LFP : les deux issues au bourbier Mediapro

Face aux difficultés liées au défaut de paiement de Mediapro, la Ligue de Football Professionnel cherche des solutions. Deux options se dégagent.

Vincent Labrune lors de la rencontre entre le PSG et l'OM
Vincent Labrune lors de la rencontre entre le PSG et l'OM ©Maxppp
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«Mediapro s'est suicidé». Cette petite confidence d'un président d'un grand club de Ligue 1 à RTL est lourde de sens. Incapable de payer son deuxième versement dû au titre des droits TV pour la saison 2020/21, le groupe espagnol s'est placé sous la protection du tribunal de commerce de Nanterre dans le cadre d'une procédure de mandat ad hoc, jouant la montre en espérant, comme l'affirmait son patron Jaume Roures récemment dans L'Équipe, obtenir une réduction sur le prix négocié en 2018 avec la Ligue de Football Professionnel.

Évidemment, pour l'instance dirigeante du football professionnel français, il est hors de question d'envisager un tel scénario. Deux solutions semblent se dégager. La première consiste à attendre que Mediapro rentre dans le rang et reprenne, de son propre fait ou sur décision judiciaire, l'échéancier prévu initialement. La LFP a d'ailleurs annoncé aux clubs, via un courrier signé de son nouveau directeur général Arnaud Rouger, avoir activé «la garantie donnée par la maison mère du groupe Mediapro», qui concernait le paiement de l'exercice 2020/21. Vu la situation économique de l'entreprise sino-espagnole, rien n'est moins sûr...

Nouvel appel d'offres en vue

C'est dans cette optique que le conseil d'administration de la LFP a décidé de contracter un prêt de 120 M€, qui devra être définitivement validé lundi. RTL assure que quatre établissements bancaires sont déjà disposés à répondre à cette demande, à un taux d'intérêt de 4%. Prévoyante, la LFP imagine déjà un défaut de paiement de Mediapro en décembre, pour sa prochaine échéance, et prévoit un autre emprunt de 150 M€, explique L'Équipe dans ses colonnes... La deuxième option impliquerait un nouvel appel d'offres par de nouveaux opérateurs. Il faudrait pour cela dénoncer le contrat signé avec Mediapro après trente jours de retard de paiement.

Des diffuseurs potentiels interviendraient alors. On pense par exemple aux historiques Canal + ou beIN Sports, voire aux GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) comme l'explique RTL. Seul hic : le tarif risquerait de baisser fortement au regard de la situation de crise dans ce dossier mais également du contexte économique général lié à la pandémie de Covid-19. Pierre Maes, spécialiste des droits TV, imagine ce scénario se dessiner dans un entretien accordé au Progrès. «Tout porte donc à croire qu'il y aura un nouvel appel d'offres avec les anciennes chaînes. Mais attention, dans ce business, on peut toujours voir un nouvel aventurier venir mettre des sommes dingues, comme l'a fait Mediapro à l'époque», a-t-il conclu. L'affaire est très loin d'être terminée...

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