C’est un chant entêtant, enivrant, dont vous ne pouvez plus vous défaire. Depuis quelques jours, ce chant est entonné un peu partout dans l’Hexagone, que ce soit dans les rues ou au stade. La semaine dernière, Lyon en a fait l’expérience. Que ce soit la veille du match face à l’Ukraine au détour d’une avenue ou dans un bar, puis le jour du match dans le Parc OL, vous ne pouviez échapper à cet air qui vous poursuivait inévitablement. « Will Grigg’s on fire, your defence is terrified », n’avaient ainsi de cesse de chanter les fans de l’équipe nationale d’Irlande du Nord, sur l’air du célèbre tube « Freed from desire » interprété par l’Italienne Gala en 1997.

Plus qu’un simple chant, ce « Will Grigg’s on fire » est devenu un véritable hymne, et il n’y qu’à voir la résonance que cela a pris sur la toile pour s’en convaincre. Car il existe maintenant un compte Twitter spécialement dédié au phénomène, qui compte près de 34 milliers d’abonnés à l’heure où nous écrivons ces lignes, tandis que le hashtag #WillGriggsOnFire enchaîne les mentions. Viral, le phénomène enflamme internet, et une vidéo commence à faire parler sérieusement d’elle. Des jeunes supporters y appellent ainsi les pompiers pour déclarer un incendie. La standardiste demande qui est en feu, ces derniers répondent "Will Grigg", laissant l’interlocutrice s’interroger : « Will Grigg’s on fire ? ». Ce qui déclenche le rire des petits malins, qui entament alors la folle chanson.

La folle histoire de Will Grigg

Bien malgré lui, Will Grigg s’impose donc comme l’une des stars de cet Euro, et ce alors même qu’il n’a pas disputé la moindre minute dans le tournoi ! Car, et c’est bien là le plus original dans l’histoire, l’attaquant revêt le statut de coqueluche des supporters en dépit d’un rôle nettement plus précaire au sein de la sélection. À 24 ans, le jeune homme ne compte que huit capes, pour un seul et unique petit but. Mais alors, comment expliquer pareil phénomène ? Pour comprendre, il faut revenir sur la saison écoulée. Wigan, engagé dans le championnat de League One - qui correspond au National chez nous -, a trouvé en Grigg son homme providentiel.

Avec 24 réalisations en 40 matches, le natif de Solihull a terminé meilleur buteur de League One, et permis aux Latics de terminer premiers du classement, s’assurant ainsi une montée en Championship. C’est alors qu’un supporter a posté une vidéo innocente sur son compte YouTube. Face à sa webcam, ce fan a gentiment chanté ce désormais cultissime « Will Grigg’s on fire, your defence is terrified ». Un geste anodin, mais un chant qui va devenir l’un des hymnes de cet Euro 2016, pour un joueur qui n’avait jusqu’alors pas franchement vu son nom en haut de l’affiche à l’échelle internationale. Car on ne va pas se mentir, avant le coup d’envoi de l’Euro, ils étaient peu à en connaître un rayon sur celui qui arbore le numéro 9 en équipe nationale.

Grigg pouvait pourtant espérer connaître une belle carrière plus jeune, lorsque Birmingham misait sur lui à l’âge de 7 ans. Seulement, à 15 ans, l’intéressé se cassait la jambe et, abandonné par le club, pouvait craindre le pire. Mais, à défaut de rêves de Premier League, l’apprenti buteur n’a pas lâché, et s’est accroché à ses ambitions. Alors, c’est en D3 qu’il a décidé d’exercer son métier, à Walsall, Brentford, Milton Keynes, et donc Wigan. Son plus beau coup d’éclat au niveau mondial reste pour l’heure son doublé face à Manchester United en League Cup (2014), au cours d’un improbable succès 4-0 de Milton Keynes. Mais qu’importe, si son parcours ne restera pas dans la postérité, le nom de Grigg sera lui à jamais gravé dans les mémoires de tous ceux qui ont suivi l’Euro 2016. Et c’est déjà pas mal.

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