La Coupe du Monde féminine bat son plein à travers la France. Des Mondiaux, Rosana en a joué quatre, en 2003, 2007, 2011 et 2015 (13 matches, 3 buts). Ancienne internationale brésilienne (112 sélections, 21 réalisations), la Paulista a raccroché les crampons depuis, fin 2018, après une carrière bien remplie et des passages en Autriche, Norvège, France et aux États-Unis notamment. Et pour sa reconversion, elle est devenue, à 36 ans, scout pour l’agence ARF Sports au Brésil. Son rôle est simple. « Alex Rodrigo Firmino (gérant de l’agence) m’a proposé ce poste, j’ai trouvé que c’était très intéressant. Je passe mes diplômes de coach et j’ai commencé plusieurs formations. Quand j’étais encore joueuse, j’étais souvent capitaine de mes équipes. J’étais déjà comme un entraîneur sur le terrain. J’analysais déjà les joueuses et les joueurs. J’ai donc attendu la bonne opportunité, avec les bonnes personnes », nous a-t-elle expliqué avant de poursuivre.

« Avec ARF Sports, Alex ou encore Nicolas (Pauly, associé qui officie en Europe), c’est le cas. C’est une expérience très intéressante, nouvelle, j’ai analysé pas mal de joueurs, j’en ai conseillé certains. Je trouve ça vraiment sympa. La société gère les intérêts de plusieurs joueurs. Je les suis mais j’en regarde aussi d’autres en fonction des besoins des équipes qui contactent l’agence. Par un exemple, pour un attaquant, je regarde le nombre de buts, sa fonction dans l’équipe, s’il est bon de la tête, s’il a les deux pieds, s’il est la référence offensive ou davantage un joueur de soutien. J’essaie de voir s’il pourrait correspondre au jeu des équipes en demande », a-t-elle confié. Active au Brésil surtout, elle espère prochainement avoir l’opportunité d’exercer ses fonctions en Europe, pour voir autre chose et gonfler son bagage.

« J’ai toujours voulu être coach »

L’ex-milieu de terrain de l’Olympique Lyonnais (2011/12) - encore marquée par « la passion du visionnaire Jean-Michel Aulas » pour la discipline - et du Paris SG (2016) ne regrette en tout cas pas d’avoir choisi de relever ce défi, dans un univers très masculin. « Je suis agréablement surprise de l’accueil reçu. Que ce soit par les joueurs ou par les clubs. Ils reconnaissent ma carrière et se fichent que je sois une femme. J’ai plusieurs joueurs de Série A ici au Brésil qui m’ont dit qu’ils étaient heureux de discuter et de travailler avec moi et qu’ils me regardaient jouer quand j’étais encore joueuse. La relation est très sympa, ils me respectent beaucoup. Ils ont une grande confiance en ce que je peux faire pour eux, au regard de mon parcours et de ma carrière de joueuse », a indiqué celle qui était membre des quatre fantastiques de la Seleção en 2007, aux côtés de Marta, Cristiane et Daniela.

Satisfaite de son aventure en tant que scout, elle nourrit toutefois d’autres ambitions, avec Corinne Diacre comme source d’inspiration. « J’ai toujours voulu rester dans le milieu du football. J’ai la licence A de la CBF, la licence C de l’UEFA. Je continue à me former. J’aime les défis. J’ai toujours voulu être coach, être sur le terrain, briser des tabous en coachant des hommes, comme a pu le faire la sélectionneure de l’équipe de France féminine. J’ai trouvé ça très intéressant. Dans quelques années, j’aimerais suivre ce chemin. Mais dans quelques années seulement, parce que je veux être vraiment prête pour le moment où ça arrivera. Surtout ici, au Brésil, qui est un pays un peu plus machiste qu’en Europe. Il faut que je sois très bien préparée pour que cela se passe bien quand l’opportunité se présentera », a-t-elle conclu. Avis aux amateurs. Reconnue comme une légende du football féminin par la FIFA, Rosana n’a peut-être pas fini d’écrire la sienne.

10% sur tout Foot.fr avec le code FM10