Pour son entrée dans cette Ligue des Champions version 2018-2019, le Paris Saint-Germain avait fort à faire avec l’épouvantail de ce groupe : le dernier finaliste de l’épreuve reine des compétitions européennes, Liverpool. Pour cette rencontre, Thomas Tuchel décidait d’aligner Juan Bernat, nouveau venu, au poste de latéral gauche, mais surtout Di Maria au milieu tout comme Marquinhos au poste de sentinelle. Du côté de Jürgen Klopp, on décidait de se passer des services de Firmino, blessé à l’oeil, mais aussi de Naby Keita et Fabinho au milieu de terrain. Après un vibrant You’ll never walk alone, les vingt-deux joueurs entraient sur la pelouse, entendait l’hymne de la C1, avant de s’affronter sur le rectangle vert. Dans les cinq premières minutes, les Parisiens, avec un Neymar virevoltant, avaient la possession du ballon. Mais peu à peu, les Reds sortaient de leur coquille. Ainsi, sur un corner botté par James Milner, le cuir filait dans la surface avant d’arriver vers Virgil van Dijk. Le défenseur néerlandais envoyait une reprise surprenante repoussée par Areola (6e). Peu après, le portier champion du Monde s’interposait à nouveau sur une frappe de James Milner (8e).

La rencontre s’annonçait complexe pour le PSG tant les hommes de Tuchel étaient acculés sur leur but. Pour se rassurer, au quart d’heure de jeu, les Franciliens faisaient tourner le cuir. Cela amenait une occasion pour Neymar puis pour Cavani, mais Alisson était vigilant (17e). Paris commençait à maîtriser le jeu, mais allait se faire prendre. Sur un centre venu de la droite, le ballon filait de l’autre côté jusqu’à Robertson qui envoyait dans la boîte. Daniel Sturridge surgissait juste devant Thiago Silva pour ouvrir la marque de la tête (1-0, 30e). La réponse n’allait pas tarder. Sur un corner malicieux botté par Neymar, Mbappé se décalait pour frapper au point de penalty, sa tentative passait au-dessus (33e). Mais, une nouvelle fois, le PSG allait se retrouver sous l’eau. Lors d’un contre, Juan Bernat faisait faute sur Daniel Sturridge dans la surface, l’arbitre désignait le point de penalty (35e). James Milner, le spécialiste, convertissait l’offrande malgré le fait qu’Areola partait du bon côté (2-0, 36e). Il fallait réagir. Ainsi, sur un centre de Di Maria, Cavani, hors-jeu, empêchait Van Dijk de jouer correctement le cuir qui rebondissant sur Robertson et arrivait vers Meunier qui propulsait le ballon dans le but (2-1, 40e). À la pause, les locaux menaient deux buts à un dans une rencontre à très haute intensité.

Mbappé a failli sauver sa piètre performance... Mais non.

Il était donc inutile de dire qu’on attendait beaucoup mieux des joueurs de Tuchel après la pause. Mais visiblement, c’était toujours aussi compliqué. Alors que Liverpool faisait le dos rond, Mbappé continuait de refuser de faire des appels lorsque ses coéquipiers avaient le ballon. De plus, les passes arrivaient que très rarement vers les joueurs qui étaient visés. On pensait voir Mohamed Salah offrir le troisième but aux siens, mais Sturridge arrivait bien trop violemment au contact d’Alphonse Areola (57e). Les ouailles de Klopp faisaient un travail formidable, éteignant toutes ardeurs du trident parisien. Sur un autre centre venu du pied d’Alexander-Arnold, Daniel Sturridge, seul aux six mètres, manquait totalement sa reprise de la tête (61e). Honnêtement, à l’heure de jeu on ne voyait pas vraiment comment le PSG pouvait revenir dans cette rencontre.

