bompastor : « A comparer, il est vrai que le projet de l’OL est mis en place depuis un tout petit peu plus de temps. Donc il y a un tout petit peu plus d’expérience du côté de l’Olympique Lyonnais avec un président Aulas qui au-delà de son discours et de sa motivation, est très présent. Il est vraiment très attaché à la section féminine du club. Il met l’équipe féminine professionnelle au même niveau que l’équipe pro masculine. Donc c’est très valorisant quand tu travailles dans un club comme l’OL. Du côté du Paris Saint-Germain, il y a de gros moyens financiers. Ils ont construit une belle équipe. C’est un projet plus récent. Une équipe peut-être un peu plus basée sur des individualités que sur un collectif. Malgré tout, ça fonctionne bien. Deux belles équipes, deux beaux projets ». Des projets qui tirent forcément les joueuses vers le haut et l’excellence : « Ce sont deux clubs qui ont beaucoup d’ambitions. C’est une très belle chose pour le foot féminin parce que ça permet de le développer un petit peu plus. Ces deux clubs permettent aux athlètes féminines qui pratiquent le football, de pouvoir le pratiquer dans de très bonnes conditions », conclut Sonia Bompastor.

Une rivalité bénéfique pour le foot français

Car finalement, dans ce duel opposant le Paris Saint-Germain à l’Olympique Lyonnais, c’est bien tout le football français qui en ressort grandi. Les deux clubs permettent au championnat de gagner en qualité. Des internationales comme Lotta Schelin ou Shirley Cruz pour ne citer qu’elles, évoluent dans l’Hexagone. Deux vraies locomotives donc comme nous l’a confié Gaëtane Thiney (Juvisy) : « On est réellement dans une progression très positive. Après, on n’est pas première du championnat car les autres, Lyon et le PSG, progressent aussi. Il faut s’accrocher ». En plus de la D1 Féminine, l’Equipe de France est forcément impactée par les bonnes performances et l’émulation entre Paris et Lyon. « C’est indéniable dans le sens où dans ces deux clubs on retrouve l’ossature de l’Equipe de France, explique Sonia Bompastor ex-internationale tricolore. Philippe Bergeroo s’appuie sur énormément de joueuses lyonnaises et parisiennes. Le fait d’avoir deux grands clubs féminins français en haut de l’affiche sur la scène française et européenne, même si l’OL a été éliminé en 1/8ème de finale cette année, il peut s’appuyer sur deux clubs qui travaillent très bien, qui ont des joueuses très performantes et reconnues au niveau européen. C’est forcément un plus pour l’Equipe de France ».

En effet, lors du dernier rassemblement des tricolores, neuf lyonnaises et sept parisiennes ont été convoqué par Philippe Bergeroo. Une rivalité en club que les joueuses laissent de côté une fois le maillot frappé du coq enfilé comme nous le précise Kheira Hamraoui, milieu au PSG et avec les Bleues : « Je ne fais même pas attention à cette rivalité. Tout le monde parle d’ailleurs de rivalité. Au final, ce sont des filles avec qui on joue en Équipe de France. Je ne vois pas de rivalité. Le PSG a investi un peu sur les féminines. Lyon reste chez les filles une grande équipe. On se rapproche de plus en plus de l’OL donc certains parlent de rivalité. Chaque équipe veut être la meilleure. Nous on veut battre toutes les équipes. On va dire que chaque équipe tire l’autre vers le haut. En sélection, on s’entend super bien avec les Lyonnaises. Quand on arrive en Équipe de France, on est ensemble ». Une bonne nouvelle pour la sélection tricolores qui disputera la Coupe du Monde au Canada dans quelques semaines, avec dans ses rangs Lyonnaises et Parisiennes.