Coupe du monde 2022 : le Ghana est en train de se créer une incroyable équipe avec ses binationaux

Par Aurélien Macedo
5 min.
Iñaki Williams après un but contre le Betis le 19 décembre 2021 @Maxppp

Qualifié à la Coupe du monde 2022 après une CAN 2021 ratée, le Ghana entend briller. Dans une poule homogène, les Black Stars veulent s'appuyer sur leur diaspora et s'offrent de jolis renforts en vue de la compétition qatarie.

Sorti sans gloire au premier tour de la CAN 2021 avec une dernière place dans sa poule derrière le Maroc, le Gabon et la surprenante équipe des Comores, le Ghana était loin de son statut historique de 3e nation africaine en nombre de CAN remportées (4e). Pourtant, deux mois plus tard, les Black Stars se sont réveillés avec un match nul contre le Nigéria (1-1) puis un autre score de parité (0-0) qui leur a permis de se qualifier pour la Coupe du monde 2022 grâce au but inscrit à l'extérieur. Passé dans un trou de souris, l'équipe des frères Ayew (André et Jordan) retrouve ainsi la qualification après ses participations en 2006, 2010 et 2014. Si le quart de finale de 2010 (défaite 1-1/4-2 aux TAB contre l'Uruguay) reste un moment historique et qu'il sera difficile de faire au moins aussi bien, l'équipe coachée par Otto Addo (47 ans) met les moyens pour avoir de grandes ambitions.

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Disposant de certains talents comme Thomas Partey (29 ans, Arsenal), Kamaldeen Sulemena (20 ans, Rennes), Mohamed Salisu (23 ans, Southampton), Mohammed Kudus (21 ans, Ajax Amsterdam) ou encore Felix Afena-Gyan (19 ans, AS Roma), mais aussi de cadres comme les frères Ayew, Alexander Djiku, Daniel Amartey ou encore Abdul-Rahman Baba, le Ghana dispose d'une base de travail intéressante. Néanmoins, on reste encore loin des équipes qui se sont qualifiées lors des trois précédentes participations des Black Stars. Pour remédier à cette phase de transition générationnelle, les dirigeants de la fédération de football ghanéenne ont utilisé la diaspora pour "recruter" des joueurs capables d'apporter un saut qualitatif à l'équipe. D'ailleurs, l'arrière droit de Bruges Denis Odoi (34 ans) qui était arrivé pour disputer les barrages avait fait polémique lors de son arrivée en sélection.

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Des choix intéressés ?

Dans une interview pour Neuwsblad il avait déclaré ceci : «est-ce que je me sens comme un vrai Ghanéen ? Ne soyons pas stupides : je suis plus belge, bien sûr. Mais mon père est originaire du Ghana, donc cela fait partie de moi de toute façon. C'est pourquoi je suis fier de jouer pour l'équipe nationale. J'ai entendu dire que tout est très bien organisé. Souvent, les équipes nationales du continent africain sont un peu chaotiques, mais apparemment, le Ghana ne l'est pas. J'ai vraiment hâte d'y être : ce sera une expérience amusante.» Des mots qui ne sont pas passés partout, mais qui témoignent d'une sincérité de la part du joueur. Si la question du patriotisme risque de revenir en faisant venir des joueurs qui ont des racines moins ancrées avec le Ghana, cela peut néanmoins offrir plus de talent à l'équipe.

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Auteur d'une cape avec l'Espagne contre la Bosnie-Herzégovine en 2016, Iñaki Williams avait connu d'autres convocations avec la Roja sans pour autant y évoluer à nouveau. Profitant des nouvelles règles FIFA qui permet à tout joueur binational qui a connu 3 sélections ou moins avant 21 ans de changer de nationalité, le buteur de Bilbao a tranché en faveur de son pays d'origine comme il l'a évoqué dans une vidéo : « le moment est venu, pour moi, de renouer avec mes racines, avec l'Afrique, avec le Ghana, qui représentent tant pour moi et ma famille.» Une posture qui interpelle puisqu'il y a 4 ans, le joueur de 28 ans avait déclaré ceci au Guardian : «mes parents viennent du Ghana, mais ma culture, mon éducation et mon mode de vie sont rattachés à l'Espagne. Je ne me vois donc pas jouer avec le Ghana, car d'autres joueurs sont plus légitimes pour le faire, et plus investis que moi.» L'opportunité de disputer une Coupe du monde lui a donc poussé à revoir sa position.

Le Ghana pioche en Espagne et en Angleterre

Son petit frère Nico Williams (19 ans) qui a disputé 39 matches avec Bilbao cette saison (3 buts) pourrait également le suivre dans cette démarche. La fédération ghanéenne a aussi officialisé le choix du jeune latéral droit de Brighton & Hove Albion Tariq Lamptey qui a donc aussi fait le choix du Ghana. Le joueur de 21 ans qui a disputé 32 matches cette saison avec les Seagulls avait fait toutes ses classes jeunes avec l'Angleterre. Choix patriotique ou sportif, quoi qu'il en soit, la décision d'opter pour les Three Lions se serait fait dans un contexte compliqué puisque l'Angleterre dispose de Alexander Trent-Arnold, Kyle Walker, Kieran Trippier, Reece James, Aaron Wan-Bissaka, James Justin, Max Aarons et Kyle Walker-Peters à son poste.

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Disposant d'un parcours similaire à celui de Tariq Lamptey, Eddie Nketiah (23 ans) est lui à un stade moins avancé. Si rien n'est tranché pour le moment, le buteur d'Arsenal réfléchit à rejoindre les Three Lions. International U21 anglais encore récemment, mais n'ayant pas encore porté le maillot de l'équipe première, il bénéficierait d'un lobbying de son coéquipier Thomas Partey pour rejoindre le Ghana. Enfin, Callum Hudson-Odoi (21 ans) pourrait aussi rejoindre le Ghana. L'ailier gauche de Chelsea a certes connu 3 capes avec l'Angleterre, mais ses blessures et la forte concurrence en club l'a éloigné de la sélection des Three Lions. Encore hésitant, il n'a lui aussi pas pris de décision définitive, mais il va devoir vite se prononcer. Situé dans le groupe H avec le Portugal, l'Uruguay et la Corée du Sud, le Ghana fait tout pour mettre le plus de chances de son côté en vue de cette échéance.

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