France - Croatie : les notes du match

Pour son deuxième match de Ligue des Nations, la France a dû s'employer pour venir à bout de la Croatie (4-2). Et ça n'a pas été très brillant malgré le score.

Antoine Griezmann face à Marcelo Brozovic
Antoine Griezmann face à Marcelo Brozovic ©Maxppp
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Vainqueur de la Suède sur le plus petit des scores il y a trois jours (1-0), l’équipe de France voulait confirmer sa bonne entrée en Ligue des Nations à domicile, contre la Croatie. Et pour le remake de la finale de la dernière Coupe du Monde, Didier Deschamps a choisi de modifier le onze de Solna. En défense, Lucas Hernandez a remplacé Presnel Kimpembe. Sur les côtés du 3-5-2, Ferland Mendy et Moussa Sissoko ont été installés, tandis que Kylian Mbappé (covid-19) et Olivier Giroud ont cédé leur place à Anthony Martial et Wissan Ben Yedder en attaque.

De son côté, la Croatie, qui a pris une raclée au Portugal (1-4), a affiché un tout autre visage au Stade de France. Immédiatement, les partenaires d’Ivan Perisic se sont montrés bien décidés à aller presser haut. Dès la deuxième minute, le joueur appartenant à l’Inter alertait d’ailleurs Hugo Lloris d’une frappe lointaine plein axe. En face, les champions du monde affichaient beaucoup de difficultés à sortir proprement le ballon. Sans parler d’une défense fébrile, notamment avec un Dayot Upamecano multipliant les erreurs pour sa deuxième cape. Trop de pertes de balle, trop de déchets techniques dans les relances et donc des attaquants quasiment pas servis.

Une mauvaise entame de rencontre qui s’est logiquement confirmée par l’ouverture du score croate. Sur un corner, Dejan Lovren s’est permis de crocheter facilement Lucas Hernandez avant de fusiller Lloris d’un tir croisé imparable (0-1, 16e). Mérité pour les vice-champions du monde. Sans rien à se mettre sous la dent, le trio Griezmann-Martial-Ben Yedder a dû patienter au moins vingt minutes de jeu pour enfin s’essayer aux tirs (23e tir au-dessus de Martial). Mais sans réussite. Une défense aux abois, une attaque muselée et un milieu où seuls Steven Nzonzi et Moussa Sissoko ont existé lors des 45 premières minutes. Mais le football est bien connu pour son adage « dominer n’est pas gagné ».

Les Bleus vainqueurs mais...

Car sur ses deux véritables actions de la première période, la France a réussi le tour de force de rentrer au vestiaire en menant au score. A la 43e minute, une combinaison entre Kanté, Ben Yedder et Martial permettait à Antoine Griezmann d’égaliser au terme d’une belle action (1-1, 43e). Et deux minutes plus tard, Sissoko et Ben Yedder perforaient le côté droit pour servir Martial dont le tir était dévié dans son propre but par le portier adverse (2-1, 45e+1). Un retournement de situation très chanceux, mais bien trop insuffisant pour satisfaire les attentes des observateurs.

Au retour des vestiaires, on pensait que le scénario de la première période allait servir pour remobiliser les Bleus. Au final, ces derniers ont proposé une entame similaire qu’en début de match. Et devinez quoi, les Croates en ont encore profité pour faire mouche. Après avoir réclamé une main d’Upamecano (47e), les hommes de Dalic ont recollé au score grâce à Brekalo. Lancé en profondeur, le joueur de Wolfsbourg a résisté aux retours de Mendy et Lenglet (2-2, 55e). Neuf minutes plus tard, Perisic aurait pu permettre aux siens de reprendre l’avantage, seul sur le côté gauche, mais sa reprise était non cadrée (63e).

Et comme en première période, c’est au moment où ils étaient dominés que les Français ont su faire mal à leurs adversaires. Tout d’abord sur un corner de Griezmann repris victorieusement par Upamecano (3-2, 65e). Puis sur un penalty généreusement accordé pour une main de Brozovic. Une sanction transformée par Olivier Giroud (4-2, 77e). Le score ne bougera plus malgré un dernier poteau croate en toute fin de match. Au classement, la France est en tête de son groupe avec le Portugal (6 points chacun) après le succès lusitanien contre la Suède (2-0).

Homme du match :

Griezmann (6,5) : comme ses copains bleus, il n’a quasiment pas existé durant les vingt premières minutes du match. Il a dû se contenter de quelques bribes d’actions comme un centre dangereux (22e), un tir repoussé par Livakovic (33e) et un coup franc frappé largement au-dessus des buts adverses (35e). Et puis le natif de Mâcon a su rappeler qu’il restait un élément-clé en attaque. Auteur de l’égalisation tricolore sur un service de Martial (43e), il a ensuite délivré une passe décisive sur corner pour Upamecano (65e). Il aurait pu en compter une deuxième si Martial avait eu plus de réussite (75e). Remplacé par Fekir (78e).

