Les supporters marseillais se souviennent encore du discours d’André-Pierre Gignac à la suite de son dernier match avec l’Olympique de Marseille face à Bastia en mai 2015, marquant la fin de son contrat olympien. « Ça n’a pas très bien commencé, mais je pense qu’on a bien fini », déclare-t-il avant d’affirmer « mon histoire n’est pas finie avec l’OM ». Un terme à cinq années où il aura tout connu mais qui lui auront permis de « vivre un rêve d’enfant », avant de s’envoler, le mois suivant, direction le Mexique et les Tigres UANL. Un coup de foudre qu’il ne sait expliquer, mais qui l’a amené aujourd’hui là où peu de personnes ne pouvaient l’imaginer. Le 04 août 2019, contre le Club Universidad Nacional, le Français place une tête dans les dernières minutes et offre une victoire courte mais précieuse pour son club (89e, 1-0). Loin d’être anecdotique, cette réalisation est la 105ème de l’attaquant et permet à APG d’entrer dans l’histoire du club mexicain, en battant le record d’un certain Tomás Boy, qui avait porté les couleurs des Tigres de 1975 à 1988. 105 pions, un record et une histoire qui continue de s’écrire.

Nouvelle journée de championnat pour le Français et les siens, un contexte idéal pour une journée mémorable, qui a eu lieu hier, à domicile, au stade Universitario de Nuevo Leon. En effet, pour le remercier, les Tigres ont vu les choses en très grand. L’ex-Marseillais s’est vu recevoir une plaque commémorative alors qu’un chanteur mariachi reprenant des sons traditionnels comme « El Rey » (le roi) ou encore « Cielito Lindo » (beau petit ciel). Placé sur le rond central, il prend place sur une bâche qui a été déployée pour l’occasion. Cette dernière affiche le message « André-Pierre Gignac, buteur historique » et l’illustrant fièrement avec son numéro 10, mettant en avant ses multiples tatouages le poing levé, une pose qu’il a pris l’habitude de faire pour célébrer ses buts.

Un triplé en guise de remerciement.

Dans les tribunes, l’ambiance est chaleureuse. Les supporters du club ont formé une mosaïque aux couleurs du drapeau français, puis ils ont repris en chœur « Hey Jude », le plus gros succès mondial en 45 tours des Beatles, en l’adaptant au nom de Gignac. Place ensuite aux banderoles. La première représente le maillot de l’attaquant, frappé d’un numéro 105 tricolore et floquée « Goleador Historico ». La seconde est une image du joueur accompagné du message « Gignac, te voilà historique ». Plutôt que de laisser sa place au jeu, l’esprit de fête s’y mêle parfaitement pendant que les 22 acteurs prennent place sur la pelouse. Et comme si cela ne suffisait pas, à la 10e minute du match, un chiffre choisit minutieusement pour le maillot de l’attaquant, un ballon dirigeable a survolé le stade des Tigres avec un portrait du français, couronné, suivi de la phrase « #1 MAXIMO GOLEADOR », comprenez ici, « #1 meilleur buteur ».

André-Pierre Gignac l’a déjà dit au Vélodrome, « je n’ai pas pour habitude de parler et de trop m’épancher », alors quelle meilleure réponse que celle du terrain ? Cinq petites minutes suffiront à l’international français (36 sélections), toujours de la tête, qui a repris victorieusement un centre du milieu Luis Quiñones (5e, 1-0). La folie ne pouvait s’arrêter en aussi bon chemin. À la réception d’une passe à la limite de la surface, le Français crochète, et place une frappe entre deux défenseurs qui ne laisse aucune chance au gardien adverse Hugo González (17e, 2-0). Quelques minutes plus tard, toujours à l’entrée de la surface, Gignac hérite d’un ballon qu’il reprend sans contrôle. Ce dernier a pris la direction du poteau rentrant et a permis à son auteur d’inscrire un triplé en seulement 22 minutes (22e, 3-0). Peu avant la mi-temps, Ventura Alvarado a réduit le score (42e, 3-1) mais cela ne gâchera en rien cette journée puisque le score n’a plus bougé. Les Tigres l’emportent, Gignac, lui, est historique. Prochain objectif : devenir une légende du Mexique ?

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