Primera Division

Comment Boca Juniors est devenu l’un des clubs les plus rentables en 2024

L’annonce du départ de Cristian Medina du Boca Juniors, l’un des grands espoirs du football argentin, a suscité de nombreuses réactions en Argentine. Ce transfert marque toutefois l’apogée d’une année record en termes de transferts pour son désormais ex-club.

Par Raphaël Raffray
4 min.
Medina et Blondel sous les couleurs du Boca Juniors. @Maxppp

C’est une annonce qui a eu l’effet d’une bombe en Argentine. Ce samedi 27 décembre, Cristian Medina, l’un des grands espoirs du football argentin et présent aux Jeux Olympiques de Paris cet été, a choisi de quitter Boca Juniors pour rejoindre une autre formation argentine. « L’histoire mouvementée du milieu de terrain de 22 ans a pris un tournant inattendu fin 2024 : le groupe dirigé par Foster Gillett, un homme d’affaires qui a récemment signé un accord pour s’engager avec Estudiantes, a décidé de payer la clause de résiliation de 15 millions de dollars, plus quelques impôts supplémentaires. Il rejoindra alors probablement une équipe européenne dans les prochains mois », explique la chaîne de télévision TyC Sports.

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Le joueur, un temps ciblé par des clubs européens tels que l’Olympique Lyonnais ou Fenerbahçe, a finalement opté pour rester dans le championnat local. Ce transfert, loin d’être anodin, s’ajoute à une série de mouvements majeurs réalisés par le club en 2024. Le quotidien sportif argentin Olé note ainsi que, « au-delà de la colère suscitée par la manière dont le départ du milieu de terrain de 22 ans s’est déroulé, la réalité est que le club a, une fois de plus, renforcé ses finances et clôturé une année spectaculaire. »

Une année record 

L’année du Boca a débuté avec le transfert de Valentín Barco à Brighton pour environ 10 millions de dollars. En août, les Bosteros ont ensuite conclu la vente d’Aaron Anselmino à Chelsea pour 18 millions de dollars, avant que Ezequiel Fernandez, lui aussi sur les tablettes de grands d’Europe, ne quitte le club vers Al-Qadisiya en Arabie saoudite pour 15 à 20 millions de dollars. La dernière grosse vente du club a été celle de Luca Langoni, un joueur qui a remporté la Primera División en 2022. Il a rejoint le New England Revolution en MLS pour une somme avoisinant les 7 millions de dollars.

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« C’est ainsi que Boca a clôturé une année 2024 peinte en vert et or (couleurs des billets, NDLR) : 70,5 millions de dollars reçus pour seulement cinq joueurs issus du centre de formation », commente finalement le magazine El Grafico. Le journal Olé avance même le chiffre de 103 millions de dollars, en cumulant l’ensemble des ventes de l’année. Alors que Transfermarkt annonce un total de dépenses de 12,64 millions, la plus-value est louable. Ces performances illustrent bien la stratégie du Boca Juniors, et plus généralement des clubs argentins, qui mise sur son centre de formation pour développer puis valoriser des talents. Des joueurs comme Carlos Tévez, Juan Román Riquelme ou encore Fernando Gago sont, par exemple, passés par la formation Xeneize. « Le centre de formation de Boca possède tout ce dont les jeunes joueurs talentueux ont besoin, explique Christian Giménez, ancien joueur de Boca, de l’Olympique de Marseille et du FC Bâle, dans une interview à la FIFA. Ce n’est pas un hasard si beaucoup d’entre eux font de belles carrières. » 

Une stratégie continentale bien rodée

Mais au-delà du Boca, c’est bien un continent entier qui s’est prêté au jeu. En Amérique du Sud, la formation de jeunes footballeurs constitue une stratégie clé pour les clubs, souvent confrontés à des défis économiques. Ces institutions investissent dans des académies pour détecter et développer des talents prometteurs, dans l’objectif de les revendre à des équipes européennes. Cette approche génère des revenus importants, généralement grâce à des clauses de transfert élevées, et assure la pérennité financière des clubs tout en renforçant leur réputation à l’échelle internationale. Des joueurs comme Enzo Fernández ou Julián Álvarez illustrent parfaitement cette dynamique, ayant permis à leurs clubs formateurs de réaliser des bénéfices importants.

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Selon une étude du Centre International d’Étude du Sport (CIES), les recettes générées par le transfert de joueurs formés par les clubs atteignent des chiffres impressionnants. Les Brésiliens de Flamengo ont ainsi engrangé plus de 228 millions d’euros sur cette période, les Argentins de River Plate, 223 millions et les Uruguayens du CA Peñarol, presque 70 millions. Quant au Boca Juniors, ce sont plus de 108 millions d’euros qui sont rentrés dans les caisses du club grâce à la vente de joueurs formés au club sur cette période. Toujours selon le CIES, le club figure même à la 5e place des meilleurs clubs formateurs au monde. De quoi continuer sur cette belle lancée. 

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