C’est même Mohamed Salah, à nouveau lui, qui n’était pas loin, sur une remise de la tête de Virgil Van Dijk, de mettre les siens à l’abri (72e). Toutefois, l’Égyptien ne parvenait pas à trouver le cadre du gardien international français. Thomas Tuchel décidait de tenter des choses. Il fit donc rentrer Éric Choupo-Mouting et Julian Draxler en lieu et place d’Edinson Cavani et Angel Di Maria (80e). Les Parisiens changeaient donc de système de jeu et passaient en 4-4-2 avec Neymar en soutien de Choupo-Mouting et de Mbappé. Ce changement portait ses fruits. Sur une passe ratée de Mohamed Salah, Neymar récupérait, s’empalait sur un défenseur, mais le cuir parvenait jusqu’à Mbappé. Le buteur français ne s’empêchait pas de frapper au but et d’égaliser (2-2, 43e). Alexander-Arnold sur un coup franc contré trouvait l’équerre d’Alphonse Areola (87e). Mais le PSG subissait trop et allait encore une fois perdre la tête. Sur une perte de balle stupide de Mbappé à trente mètres de ses buts, Firmino récupérait le cuir d’une passe de Van Dijk, dribblait Rabiot et Marquinhos avant de frapper croisé et de trompait Areola (3-2, 90e +2). Au bout du bout et au terme d’une rencontre absolument folle, c’est Liverpool qui s’impose lors de cette première journée.

Revivez le film du match sur notre live commenté.

- L’homme du match : Milner (7,5) : tout comme Henderson, il s’est imposé physiquement au milieu, mais aussi devant, par un centre pour Van Dijk (6e) et une frappe de 25 mètres détournés en corner par Aréola (8e). À la 36e minute, il a été décisif en transformant le penalty obtenu par Wijnaldum. La deuxième période a été dans la continuité de la première, même s’il n’a pas pu éviter l’égalisation (83e). Mais cela n’enlève pas sa très belle et solide prestation du soir.

- Liverpool :

- Alisson (5) : le gardien brésilien a passé une première période relativement tranquille, si ce n’est un double arrêt effectué à la 17e devant Neymar et Cavani, et un tir de Di Maria capté sans problème (24e). À cinq minutes de la mi-temps, il est surpris par la reprise à bout portant de Meunier (40e). Il s’est fait à nouveau battre sur la seule véritable occasion parisienne (83e), alors qu’il n’avait pas été mis en danger jusque-là.

- Alexander-Arnold (6,5) : très actif offensivement, le jeune latéral de 19 ans a apporté le danger dans la défense parisienne pendant les 45 premières minutes, par ses centres (4e, 44e) et ses incursions. Il est aussi à l’origine du premier but anglais (30e). Il a été toujours aussi remuant au retour des vestiaires, multipliant les débordements et les centres (61e). Il a touché le poteau sur coup franc en fin de match (87e). Une bonne performance pour lui.

- Gomez (6) : il n’a pas vraiment été inquiété par l’attaque parisienne ce soir, malgré une relance parfois hasardeuse (20e). Il n’a dû effectuer qu’une seule intervention défensive en première période (17e). Il a aussi placé une tête, qui a fini hors cadre (15e). La deuxième mi-temps a été plutôt calme pour lui, jusqu’à l’égalisation de Mbappé (83e). Il a été à l’origine du but victorieux de Firmino en toute fin de rencontre (90+2e).

- Van Dijk (6) : il s’est distingué dès le début de match en plaçant une reprise détournée par Aréola (6e). Pas vraiment inquiété défensivement, il a tout de même été devancé par Cavani (17e) et Mbappé (27e). Il n’a pas été inquiété en seconde période, jusqu’à l’égalisation de Mbappé (83e). La fin de match a été plus compliquée, avec plus d’espaces. Mais il a bien servi Firmino sur le but victorieux (90+2e).

- Robertson (6) : placé sur la gauche de la défense des Reds, il a bien contenu les assauts de Mbappé et Meunier durant le premier acte. Il a été l’auteur du centre décisif pour Sturridge sur l’ouverture du score (30e). Mais il a aussi été impliqué dans la réduction du score du PSG, qui a laissé le ballon s’échapper vers Meunier (40e). Alors que Mbappé s’est amusé avec lui (54e), il s’est vite repris à l’image de son retour canon à la 64e. Il a gagné quasiment tous ses duels face au Français durant ce match. Après l’égalisation, il est de nouveau reparti à l’attaque (89e). Une bonne copie rendue malgré une erreur.

