Mardi après-midi, l’annonce du Real Madrid officialisant l’arrivée de Julen Lopetegui sur son banc de touche après le Mondial avait déjà créé une énorme onde de choc en Espagne. Son nom n’était pas sorti comme potentiel remplaçant de Zinedine Zidane, et sa nomination a été une énorme surprise. De même pour son licenciement, annoncé ce matin par le président de la Fédération Luis Rubiales en conférence de presse. De quoi susciter de vives réactions de l’autre côté des Pyrénées...

« Tremblement de terre dans le football espagnol. À deux jours du début de l’Espagne au Mondial, la Fédération Espagnole de Football a destitué Julen Lopetegui de son poste de sélectionneur national », peut-on ainsi lire dans AS. Du côté de Madrid, on reste globalement assez mesuré et on se contente de relayer les événements. En revanche, en Catalogne, on s’en prend une fois encore au Real Madrid et à Florentino Pérez, pointés du doigt depuis le début en raison du timing de l’annonce. « L’irruption brusque du Real Madrid dans la Fédération pour s’emparer de Lopetegui alors que le Mondial va commencer prouve encore que la sélection, la Roja et la Fédération ont une considération moindre dans les bureaux du Bernabéu. Ou que le Real Madrid a le pouvoir en sélection, c’est pareil. Rubiales n’a pas eu d’autre choix que de renvoyer Lopetegui à la maison », explique Mundo Deportivo.

La décision de Rubiales suscite des réactions diverses

« Rubiales a pris la décision la plus difficile, la plus compliquée, celle qui générerait le plus de polémique, qui donnait le plus de travail et qui laissait le plus au découvert la sélection à deux jours du début du Mondial. En tant que président récemment nommé, il aurait pu trembler mais il a prouvé que ce n’est pas son genre. Il a été courageux, a fait un pas en avant. Avec des réponses impeccables, il a fermé la porte à des spéculations expliquant que sa décision n’était pas la meilleure », affirme Sport dans un article titré « Rubiales donne une leçon à Florentino ».

Une fois encore, c’est la presse généraliste qui a été la plus tranchante dans ses propos. Déjà sévère à l’égard de Lopetegui, elle a cette fois chargé contre Rubiales pour son choix. El Mundo parle de « bombe » dans son premier papier, avant d’être plus offensif dans un papier d’opinion : « le comportement de Rubiales depuis le début est une attaque de virilité après avoir été trompé. On sait tous que dans ces circonstances on ne choisit jamais avec la tête et dans le bon sens. L’orgueil l’a aveuglé et il a pris une décision qui le soulagera temporairement ("c’est moi le plus fort") mais qui va uniquement faire d’une petite fuite d’eau une inondation ».