Mercato OL : une gestion des jeunes qui pose question

Vendredi, l'OL a annoncé le transfert de Melvin Bard du côté de l'OGC Nice. Un départ qui ne passe pas du tout auprès d'une partie des supporters et qui pose aussi question quant à la politique en matière de jeunes.

L'OL a laissé filer quelques jeunes
L'OL a laissé filer quelques jeunes ©Maxppp

Une mauvaise surprise. Vendredi, à 18h15, l'Olympique Lyonnais a publié un communiqué de presse où il annonçait avoir trouvé un accord de principe pour le transfert de Melvin Bard à l'OGC Nice. Une opération qui sera validée une fois que le latéral gauche, actuellement dans l'équipe de France Olympique, aura passé sa visite médicale. Sur les réseaux sociaux, Twitter en tête, cette annonce a fait vivement réagir. Plus de 1600 commentaires ont été postés sous le tweet de l'OL. Et la plupart étaient négatifs.

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Rudi Garcia, ancien entraîneur de l'OL, a été pointé du doigt, lui qui a très peu utilisé le joueur de 20 ans formé au club et qui a préféré titulariser Maxwel Cornet, qui n'était pas spécialiste du poste, ou Mattia De Sciglio. Juninho aussi en a pris pour son grade. Une partie des fans n'a pas compris pourquoi Bard était vendu à Nice, un an seulement après le départ d'Amine Gouiri, qui a explosé chez les Aiglons. Visiblement, Peter Bosz n'a pas été vraiment décisionnaire. «Je ne peux pas dire grand chose que sur le départ de Melvin Bard car je n’ai travaillé avec lui que deux jours. J’espère qu’il réussira à Nice», a avoué le coach.

Le départ de Bard ne passe pas auprès de certains supporters

Pour quelles raisons a-t-il été cédé alors ? Tout d'abord, Lyon a grand besoin de vendre cet été. Et le club possédait 4 latéraux gauche. En plus de Bard, Henrique, Youssouf Koné, qui ne veut pas partir, et Maxwel Cornet, qui a un bon de sortie, étaient en concurrence. Et c'est donc le natif d'Ecully qui a été le premier sacrifié pour «un montant de 3M€, auquel pourra s’ajouter des incentives pour un montant maximum de 2M€ et 20% sur une éventuelle plus-value future». L'OL avait déjà fait la même chose l'an dernier pour Gouiri, vendu pour 7 M€ avec 15 % sur la plus-value d'un éventuel futur transfert. Pour renflouer les caisses et dégraisser, Lyon a donc vendu Bard.

Pourtant, ce dernier, qui a toujours clamé son amour pour le club, n'était pas dans l'optique de partir cette saison nous-a-t-on fait savoir. Déjà approché l'an dernier par des écuries, il avait fermé la porte, souhaitant s'imposer dans son club formateur. Mais avec Garcia, il n'a pas eu vraiment sa chance. Toutes ces raisons expliquent donc l'agacement d'une partie des supporters qui voient un jeune formé au club s'en aller et être encore vendu à Nice, même s'il sera doublure d'Hassane Kamara au départ. Cette vente, symbolique, tranche aussi avec le discours du club, qui vante sans arrêt la qualité de son centre de formation et de ses jeunes talents.

Une Académie qui forme des talents dont beaucoup partent

Interrogé par nos soins il y a quelques mois, Jean-François Vulliez, le directeur du centre de formation lyonnais, nous avait confié : «il faut que le jeune aime porter le maillot de l'OL. Ce dont on s'aperçoit, c'est que les joueurs qui sont arrivés jeunes à l'OL, au sein de l'école de foot, à la pré-formation ou ceux qui font des tournois avec nous, ont vraiment le coeur lyonnais. Ils ont envie de porter ce maillot au Groupama Stadium. Ils aiment ce club car c'est celui où ils ont grandi pour la plupart». Un portrait qui collait parfaitement à Melvin Bard, qui a multiplié les déclarations d'amour pour l'OL.

