Depuis de nombreuses années déjà, le Real Madrid mène une politique de recrutement visant à s’offrir les joueurs les plus prometteurs de la planète, allant parfois jusqu’à débourser de sacrées sommes pour sécuriser leur arrivée et éviter qu’ils rejoignent d’autres concurrents européens. On connaît tous Vinicius Junior, Rodrygo Goes, Takefusa Kubo, ou même Jesus Vallejo, Marco Asensio, Dani Ceballos et Martin Odegaard, qui entraient eux aussi dans cette volonté de recruter les plus gros espoirs espagnols et mondiaux. Mais forcément, il y en a d’autres dont on parle moins, n’ayant pas réussi à se faire une place en équipe première. C’est le cas de Mink Peeters, talentueux attaquant de soutien arrivé chez les Merengues en 2014, et comparé à Guti non seulement à cause de sa similitude physique mais aussi en raison de sa qualité technique et de son aisance balle au pied à ce poste de mediapunta.

Du haut de ses 16 ans, celui qui était considéré comme l’un des tous meilleurs jeunes de l’académie de l’Ajax si ce n’est le meilleur débarquait en Espagne, plein d’étoiles dans les yeux. Du côté des Madrilènes, on était tellement convaincu du talent et de la maturité de Peeters qu’il a directement été intégré à l’effectif des Juveniles (U19) disputant l’UEFA Youth League. Pas de quoi effrayer un joueur qui était déjà un habitué des équipes internationales néerlandaises et venait de disputer l’Euro U17 avec les jeunes pousses oranje. Mais très vite, les choses ont tourné au vinaigre. Le Néerlandais, qui jouait notamment avec Borja Mayoral et Sergio Reguilon, s’est blessé à la clavicule, loupant une bonne partie de la saison 2014/2015. L’exercice suivant fut toujours aussi compliqué, notamment à cause de pépins physiques à répétitions. On pensait que la saison 2016/2017 allait enfin lui permettre de montrer l’étendue de son talent...

Retour au pays... sans succès

D’autant plus que son entraîneur n’était autre que... Guti. Il a d’ailleurs souvent porté le même numéro que son illustre entraîneur espagnol portait lors de sa carrière de joueur à Madrid, le 14. La saison décisive pour Peeters, puisqu’elle allait lui permettre, en cas de bonnes prestations, de monter au Real Madrid Castilla, la dernière étape avant l’équipe première. L’ancien milieu de terrain de la Roja n’a cependant pas particulièrement compté sur lui, l’utilisant principalement comme joker offensif. « J’ai eu quelques problèmes d’adaptation, compte tenu du niveau et de l’âge. De plus, je ne parlais pas espagnol, alors c’était parfois difficile. Heureusement, je me suis vite senti chez moi en Espagne », confiait-il a posteriori dans un entretien accordé au site de l’Ajax.

N’étant pas un joueur important chez les U19 et n’ayant pas (encore) le niveau pour rejoindre l’équipe B, il n’y avait pas d’autres choix : quitter le club. Heureusement pour lui, il conservait une belle cote au pays. Direction le VVV-Venlo donc, en première division néerlandaise. De retour au pays, il jouera la bagatelle de... 0 rencontre en Eredivisie, son entraîneur ne comptant pas sur lui. Il assiste aux rencontres de son équipe depuis les tribunes, et le Real Madrid le rappelle en janvier, pour le re-prêter, à Almere cette fois, toujours aux Pays-Bas mais à l’échelon inférieur. Là aussi, ce sera compliqué, et il ne totalisera que trois petites apparitions en sortie de banc, jouant surtout avec les U21 en D4, où il parviendra tout de même à inscrire trois buts en six apparitions. La saison dernière, c’est en Espagne qu’il a "joué", puisque le Real Madrid l’a prêté à Lleida, en troisième division. Inutile de préciser que ce séjour d’un an en Catalogne a été un échec, puisqu’il n’a joué que 14 minutes en championnat sur la saison.

De la piscine de Valdebebas avec CR7 et Pepe à la Serbie

Parti pour se relancer et se remettre les dirigeants et le staff madrilène dans la poche, ces deux années ont eu l’effet inverse, le joueur ayant vécu un vrai cauchemar. C’est donc dans l’anonymat le plus total qu’il a fait ses valises, quittant définitivement la Casa Blanca au terme de son contrat et rejoignant le FK Cukaricki en première division serbe. S’il est clairement envisageable de le voir se relancer en Europe de l’est, force est de constater que la suite de la carrière du Néerlandais devrait s’écrire loin du glamour madrilène et de la magie de l’Ajax, lui à qui on prédestinait une sacrée carrière.

« Guti croit en moi et m’a dit que j’aurai une carrière comme la sienne. C’est merveilleux », confiait-il encore en décembre 2017. Nul doute qu’il a dû regarder la belle épopée européenne de ses anciens coéquipiers amstellodamois avec nostalgie la saison dernière. Un triste destin pour celui qui était vu comme le plus gros prodige néerlandais à son époque, et qui faisait ami-ami avec les stars du Real Madrid à son arrivée en Espagne : « Cristiano Ronaldo a immédiatement commencé à me sortir toutes sortes de mots en néerlandais. Je ferais mieux de ne pas les répéter (rires). Pepe était assis à côté de lui et connaissait tous ces mots (itw accordée à ELF Voetbal ». Qui sait, peut-être que s’il n’avait jamais quitté l’Ajax, il aurait pu émerveiller le Vieux Continent aux côtés de Frenkie de Jong, Hakim Ziyech, Donny van de Beek et Matthijs de Ligt...

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