Lucas Mendes : «l'OM, ça me manque même un peu...»

À l'été 2012, l'Olympique de Marseille réalisait un joli coup en allant chercher Lucas Mendes à Coritiba. Le défenseur central brésilien, qui, en un peu plus de deux saisons, a laissé un excellent souvenir du côté de l'Orange Vélodrome, évolue au Qatar depuis près de 7 ans. Aujourd'hui à Al-Wakrah, l'Auriverde de 30 ans s'est confié sur son actualité, sa vie dans le Golfe, son passage à l'OM et ses souvenirs de Ligue 1. Entretien.

Lucas Mendes ici sous le maillot de l'OM en 2012
Lucas Mendes ici sous le maillot de l'OM en 2012 ©Maxppp

Foot Mercato : Lucas, tout d'abord, comment allez-vous suite à cette pause forcée liée à la pandémie de Covid-19 ?

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Lucas Mendes : tout revient peu à peu à la normale, dans la mesure des règles de sécurité. Nous passons des tests tous les 4-5 jours pour être sûrs que personne n'a contracté le coronavirus dans le groupe et ne présente un danger pour les autres joueurs. Je crois que le Qatar a plutôt bien contrôlé les choses, même s'il faut, évidemment, continuer à faire attention.

FM : comment s'est passé le confinement au Qatar ?

LM : le confinement s'est passé comme dans les autres pays globalement, je pense. On restait à la maison et on ne sortait que pour les produits de première nécessité: l'alimentaire, les médicaments. Puis les choses sont rentrées doucement dans l'ordre. Tout est pratiquement ouvert désormais, il n'y a plus que quelques restrictions.

FM : vous êtes arrivé au Qatar à l'été 2014. Tout se passe bien pour vous là-bas. Le style de vie vous convient-il ?

LM : je suis arrivé en 2014. Tout s'était passé très vite. J'entre dans ma 7e année ici. Je suis bien ici, ma famille aime être ici. Je suis très bien adapté. Je connais presque tout. Je suis très heureux ici.

FM : vous en êtes à votre quatrième club. Après El Jaish, Al Duhail et Al Gharafa, vous jouez désormais pour Al Wakrah. Comment se déroule cette expérience ?

LM : j'ai connu trois grands clubs c'est vrai. Aujourd'hui, je suis à Al Wakrah, un club un peu moins huppé, mais qui possède une organisation solide. C'est une écurie qui cherche à progresser, année après année, étape après étape. C'est une nouvelle expérience. Je suis heureux ici. J'espère que l'on pourra bien terminer et nos cinq derniers matches pour marquer le plus de points possible et gagner des places au classement (7e après 17 journées).

FM : avec votre expérience, votre capacité d'adaptation, vos qualités, la possibilité de représenter la sélection du Qatar s'est-elle présentée ? Auriez-vous dit oui ?

LM : je suis très bien adapté, mais je n'ai jamais été approché. Évidemment, si on me proposait de disputer le Mondial avec le Qatar, je serais très heureux et honoré, et j'accepterais, logiquement. Mais je pense d'abord à mon club, à être performant. Si c'est le cas, les choses viendront naturellement. Mais si on me le proposait, j'en serais très heureux.

FM : sentez-vous le pays prêt à accueillir le prochain Mondial en 2022 ?

LM : oui, le Qatar se prépare très bien pour recevoir cette Coupe du Monde. Ils sont bien avancés sur la construction des stades, je dirais 60%. Cela devrait aller vite. Il y a beaucoup de changements dans les villes. Tout se prépare bien. Ils font tout pour que ce soit l'une des meilleures Coupes du Monde de ces dernières années.

FM : avec le Brésil comme grandissime favori ?

LM : le Brésil est toujours favori, vu son palmarès. Il y a aussi d'autres sélections, comme la France tenante du titre, la Belgique qui compte de grands joueurs et l'Angleterre et ses jeunes talents. Mais je crois que le Brésil a de grandes chances de remporter le Mondial 2022 au Qatar.

Joey Barton, Zlatan Ibrahimovic et ses souvenirs de l'OM

FM : la France aussi sera là, pour défendre son titre. Un pays et un football que vous connaissez très bien. Quels souvenirs gardez-vous de votre passage ici, à Marseille ?