- Henderson (6,5) : associé à Milner et Wijnaldum au milieu, le capitaine liverpuldien a imprimé son rythme lors de la première période. Il a imposé à ses adversaires son physique dans l’entrejeu, notamment face à Neymar (10e). À son retour sur la pelouse, son jeu n’a pas baissé en intensité et il a continué à marquer sa domination sur Rabiot et Di Maria. Il a su montrer l’exemple à ses coéquipiers.

- Milner (7,5) : voir ci-dessus.

- Wijnaldum (6) : préféré à Keïta, il a fait le boulot au milieu de terrain ce soir. Sur l’ouverture du score, il est à l’origine de l’action malgré une position litigieuse. C’est lui qui a provoqué le penalty du break, inscrit par Milner (36e). À la 57e, sa frappe est repoussée par Aréola sur Salah, mais le but est refusé. Moins en vue que ses partenaires Milner et Henderson, il a tout de même fait un bon match en étant à l’origine des bons coups des Reds.

- Salah (6) : ce soir, l’Égyptien a fait beaucoup de mal à la défense du PSG, notamment grâce à son physique et ses accélérations (32e, 38e). Il a marqué à la 57e, mais son but a été refusé à cause d’une faute de Sturridge sur Aréola. Il a encore tenté sa chance à la 72e, mais sa frappe est passée à côté des buts parisiens. Sur l’égalisation de Mbappé, c’est lui qui a perdu le ballon au départ de l’action. Il est remplacé par Xherdan Shaqiri (86e). Le Suisse a réussi a gagné le corner amenant le but victorieux de Firmino (90+2e).

- Mané (6,5) : le Sénégalais a, comme à son habitude, multiplié les accélérations sur le côté gauche de l’attaque anglaise. Il s’est essayé deux fois à la frappe (10e, 26e), dont une dévissée après avoir enrhumé Neymar. La deuxième période a été du même acabit, bien qu’il n’ait pas été décisif, malgré sa tentative qui frôle poteau (82e). Mais même s’il n’a pas marqué, il a pesé sur la défense du champion de France. Il est remplacé par Fabinho à la 90+3e, qui n’a joué que quelques secondes.

- Sturridge (6) : titularisé en pointe suite à l’absence de Roberto Firmino, blessé à l’œil, il n’a pas été dans le tempo et a semblé manquer d’automatismes avec Salah et Mané. Mais à la demi-heure de jeu, il a ouvert le score de la tête, sur un bon centre de Robertson (30e). En seconde période, il a commis une grosse faute sur Aréola ce qui a annulé le but de Salah (57e). Après une tête loupée (61e), il est remplacé par Roberto Firmino (72e). Le Brésilien a marqué le but de la victoire sur une frappe croisée, dans le temps additionnel (90+2e).

- PSG :

- Areola (5,5) : il est très malheureux sur la première période. Il encaisse deux buts. Un à bout portant (30e) et le deuxième sur un penalty extrêmement bien tiré par Milner (36e). Sinon, il avait fait deux beaux arrêts sur une reprise de Van Dijk (6e) et une frappe de Milner (8e). Auteur d’une seconde période courageuse, il ne voit pas le départ de la frappe de Firmino dans le temps additionnel (90e+2).

- Meunier (4,5) : c’est compliqué d’évaluer sa première période. Défensivement, il a été complètement hors sujet. Notamment, il ne monte pas sur Robertson sur le but de la tête de Sturridge (30e). Offensivement, il a eu beaucoup de mal aussi, mais il a le mérite de remettre son équipe à l’endroit d’un beau geste d’attaquant (40e). Toujours aussi fébrile au fur et à mesure que la rencontre avançait.

- Thiago Silva (6,5) : il est en retard sur Sturridge sur l’ouverture du score de Liverpool (30e). Quel dommage ! Le capitaine parisien avait réussi une prestation de haut vol, tranchant dans les duels, très bon dans la lecture du jeu, il était le capitaine lorsque le bateau tanguait. Il ne peut pas grand-chose sur le penalty obtenu par Sturrdige (35e). Il a été absolument énorme ce soir.