France

  • Lloris (4) : alerté dès la 2e minute par Perisic, le capitaine des Bleus a vécu une soirée animée. Pas aidé par une défense fébrile, il a vu les corners et autres tirs croates s’enchaîner durant les 45 premières minutes. Impuissant sur l’ouverture du score de Lovren (16e), le joueur de Tottenham savait le danger omniprésent sur chaque ballon en profondeur adverse. C’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé lorsque Brekalo, servi en profondeur, l’a trompé d’une frappe croisée du gauche après avoir résisté aux retours de Mendy et Lenglet (55e).

  • Upamecano (3,5) : pour sa deuxième sélection, le défenseur du RB Leipzig n’a pas confirmé ses belles prestations du Final 8 à Lisbonne. Loin de là. Sur le flanc droit, il a multiplié les pertes de balle dangereuses. Auteur de trop d’erreurs techniques, il a été malmené par Perisic. Souvent battu dans les duels aériens, il aurait pu provoquer un penalty si l’arbitre avait sanctionné sa main sur une frappe de Vlasic en début de deuxième période (47e). En grande difficulté, il a tout de même savouré son premier but en bleu inscrit de la tête sur un corner de Griezmann (65e).

  • Lenglet (3,5) : en l’absence de Varane, il était censé être le leader de l’arrière-garde tricolore. Or, il n’a pas affiché un visage serein. Certes il a souvent mis la tête pour dégager les centres croates, mais lui aussi a péché dans la relance et l’agressivité. À la 55e minute, son retour sans intensité a d’ailleurs permis à Brekalo d’égaliser.

  • Hernandez (4) : effacé par Lovren sur l’ouverture du score (16e), le joueur du Bayern Munich aurait sans doute préféré signer une autre copie pour son retour sous le maillot bleu. Comme ses coéquipiers, il a eu des soucis techniques, surtout lorsqu’il s’agissait de servir l’attaquant sur le côté gauche.

  • Mendy (4) : très performant avec le Real Madrid après le confinement, l’ancien Lyonnais était censé animer le flanc gauche. Au final, il n’a rien fait. Dans un Stade de France sans public, on a même entendu Didier Deschamps lui demander de porter plus haut le cuir et de prendre plus de risques offensifs tant son apport était faible. Défensivement, il est impliqué dans l’égalisation croate de Brekalo à la 55e minute.

  • Sissoko (5,5) : présent lors du dernier match officiel des Bleus avant la crise du coronavirus, le Spur a été, avec Nzonzi, l’un des rares Tricolores en première période à ne pas sombrer. Actif sur son flanc droit, il a beaucoup centré même si ses offrandes étaient rarement reprises. À l’origine de l’action ayant amené le deuxième but français. Moins en vue en seconde période.

  • Nzonzi (6) : bon dans les duels, propre, le Rennais n’était peut-être pas le plus rapide sur le terrain, mais il n'était pas souvent pris à défaut. Lors des 45 premières minutes, il était tout simplement le meilleur de son équipe avec Sissoko, sans compter les deux coups d’éclat de Grizzi et de Martial juste avant la pause.

  • Kanté (5,5) : très en vue en Suède, le milieu de Chelsea a vécu une soirée bien plus discrète. Associé à Nzonzi, il a touché très peu de ballons. Un constat pas vraiment habituel pour ce dévoreur d’espaces. Impliqué quand même sur le but du 1-1 inscrit par Griezmann (43e). Remplacé par Camavinga (64e). Pour sa grande première en bleu à seulement 17 ans, le prodige du Stade Rennais n’a mis que sept minutes pour se distinguer sur une frappe du gauche obligeant le gardien croate à s’employer (71e). Et un centre dangereux pour Martial (84e).

  • Griezmann (6,5) : voir ci-dessus.

  • Ben Yedder (5,5) : longtemps l’attaquant de l’AS Monaco a cru que ce 3-5-2 n’allait pas lui convenir. La faute à une attaque française complètement coupée du reste de son équipe. Mais ç'a été mieux ensuite. Juste avant la pause, il a été impliqué sur le but égalisateur de Griezmann (43e) avant de parfaitement combiner avec Sissoko sur le côté droit pour aller servir Martial pour le but du 2-1 (45e+1). Remplacé par Giroud (64e).

  • Martial (6) : auteur de la saison la plus prolifique de sa carrière avec Manchester United (17 buts inscrits en Premier League en 2019/2020), le buteur des Red Devils avait une carte à jouer chez les Bleus. Et s’il a eu du mal en début de match, sa passe décisive pour Griezmann (43e) et sa réalisation marquée dans les arrêts de jeu de la première période (45e+1) ont lancé son match. Il a été très remuant par la suite, et aurait même pu s'offrir un doublé à un quart d'heure de la fin s’il avait mieux négocié un service de Griezmann (75e).

Croatie

  • Livakovic (4) : peu sollicité en première mi-temps, sa seule intervention notable a été lors d’un face à face avec Antoine Griezmann (33e), sauvé pas Brozovic. Le portier du Dynamo Zagreb n’a cependant rien pu faire sur l’égalisation à bout pourtant de Griezmann (44e). Puis malheureux à peine 2 minutes plus tard : la frappe de Martial rebondissait sur le poteau puis sur lui pour finalement rentrer (45e+1). Premier gros arrêt : un face à face remporté face à Martial (75e) mais pris à contre-pied par Giroud deux minutes plus tard sur penalty (77e).