Vulliez avait aussi regretté à l'époque. «notre mission est de former des jeunes à un métier de footballeur professionnel. On sait qu'il y en a très peu qui réussiront. On souhaite qu'ils soient formés à ce métier dans notre club et qu'ils jouent à l'Olympique Lyonnais. Après il y a un certain nombre qui ne peuvent pas et qui seront orientés vers d'autres club (...) II faut être honnête, parfois, nous pouvons avoir un sentiment de frustration. Il ne faut pas regretter, car à un moment donné, chacun fait son chemin. Quand ils sortent ailleurs, on se dit que finalement on a plutôt bien travaillé et qu'ils représentent l'OL dans un autre club».

L'OL n'apprend pas de ses leçons

Ce que fait par exemple Amine Gouiri (Nice), dont la valeur est estimée à 30 millions d'euros par transfermarkt. «Son départ n'a pas servi de leçon à l'OL. C'est pour ça que les réactions sont vives après le départ de Melvin Bard», nous explique un proche du club. Parti aussi l'an dernier à Milan, Pierre Kalulu avait refusé de signer un contrat pro. Un départ qui a fait du mal, notamment en terme d'image, à Lyon. Malgré son attachement à l'OL, le défenseur, qui a aussi suivi l'expérience de ses frères avant lui, a opté pour Milan comme il l'avait expliqué à Eurosport.

«L'AC Milan tenait beaucoup à moi. C'était une opportunité unique. Personne ne peut prédire ce qu'il se serait passé si j'étais resté à Lyon. Peut-être que tout se serait bien passé, peut-être pas. Milan, c'était aussi un saut dans l'inconnu. Il y avait forcément des appréhensions. Mais il y avait aussi un véritable intérêt et un vrai projet derrière. Voilà pourquoi j'ai penché pour l'Italie». Idem un peu plus tôt pour Willem Geubbels, qui avait préféré rejoindre Monaco plutôt que de dire oui à Lyon, qui s'était plié en quatre pour lui offrir un contrat pro. Il avait été toutefois vendu 20 M€. Comme partout ailleurs donc, il y a beaucoup de candidats et peu d'élus. Un voire deux joueurs par cru percent. Depuis Houssem Aouar (98), seul Caqueret est vraiment entré dans le onze.

Peter Bosz, le nouvel espoir des jeunes

De la même génération (2000), Kalulu, Gouiri et Bard sont partis. Pour les 2003, Rayan Cherki est dans le groupe depuis l'arrivée de Garcia. Il a été rejoint par Florent Da Silva et Malo Gusto. Kayne Bonnevie, Castello Lukeba, Titouan Thomas, Mohamed El Arouch, Habib Keita, Sekou Lega, Samuel Bossiwa, Eli Wissa et Bradley Barcola ont rejoint le groupe pro durant la pré-saison. Certains ont été conviés au stage à Murcie. Et plusieurs ont fait bonne impression à Peter Bosz. Un entraîneur qui est synonyme d'espoir pour de nombreux talents. Dès son arrivée, le coach néerlandais a été clair puisqu'il a dit qu'il donnerait sa chance aux jeunes et il a tenu parole. Après le premier amical, il avait fait un point sur le sujet.

«Depuis le début, j'ai fait monter neuf jeunes de l'équipe réserve. À Lyon, l'Académie est très importante. J'aime travailler avec les jeunes, car on a beaucoup à progresser avec eux. Depuis que je suis là, je sens qu'ils ont envie d'apprendre des choses, de voir un autre style. Il y a beaucoup de travail, mais ça fait plaisir...» Des éléments qui peuvent être rassurés car plusieurs se posent des questions ces dernières saisons. Contacté par nos soins, l'un d'entre eux nous a avoué avoir été inquiet du traitement réservé à certains comme Gouiri et que cela jouait dans sa projection à plus ou moins long terme à Lyon. La venue de Peter Bosz redistribue les cartes et offre de nouvelles perspectives à des jeunes qui veulent réussir à l'OL.

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