- Kimpembe (6) : étonnamment, on l’a un peu moins vu que son compère de l’axe central. Sa première mi-temps n’est pas moins bonne, mais il a peut-être été moins tranchant et surtout, il a dû combler tous les trous laissés par son latéral gauche, Juan Bernat. Au niveau ce soir, il n’est pas impliqué sur les buts encaissés par son équipe.

- Bernat (2,5) : quelle dure première période pour le latéral gauche espagnol. Sans cesse pris par Mohamed Salah, il met beaucoup trop longtemps pour venir sur Alexander-Arnold qui va déboucher à l’ouverture du score (30e). Il fait une faute absolument stupide sur Sturridge qui cause un penalty (35e) et le second but des Reds (36e). On se demande encore où il est sur le but de Firmino (90e +2).

- Marquinhos (5) : dans un premier temps, dans un rôle qu’il découvre, il a eu beaucoup de mal comme tous ses coéquipiers. Puis il a haussé son niveau. Dans une formation un peu coupée en deux, il a eu du mérite d’essayer de mettre du liant tout en restant extrêmement discret. Un peu mieux en deuxième période, il a quand même souffert dans les dix dernières minutes.

- Rabiot (2) : on eut beaucoup de mal à retrouver l’Adrien Rabiot des grands soirs. On aurait dit qu’il était un brin perdu et refusait de venir jouer les milieux créateurs. Il a aussi souffert quand les Reds attaquaient. C’est comme s’il n’arrivait pas à suivre la cadence imposée par ses adversaires. Il a fait un nombre d’erreurs techniques absolument incroyable. Auteur d’un excellent retour sur Mané.

- Di Maria (3,5) : l’Argentin jouait au milieu de terrain axe gauche. Il a été relativement discret tant sur le plan offensif que sur le plan défensif. Il a le mérite d’envoyer un centre très dangereux que les défenseurs de Liverpool ne parviennent pas à dégager et qui amène le but de Thomas Meunier (40e). Absolument inutile et inefficace en seconde période. Remplacé par Eric Choupo-Mouting (80e) qu’on n’a pas vraiment vu.

- Neymar (4) : on a retrouvé le Neymar qu’on connaît : virevoltant, mais aussi très individualiste. S’il a été très bon dans ses dribbles pendant le premier quart d’heure, il a eu beaucoup de mal à combiner avec ses coéquipiers que ce soit par déficit technique ou encore par excès de zèle. C’est lui qui amène le but de Mbappé avec une récupération haute et une belle pénétration (83e). Sa manière de se replacer, ou plutôt ne pas le faire, en marchant était surprenant.

- Mbappé (3,5) : ce qu’il a réussi en première période ? Pas grand-chose. Il va vite, ça, c’est sur, mais il a eu beaucoup de mal à ne pas confondre vitesse et précipitation. Ses passes arrivaient que trop rarement vers ses coéquipiers et il a eu aussi beaucoup de mal à se démarquer. En deuxième période, il a refusé de se replacer, mais aussi de faire des appels. Malgré cela, c’est lui qui marque l’égalisation sur un geste de buteur (83e). C’est lui qui perd la balle sur le but de Firmino en voulant dribbler assez bêtement à 30 mètres de ses buts.

- Cavani (2) : il a été absolument fantomatique en première période. Une frappe trop molle bien captée par Alisson (17e). Le seul rôle correct qu’il a pu jouer (et encore l’arbitre de touche n’avait pas les yeux bien ouverts) c’est d’empêcher Van Dijk de jouer le ballon sur un bon centre de Di Maria, conclu par le but de Meunier après un rebond sur Robertson (40e). Il a gagné trop peu de duels en seconde période pour espérer quoi que ce soit. Remplacé par Julian Draxler (80e). L’Allemand n’était pas loin de marquer le troisième but des Français, mais butait sur Van Dijk (87e), son entrée a changé les choses.