  • Uremovic (4,5) : habitué au poste de défenseur central au Rubin Kazan, le reconverti latéral droit n’a pas vraiment souffert face à Mendy et Martial en montrant une solidité défensive plutôt que des projections vers l’avant. Un match sérieux pour lui, terminé à la 57e minute, remplacé par Vida. Le rugueux défenseur croate a rapidement été dépassé par la vitesse du côté gauche tricolore.

  • Lovren (3,5) : le tout nouveau défenseur du Zenit St-Pétersbourg a d’abord régné dans le domaine aérien avant de se transformer en attaquant : un bel enchaînement contrôle-crochet-frappe suite à un corner donnait l’avantage aux Croates (16e). Puis, c’était la débandade. Pas au marquage, il laissait seul Anthony Martial pour permettre aux Bleus de rentrer devant aux vestiaires (45e+1). Une nouvelle fois pris à défaut sur le troisième but français, il a lâché Upamecano au marquage (65e). Averti à la 76e minute pour protestation sur le penalty.

  • Caleta-Car (5,5) : une première mi-temps sereine avec de belles interventions devant Ben Yedder lors de la première incursion bleue (9e) puis sur un centre en retrait de Griezmann (21e). En charge de l’attaquant de l’AS Monaco, il a été averti à la 34e minute. Sinon le défenseur de l’OM a été efficace dans ces interventions et plutôt rarement pris à défaut malgré les 4 buts encaissés.

  • Melnjak (4,5) : le latéral de Caykur Rizespor a été actif sur son côté, n’hésitant pas à se projeter et à apporter des solutions offensives, sans oublier les tâches défensives où il a réussi à bloquer le côté droit français.

  • Kovacic (6) : bon dans le début de match pressant des Croates, il a été présent dans les duels et a ratissé pas mal de ballons dans l’entrejeu. Il n’a pas relâché l’étreinte, empêchant les Bleus de bien ressortir le ballon. Auteur d’une belle deuxième période, le joueur de Chelsea a été le détonateur de l’égalisation croate en donnant une passe décisive dans la profondeur à Brekalo (55e).

  • Brozovic (6) : avec Kovacic, son compère du milieu, le joueur de l’Inter Milan a participé à imposer un fort pressing dans la moitié de terrain des Bleus. Chargé des coups de pied arrêtés qu’il a plutôt bien tiré, amenant notamment l’ouverture de Lovren (16e), il aurait aussi pu surprendre Lloris d’un petit coup de patte (26e). Il a été là pour sauver son équipe sur le face à face de Griezmann (33e). Leader technique, il a aussi essayé d’organiser le jeu de son équipe dès le retour des vestiaires. Il était ensuite sanctionné d’une main dans la surface, avec un carton jaune à la clé (76e).

  • Rebic (5,5) : point d’appui et de fixation efficace, il aurait pu avoir un face à face si Brozovic avait réussi sa passe (16e). Il alternait aussi avec des appels dans la profondeur pour gêner la défense à 3 alignée par Didier Deschamps. Dos au but, il a souvent réussi à mettre ses coéquipiers dans le sens du jeu. Une bonne performance dans le collectif pour le joueur du Milan AC remplacé à la mi-temps par Brekalo (5). Le jeune joueur égalisait magnifiquement à 2 buts partout après un raid solitaire entre 3 défenseurs français (55e). Son activité ne lui a pourtant pas permis de se procurer d’autres opportunités.

  • Vlasic (6,5) : virevoltant, il a posé des problèmes au duo Nzonzi-Kanté grâce à son agressivité et à sa ténacité dans les duels, en témoigne ses quelques ballons récupérés dans les pieds des milieux français et ses fautes provoquées. Le joueur du CSKA Moscou a aussi montré des dispositions techniques en distillant notamment un très bon centre sur le pied de Perisic (63e). Il aurait pu rajouter un petit but à son bon match si son tir ne s’était pas écrasé sur le poteau (89e).

  • Perisic (5) : capitaine du soir, il était le premier à alerter Hugo Lloris sur une frappe qui manquait de puissance (2e). Le joueur qui appartient à l’Inter Milan a montré du leadership et de l’implication dans le jeu de son équipe en décrochant souvent pour venir aider dans la construction. Il aurait pu donner l’avantage à son pays sur une merveille de centre de Vlasic (63e). On pouvait être en droit d’attendre un peu plus de lui alors qu’il a parfois manqué de justesse technique. Remplacé par Pasalic à la 65e minute. Le milieu de terrain n’a pas vraiment eu l’occasion de s’illustrer.

  • Kramaric (4) : un ballon récupéré dans le pieds d’Upamecano aurait pu donné une belle opportunité à son équipe, finalement mal négociée (14e). Sans doute le Croate le moins en vue en première période où il n’a eu que quelques ballons à se mettre sous la dent. L’attaquant d’Hoffenheim a eu du mal à exister face au trio Upamecano – Lenglet – Hernandez.

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