Aurélien Tchouaméni, l'étoile montante des Bleus

Formé aux Girondins de Bordeaux, Aurélien Tchouaméni s'est depuis imposé comme l'un des cadres efficients de l'AS Monaco. Performant en Ligue 1 et récompensé, en septembre dernier, d'une première sélection chez les Bleus, le milieu de terrain franco-camerounais a connu une adaptation rapide au sein de l'effectif dirigé par Didier Deschamps, en témoigne sa prestation, ce dimanche, face à l'Espagne permettant à l'équipe de France de remporter la Ligue des Nations. Le tout à seulement 21 ans.

Aurélien Tchouaméni avec l'équipe de France contre la Bosnie
Aurélien Tchouaméni avec l'équipe de France contre la Bosnie ©Maxppp
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Au terme d'une brillante semaine, les Bleus, encore menés et encore revenus, ont décroché sous le ciel de Milan le huitième trophée de leur histoire en remportant, ce dimanche soir, la Ligue des Nations aux dépens de l'Espagne (2-1). Si tout n'a pas été parfait, les hommes de Didier Deschamps ont en partie laver l'affront de l'élimination face à la Suisse en huitièmes de finale du dernier Euro, de quoi laisser entrevoir quelques éclaircies pour la prochaine Coupe du Monde prévue au Qatar. Portés par ses leaders techniques (Benzema, Mbappé, Pogba entre autres), les Tricolores ont par ailleurs pu s'appuyer sur une relève à la hauteur de l'événement. En premier lieu, Aurélien Tchouaméni (21 ans, AS Monaco). Appelé pour la première fois, en septembre dernier, à l'occasion du rassemblement comptant pour les qualifications au Mondial 2022 (Bosnie, Ukraine, Finlande), le milieu monégasque, profitant de l'absence de Corentin Tolisso et N'Golo Kanté dans l'entre-jeu, a confirmé lors de cette double confrontation face aux Diables Rouges et contre la Roja qu'il pourrait rapidement devenir une valeur sûre en équipe de France.

Entré à un quart d'heure du terme de la demi-finale, renversante, remportée par les Bleus contre la Belgique (3-2), celui qui a débuté attaquant dans ses jeunes années passées sur les bords de la Gironde est une nouvelle fois apparu très à l'aise au milieu de terrain (100% de duels gagnés, 2 ballons récupérés), lui qui honorait simplement sa quatrième sélection. Associé à Paul Pogba, le Monégasque a pris la relève d'un Adrien Rabiot éprouvant des difficultés certaines dans cette rencontre et aurait même pu ouvrir son compteur en Bleu si sa frappe du pied droit à l’extérieur de la surface de réparation n'avait pas été détournée par Thibaut Courtois. Une nouvelle fois aligné pour la finale face à l'Espagne (2-1), aux dépens d'Adrien Rabiot positif au Covid-19, le natif de Rouen a fait preuve d'une maturité déroutante à seulement 21 ans (8 duels sur 13 remportés, 6 ballons récupérés, 4 interceptions), confirmant toutes les promesses mises dans celui qui franchit actuellement les paliers à vitesse grand V.

Le nouveau rocher des Bleus ?

Deux sorties abouties intervenant seulement quelques semaines après un premier passage en Bleu très convaincant lors des éliminatoires à la Coupe du Monde 2022. Titulaire chez les A pour la première fois, le 4 septembre dernier, face à l'Ukraine après une mi-temps remarquée face à la Bosnie, Tchouaméni s'était distingué de la plus belle des manières (3 interceptions, 5 ballons récupérés, 96% de passes réussies), provoquant les éloges de son sélectionneur à l'issue de la rencontre : «si je l’ai pris, c’est parce que je pense qu’il a tout le potentiel pour être là et à travers ce qu’il a fait sur le premier match et aujourd’hui, cela confirme ce que je pensais. C’est encore un jeune joueur mais il a la personnalité, le volume, l’agressivité donc tant mieux ! Il y a pas mal de nouveaux joueurs. À partir du moment où ils sont là, ils ont un rôle à jouer. Qu’ils le fassent tous, comme Aurélien a pu le faire aujourd’hui.»

Plus encore, le principal intéressé semble gérer son ascension en Bleu avec une sérénité bien plus notable que celle vécue par Eduardo Camavinga par exemple. Enseveli de louanges après ses débuts tonitruants sous le maillot de l'équipe de France, l'ancien Rennais transféré au Real Madrid cet été avait en effet connu quelques difficultés à assumer ces projecteurs braqués sur lui. Et si des éléments d'explications peuvent être avancés concernant cette capacité de l'ex-Girondin à absorber, telle une éponge, la pression de ces nouvelles responsabilités, le principal argument réside sans doute dans la personnalité d'un joueur très bien entouré : «je sais juste que j’ai plus de responsabilités maintenant, mais j’essaye de rester pareil. Être international, c’est un statut différent, mais à mon jeune âge, j’ai encore beaucoup à apprendre. Je sais qu’on sera un peu plus dur avec moi sur certaines choses, mais je ne me prends pas trop la tête. Je n’essaie pas d’en faire plus que ce que je sais faire», déclarait-il ainsi récemment. Calme, maturité, lucidité, autant de qualités confirmées par l'entourage du joueur malgré ce nouveau statut de joueur international.

