Istanbul Basaksehir-PSG : les notes du match

En difficulté dans le jeu et bousculé par un Istanbul Basaksehir percutant, le PSG l'a emporté sans briller (2-0) grâce à un doublé de Moise Kean. Mais que ce fut laborieux !

Moise Kean célèbre son premier but face à Istanbul BB
Moise Kean célèbre son premier but face à Istanbul BB ©Maxppp
La suite après cette publicité

Le Paris Saint-Germain aborde son deuxième match de la phase de poules de la Ligue des Champions avec plus de stress que prévu. La faute à sa défaite initiale, à domicile face à Manchester United, la semaine dernière. Pour rester au contact, il fallait donc aller récupérer des points en Turquie, sur la pelouse d'Istanbul Basaksehir. Le club turc, battu par le RB Leipzig lors du premier match, ressemblait à une victime expiatoire. D'autant que Thomas Tuchel alignait ses stars Neymar, Mbappé et Di Maria, avec Kean à la pointe de l'attaque.

Finalement positionné en 4-4-2, le PSG prenait le contrôle des opérations. Et Mbappé lançait un premier rush impressionnant côté gauche, qui se terminait par une frappe angle fermé (8e). Istanbul BB répliquait avec une frappe de Kahveci (9e), non cadrée. Loin de se laisser impressionner, les Turcs jouaient crânement leur chance, peu embêtés par le pressing très relatif des Parisiens. Visca, bien servi par Crivelli sur un contre, armait une bonne frappe à l'entrée de la surface mais ne trouvait pas le cadre (15e). Le PSG répondait avec enfin une bonne séquence de jeu qui aboutissait à une frappe enroulée de Di Maria qui fuyait le cadre (17e). Le club de la capitale apparaissait terriblement apathique et les Turcs pouvaient encore déclencher une frappe, cadrée et détournée par Navas, signée Rafael, l'ancien de l'OL (26e). La soirée du PSG prenait décidément une mauvaise tournure avec la sortie de Neymar sur blessure, visiblement touché à la cuisse, remplacé par Sarabia (26e).

Le PSG peut remercier Navas et Kean

La sortie de Neymar avait le mérite de réveiller Di Maria, fantomatique jusque-là, qui combinait enfin un peu plus avec ses coéquipiers, et qui pouvait de nouveau tenter une frappe croisée, non cadrée (33e). Mbappé ne cadrait pas sa reprise après un bon centre de Florenzi (38e). Le PSG terminait mieux la première période, avec un jeu collectif plus développé mais cela restait clairement insuffisant. Au retour des vestiaires, les Franciliens se créaient leur meilleure occasion avec une remise de Mbappé pleine surface vers Sarabia, qui expédiait le ballon au-dessus (46e). Mais le reste ne changeait pas : un milieu toujours trop loin de l'adversaire, un manque de mouvement général. Et les Turcs s'engouffraient avec envie dans les espaces laissés. Danilo sauvait le coup devant Crivelli sur un centre de Kahveci (52e). Puis Visca alertait Navas sur une nouvelle frappe alors que l'équipe parisienne était totalement coupée en deux (57e).

Comment le PSG pouvait-il autant être en difficulté ? C'est la question à laquelle Thomas Tuchel devra répondre. L'entraîneur allemand pourra remercier Moise Kean, auteur de l'ouverture du score d'une belle tête sur un corner tiré par Mbappé (0-1, 64e). Peu servi en première période, l'attaquant italien sortait à cet instant son nouveau club d'un match piège. Qui pouvait le redevenir avec l'entrée de Demba Ba, homme qui avait ruiné les espoirs parisiens avec Chelsea en 2014. Istanbul BB ne renonçait pas et s'offrait une nouvelle occasion énorme avec un Navas encore déterminant (70e) sur une frappe de Turuc. Et le PSG ratait la balle de 2-0 sur le contre suivant, la remise de Di Maria vers Mbappé étant mal dosée (71e). Le sauveur allait encore se nommer Moise Kean, décidément précieux, avec un deuxième but pour soulager définitivement les siens (0-2, 79e). Loin d'être convaincant, le PSG s'est extirpé du piège turc et a rattrapé les points perdus à domicile lors de la première journée. Les interrogations sur la qualité de jeu et les options de Thomas Tuchel ne disparaîtront pas pour autant.

L'homme du match : Moise Kean (7) : l'international italien se propose, offre des appels, mais est rarement servi par ses partenaires, qui privilégient les autres options. On l'a vu tenter d'impulser le pressing. Des contrôles de balle un peu problématique et un manque d'inspiration balle au pied. De la tête par contre, cela a été parfait puisque c'est d'un beau coup de boule qu'il catapultait un corner de Mbappé dans les buts (64e). Il a soulagé définitivement son équipe en inscrivant le deuxième but, d'un vrai geste de buteur. Ce n'est pas lui qui était le plus attendu ce soir, mais il a sorti une belle épine du pied au PSG.

Istanbul Basaksehir :

- Günok (4,5) : bien échauffé par un arrêt facile devant Mbappé (8e), le gardien turc s'est quelque peu refroidi ensuite, n'ayant que très peu d'interventions à effectuer en première mi-temps. Il ne pouvait rien faire sur l'ouverture du score de Kean (64e). Masqué au départ du ballon, il manquait de réflexes sur le deuxième but.

- Rafael (5) : l'ancien Lyonnais connaît très bien le PSG. Rugueux en défense comme à son habitude, le Brésilien est aussi un latéral offensif. Et il n'a pas été timide dans ses montées pour accompagner Visca, se permettant même de faire chauffer les gants de Navas (26e). Plus défensif en deuxième période, il a reculé en même temps que son équipe mais a globalement fait un match solide.

