Les mésaventures de Sebastian Coates - un nouveau but contre son camp, le deuxième en deux matches, quelques jours après avoir provoqué trois penaltys dans le même match contre Rio Ave (2-3) - et du Sporting CP font la une au Portugal ce mardi. On en oublierait presque que la victoire de Famalicão sur la pelouse des Leões ce lundi (1-2, 6e journée de Liga NOS) permet au promu de rester en tête du championnat portugais. Un exploit retentissant pour ce club du Minho, mené à la pause. C’est en effet la première fois de son histoire que cette écurie s’imposait sur la pelouse des Lisboètes en 22 déplacements ! Le dernier but inscrit par Famalicão à Alvalade datait même d’il y a 27 ans !

« Nous sommes venus ici avec un plan. Nous savons que nous sommes une équipe très forte et c’est un pas de plus sur notre chemin. Ce match a montré l’état d’esprit qu’il y a dans notre équipe », s’est réjoui l’attaquant Ruben Lameiras, auteur du premier but des siens, au micro de Sport TV. Ce début de saison des hommes de João Pedro Sousa n’est plus une surprise. « Je ne suis pas surpris. Notre travail quotidien me faire dire que nous étions prêts pour ce match difficile. Nous quittons Lisbonne en première position, nous étions d’ailleurs premiers en arrivant. Nous savons que nous n’allons pas terminer le championnat à la première place, mais nous allons travailler pour gagner tous les matches », a confié le coach, ancien adjoint de Marco Silva aujourd’hui à Everton, en conférence de presse d’après-match lundi soir. Avec cinq succès et un nul en Liga NOS depuis le début de l’exercice, Famalicão confirme.

Merci à Jorge Mendes et à l’Atlético

Et pourtant, les pensionnaires du Municipal ont connu une intersaison plutôt agitée. L’effectif a été profondément bouleversé avec une vingtaine d’arrivées et notamment trois recrues en provenance de l’Atlético de Madrid : Gustavo, fils de l’ancien joueur Paulo Assunção, Nicolas Schiapacasse et Nehuen Pérez. Le lien entre les deux formations est étroit puisque Quantum Pacific Group, groupe d’Idan Ofer, possède 32% du capital des Colchoneros et 85% de celui de Famalicão. Une sorte d’incubateur de talents pour les Madrilènes. « Nous avons envie d’expérimenter diverses choses ici, de nouvelles technologies comme peut l’être par exemple l’intelligence artificielle, que nous ne pouvions pas forcément tester à l’Atlético Madrid. Je pense que ça peut être un projet pilote pour de nombreuses choses que nous pourrions ensuite exporter en Espagne, plus tard », expliquait récemment Ofer, 394e fortune mondiale selon le dernier classement Forbes, à Record. Un homme a joué le rôle de facilitateur entre les deux parties : Jorge Mendes.

Le super-agent portugais, proche d’Ofer, a d’ailleurs été le grand artisan du marché animé du leader du championnat lusitanien. Il a placé certains de ses clients (Roderick Miranda, Guga, Diogo Gonçalves, etc.) ou profité de ses réseaux à Valence, Wolverhampton ou Braga pour attirer d’autres éléments en quête de temps de jeu et de reconnaissance. Fabio Martins, prêté par Braga, est l’un des symboles de cette équipe. Promis à un avenir doré, cet attaquant de 26 ans, formé au FC Porto, n’a jamais réellement confirmé tous les espoirs placés en lui. Il est aujourd’hui, avec 4 buts en 6 matches, l’arme fatale de sa nouvelle équipe. La mayonnaise a pris et, pour l’heure, le projet, axé sur la jeunesse (seuls deux joueurs ont plus de 30 ans dans le groupe), tient bon sur fond de discours à la Guy Roux. « L’Europe ? Nous sommes avant tout concentrés sur le maintien. Une fois cet objectif atteint, on verra », a expliqué le coach lundi soir. L’appétit vient en mangeant.