« Beaucoup d’émotions, depuis presque 10 ans maintenant. Pour le nouveau challenge, on sait que c’est un grand défi. Avec Sylvinho, ça va être un peu plus facile. C’est quelqu’un qui a pratiquement été formé en Europe. On est prêt à commencer à travailler, à connaître les joueurs. On a vraiment envie de commencer et d’aider l’OL à faire une meilleure saison que celle-là », avait déclaré Juninho le 27 mai dernier lors de l’officialisation de son retour à l’Olympique Lyonnais. Pratiquement sept mois après, le rêve du Brésilien s’est transformé en cauchemar. Les résultats comme la plupart des recrues sont décevants, le jeu pratiqué n’est pas très emballant et les relations avec une partie des supporters sont très tendues. Ce n’est pas vraiment ce qu’avait imaginé la légende auriverde pour son retour dans son club de cœur. Dimanche soir, après une nouvelle défaite face à Rennes, "Juni" est venu s’exprimer face aux médias, lui que l’on a pointé du doigt pour son étonnante discrétion pendant que le navire lyonnais tanguait.

Juninho évoque les manques de l’OL et les départs importants

Il a commencé par répondre : « On se pose des questions aussi. On analyse aussi l’équilibre de l’équipe. Est-ce qu’on a vraiment maintenant une équipe équilibrée ? Avec les départs de joueurs techniques comme Nabil (Fekir) et Tanguy (Ndombele), on s’est rendu compte finalement qu’ils nous apportaient beaucoup surtout au niveau de la sortie de balle. Un joueur comme Nabil était plus décisif que beaucoup (de joueurs) qu’on a aujourd’hui, même si on a des joueurs talentueux. C’est comme ça, on fait confiance à l’effectif que l’on a. Il ne faut pas trop le critiquer non plus. On a des joueurs de qualité, mais qui sont jeunes. Ils ont du mal à prendre le rôle de vrai leader et à prendre un peu plus de responsabilités.Ce sont plutôt des joueurs qui préfèrent profiter d’actions d’autres ou que les autres prennent l’équipe en main pour jouer à leur niveau ».

Puis il a ajouté : « Mais nous aussi on se pose des questions. On discute depuis un bon moment par rapport au marché. Mais ce n’est pas facile. On ne va pas trouver la baguette magique comme ça. Je n’étais pas là pendant un bon moment avant, mais ça fait un bon moment que l’équipe est un peu comme ça. Elle a fait de bonnes performances, d’autres moins bonnes. Mais ce qui est vraiment inquiétant c’est de faire une performance comme ça à la maison, car c’est un super stade. Même si au niveau de l’ambiance, il y a ce problème entre Marcelo et les supporters, ça joue aussi sur le vestiaire. On sent les joueurs un peu fébriles pour sortir les ballons, pour prendre le match en mains ». Juninho n’a pas caché que l’équipe lyonnaise avait de nombreux soucis, évoquant donc le mercato où Lyon a laissé filer des éléments comme Nabil Fekir (Betis) et Tanguy Ndombele (Tottenham) qui manquent beaucoup à l’écouter.

"Juni" assume ses responsabilités

Mais le directeur sportif veut rester positif et espère que Lyon terminera bien son année 2019. « On n’a pas de solution, car il y a un match mercredi (contre Toulouse en coupe de la Ligue). Il y aura un déplacement difficile ensuite à Reims. Donc si on passe à côté sur ces deux matches, on va vraiment mal terminer cette première partie de saison. Par contre, si on gagne mercredi et samedi, on terminera qualifiés en huitièmes de finale de Champions League, et peut-être qualifiés en coupe de la Ligue et mieux placés en championnat pour jouer d’une autre façon la deuxième partie de la saison. Mais bien sûr, on se pose des questions. Je suis désolé pour les supporters, mais on a besoin d’eux. On a besoin qu’ils soient derrière nous. L’idéal est de gagner à chaque fois et que les supporters rentrent à la maison contents. Je compte sur eux. Je sais qu’ils perdent patience avec tout le monde, même avec moi je m’inclus dedans ». En effet, le Brésilien ne s’est pas défilé, assumant ses responsabilités, lui qui a été souvent critiqué pour son mutisme alors que l’OL était en crise.

« Je fais partie de l’effectif, du staff. Je suis là pour prendre aussi. Simplement, il ne faut pas penser que je ne suis pas là. Cette semaine, j’ai vu pas mal de fake news sortir. Ce n’est pas bon l’injustice, de dire que je ne suis pas là. Je choisis simplement le moment où je veux parler. C’est mon droit. Je viens par respect, au moment où je pense que c’est l’idéal. Ça ne sert à rien que je passe ici souvent. Je fais mon rôle avec les joueurs dans le vestiaire. On parle de tous les sujets, j’inclus les problèmes avec les supporters. Donc, je n’ai pas peur de ça. J’ai peur d’autre chose, mais pas de ça. C’est mon métier, c’est ce que j’ai fait toute ma vie. Je n’ai pas peur de mon poste non plus. Je respecte beaucoup cette institution. Je respecte beaucoup le club. C’est ici que j’ai peut-être connu les meilleurs moments de ma carrière. Mais je vais continuer de bosser (...) Bernard Lacombe continue d’être une inspiration sur le terrain parce qu’il a réussi sur le terrain et aussi en tant que dirigeant. Pour l’instant, je n’ai réussi qu’en tant que joueur ». Il espère réussir à présent en tant que directeur sportif. Une mission plus difficile pour le moment...