Une adaptation internationale réussie

Mais au-delà de son rendement sur le terrain, Tchouaméni bénéficie désormais, aussi, d'une belle cote de popularité dans le vestiaire des Bleus, preuve de débuts réussis tant sur le plan sportif et tactique qu'au niveau humain. Positionné aux côtés de Paul Pogba, le joyau asémiste a semble-t-il déjà créé une belle complicité avec la star mancunienne en témoigne ses récentes déclarations : «il a eu un rôle de grand frère. Il m'a poussé à me lâcher, à jouer avec confiance et à montrer mes qualités. Après, voilà, il va falloir s'inscrire dans la continuité dans ce groupe. J’ai eu la chance d’avoir des coéquipiers qui m’ont beaucoup aidé, beaucoup poussé à montrer ce que je savais faire, donc ça m’a permis d’être à l’aise sur le terrain et ça s’est vu grâce à ma performance. J’étais content de pouvoir découvrir Paul Pogba, c’est quelqu’un que j’ai beaucoup suivi au long de ma jeune carrière donc j’ai pu prendre de nouvelles informations». Un sentiment partagé par «la Pioche» confiant que c’était «un plaisir de jouer à côté de lui».

Tous les voyants semblent donc au vert pour ce talent d'1m87 mais la confiance n'exclut pas la prudence car après le temps de l'adaptation, réussi le concernant, vient le temps de la confirmation et à ce titre, le Monégasque aura quoi qu'il arrive fort à faire quand on connaît la concurrence présente dans ce milieu de terrain tricolore. Aussi convaincantes sont-elles, ses premières prestations sous le maillot tricolore ne se comptent pour l'heure que sur les doigts d'une main. 234 minutes passées en Bleu qui n'actent pas, de ce fait, l'avenir de Tchouaméni avec la sélection de Didier Deschamps. Et pour cause, les retours de N'Golo Kanté, blessé et absent lors de cette Ligue des Nations, ou de Corentin Tolisso, dans une moindre mesure, plongeront le Monégasque dans cet océan Bleu de joueurs à disposition du sélectionneur pour animer l'entrejeu. Reste donc à savoir comment le joueur du Rocher, dans ces conditions, mènera sa barque.

Tchouaméni, le petit Prince de Monaco

S'affirmer comme un chaînon indispensable du système tricolore, voilà donc désormais la mission principale de Tchouaméni pour les mois à venir et ainsi espérer vivre une première Coupe du Monde chez les A. Pour ce faire, le milieu franco-camerounais pourra notamment profiter de son statut d'ores et déjà affirmé au sein du club de la Principauté, car à 21 ans, il est bien un taulier dans cet effectif monégasque. Preuve en est, depuis l'intronisation de Niko Kovac sur le banc de l'ASM, Tchouaméni n'a loupé que deux rencontres toutes compétitions confondues ! Deux absences liées à une suspension et une légère douleur à la cheville... Une statistique impressionnante, conséquence directe de la confiance accordée par le coach croate : «à son poste, vous devez être discipliné, capable d’organiser le jeu. Il grandit jour après jour et c’est un tout autre joueur qu’il y a un an. Je lui fais énormément confiance. Depuis qu’il est international, il est plus regardé.»

Aux côtés de Youssouf Fofana ou Jean Lucas ou encore Eliot Matazo, Tchouaméni s'est logiquement vu accorder plus de responsabilités que ce soit dans les vestiaires ou sur le terrain, en témoigne son brassard de capitaine contre le SK Sturm Graz. La tête sur les épaules, le petit prince de Monaco ne s'en voit pas pour autant perturber et les éloges faits à son égard ne le perturbe aucunement. Sa dernière performance, juste avant la trêve internationale, contre son club formateur des Girondins de Bordeaux (3-0) parle d'ailleurs pour lui... Selon les informations livrées par Opta, il est ainsi le joueur ayant le plus tiré au but (6 tirs) celui qui a le plus récupéré de ballons à Monaco (7) qui en a touché le plus (83), qui a disputé le plus de duels (18 pour 72% de remportés) tout en se projetant (36 passes dans le camp adverse, total le plus élevé avec 84% réussies). Une nouvelle masterclass qui attire forcément les convoitises de nombreuses écuries européennes...

Convoité par Liverpool ou encore Chelsea lors du dernier mercato estival, le milieu de terrain du Rocher, sous contrat jusqu'en juin 2024, voit logiquement sa cote de popularité augmenter inexorablement ces dernières semaines mais pour profiter du talent de Tchouaméni, tout le monde est d'ores et déjà prévenu, il faudra sortir le chéquier. Estimé à 30 millions d'euros sur le site Transfermarkt, le Monégasque se sent bien en Principauté et nul doute que Niko Kovac et son staff aimeraient le voir continuer à évoluer du côté de l'ASM. Dans cette optique, un départ de la pépite monégasque pourrait plutôt se négocier aux alentours des 50 millions d'euros... Dernièrement, c'est Manchester United qui semblait prêt à tout pour l'attirer du côté d'Old Trafford et ainsi associer l'étoile montante des Bleus à un certain Paul Pogba.

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