LM : je garde les meilleurs souvenirs de Marseille. C'était ma première expérience hors du Brésil, dans un grand club, avec des grands supporters. Je n'en garde que des bons souvenirs. J'ai pu y jouer la Champions' League, l'Europa League, de jouer contre de très grands joueurs. Ça a été une très belle expérience. Ça me manque même un peu, le stade, le public du Vélodrome, de l'OM. J'ai toujours ça en tête.

FM : il y a eu deux moments bien différents pour vous à Marseille. La première saison, presque parfaite avec la 2e place en Ligue et une qualification en Ligue des Champions et la deuxième, plus difficile, avec une campagne compliquée en Champions, deux entraîneurs (Élie Baup et José Anigo) et une sixième place en championnat. Que vous reste-t-il de ces deux saisons ?

LM : nous avons réalisé une belle première saison, en Ligue 1 et en Ligue Europa. On avait bien commencé la première année, mais la Ligue des Champions est arrivée. Un groupe très difficile, des adversaires très forts. On a perdu tous nos matches. Cela nous a fait mal. On n'a pas bien joué ensuite en Ligue 1, ça nous a déstabilisés. Il y a eu un changement d'entraîneur. Nous avons terminé 6e. Globalement, je dirais que mon passage a été positif, principalement ma première saison, au cours de laquelle on avait terminé parmi les meilleures défenses.

FM : avez-vous une anecdote spéciale avec un joueur, un supporter ou autre durant vos deux années là-bas. On dit par exemple que Joey Barton est un sacré personnage...

LM : avec Joey Barton, on est arrivé pratiquement ensemble à l'OM. C'est un gars spécial. Tout le monde parlait de lui, mais en France, il n'a quasiment eu aucun problème. C'était un mec super dans le groupe. Il s'entraînait plus que les autres parfois. Un mec exceptionnel. Je citerai aussi Valbuena et Gignac, qui étaient un peu les stars à l'époque à l'OM. Tous de grands joueurs.

FM : y a-t-il un joueur de Ligue 1 qui vous a impressionné pendant votre passage ?

LM : je dirais Zlatan Ibrahimovic. Il n'y a même pas discussion. La qualité du joueur. C'est un crack. C'est celui qui m'a énormément impressionné. C'est le joueur le plus fort que j'ai eu à marquer.

FM : êtes-vous encore en contact avec des joueurs que vous avez côtoyés à l'OM ?

LM : je ne suis pas beaucoup en contact. On se suit sur les réseaux sociaux. Je suis les résultats régulièrement. Il y a des joueurs avec qui j'ai joué qui y sont encore : le gardien Steve Mandanda, Payet et Florian Thauvin aussi. Je les suis toujours.

FM : votre départ de Marseille a été quelque peu étrange, après le premier match de la saison. Les supporters voulaient que vous restiez. La direction et Marcelo Bielsa, eux, ne semblaient pas compter sur vous. Que s'est-il vraiment passé ?

LM : mon départ s'est fait très rapidement. On était en préparation. J'ai fait toute la pré-saison avec Marcelo Bielsa. Pour le premier match, j'ai démarré sur le banc. L'offre d'El Jaish est arrivée. Le club avait besoin de me vendre. La direction avait besoin d'argent pour honorer les engagements du club. La proposition était bonne pour eux. Elle était avantageuse pour moi aussi. Le transfert s'est donc fait. Plus tard, je crois que Marcelo Bielsa a dit qu'il ne voulait pas que je sois vendu. Cela a créé des tensions au sein du club. Mais c'est le football, ça arrive... Cette négociation avait été super rapide.

FM : après tant d'années au Qatar, pensez-vous rester un peu plus longtemps ou tenter une nouvelle aventure en Europe ou au Brésil ?

LM : je crois qu'on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Ce que je peux dire, c'est que je suis heureux ici au Qatar, je suis là depuis 6-7 ans. Je suis habitué. Je veux toujours donner mon meilleur pour mon club, que ce soit en Europe, au Brésil ou ailleurs. Aujourd'hui, je suis là, alors je donne mon maximum ici et on verra bien ce qui se passe.

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