- Skrtel (4,5) : la vitesse n'est pas la qualité première du Slovaque. Souvent au duel avec Mbappé, l'ancien de Liverpool a souffert face aux accélérations du Français. Mais son physique et sa présence dans les duels ont servi à la solidité défensive des siens dans les 45 premières minutes. Pas forcément fautif sur le but de Kean, il était un peu loin de ce même Kean sur le deuxième but (80e).

- Epureanu (4,5) : en avant-match, on ne donnait pas cher de la peau de l'expérimenté mais pataud moldave (34 ans). Pourtant, il s'en est plutôt bien sorti alors qu'il a rarement été mis en danger. Du moins dans le premier acte, alors qu'il était pris par Kean dès le retour des vestiaires, ce qui lui a valu un avertissement (49e).

- Bolingoli (5) : solide défensivement et entreprenant offensivement, le Belge a multiplié les aller-retours dans son couloir gauche. Le joueur prêté par le Celtic a fait parler sa vitesse et s'est montré souvent disponible. Remplacé par Kaldirim (63e), il peut quand même être satisfait de sa performance. Rien à signaler sur la performance de son remplaçant qui a lui aussi essayé d'apporter en attaque.

- Topal (5) : le Turc, pilier expérimenté du milieu de terrain (34 ans), disputait son 100e match de Coupe d'Europe. Pour l'occasion, il a bien tenu son rang de sentinelle avec de bons retours défensifs et une position d'orienteur du jeu stambouliote. Averti à la 54e minute, il a quand même sauvé son équipe suite à un déboulé de Mbappé (59e), puis devant Di Maria (63e). Remplacé par Ba (68e). Associé à Crivelli, le Sénégalais a surtout décroché.

- Visca (6) : capitaine du soir, le Bosnien a été dangereux dans ses prises de balle et d'initiatives. Il s'est signalé par des frappes de loin mal ajustées (14e, 16e, 38e). Sur le papier aligné côté droit, il est souvent rentré dans le cœur du jeu pour mettre en place le jeu de son équipe. C'était encore lui qui forçait Navas à intervenir après une belle contre-attaque (57e). Malgré un manque de justesse dans la finition, il a été le plus dangereux pour la défense parisienne.

- Ozcan (4) : titulaire pour la 2e fois seulement cette saison, l'un des espoirs du football truc (22 ans) était là pour amener une touche technique dans le milieu de terrain. S'il a réussi à le faire par séquences, il n'en a pas oublié le travail de pressing dans l'entrejeu. Mais il n'a globalement pas énormément pesé dans le jeu des siens et aurait pu se montrer un peu plus dans les intervalles.

- Kahveci (5) : on pouvait attendre le milieu turc être grandement dans un maillage tactique resserré. Sauf qu'il a fait un peu plus que ça : le joueur de 25 ans s'est bien projeté en début de match, pouvant frapper de loin (10e), puis se retrouver à la réception d'un centre de Rafael (12e). Paradoxalement plus prudent lors des temps forts de son équipe, il a baissé de régime au fil de la rencontre.

- Türüc (5) : l'ailier turc a peut-être été le moins en vue de son équipe en première mi-temps. S'il a quand même essayé, il a manqué de précision dans ses transmissions et dans ses dribbles. En deuxième mi-temps, il s'est un peu réveillé, notamment dans la dernière demi-heure où il a botté un coup franc dangereux (67e), avant de buter sur Navas (71e). Remplacé par Aleksic (81e).

- Crivelli (5,5) : l'ancien pensionnaire de la Ligue 1 (Caen, Angers ou Bordeaux) était préféré à Demba Ba à la pointe de l'attaque. Connu pour sa hargne et sa combativité, le Français a directement annoncé la couleur en étant averti dès la 2e minute pour une semelle sur Kurzawa. Offensivement, il a surtout cherché à servir de point d'appui pour ses milieux de terrain, rôle dans lequel il a bien embêté Kimpembe. Mais ses déchets techniques lui ont évité de se procurer des situations franches. Remplacé par Giuliano (81e).

PSG :

- Navas (7) : il ne pensait peut-être pas être autant sollicité dans ce match, avec plusieurs frappes lointaines à gérer. Il a bien repoussé la tentative de Rafael (26e) et s'est distingué avec quelques relances bien précises. Encore mis à contribution par Visca à la 57e puis par Turuc (71e), il a tenu son rang et permis au PSG de rester en vie dans cette rencontre bien mal embarquée.

- Florenzi (4) : timoré, l'Italien, sur cette rencontre. Plutôt adroit offensivement, il a été moins sollicité que lors de ses dernières sorties. Et défensivement, il a eu du mal, pris dans le dos par les contres turcs alors qu'il venait proposer les solutions dans son couloir. Remplacé par Kehrer (73e) pour amener plus de solidité.

- Danilo (5) : ses premières interventions ont été rassurantes. Mais il n'a pas été totalement dominant, laissant trop d'espace devant lui, alors que l'attaquant axial adverse, Crivelli, a plus souvent évolué dans la zone de Kimpembe. Un beau sauvetage juste devant Crivelli (52e).

- Kimpembe (5) : il avait un costaud face à lui avec Crivelli. Les deux hommes se sont livrés un duel physique, que le Parisien n'a pas toujours gagné. On l'a connu plus tranchant dans ses relances, mais il n'a pas été aidé par la qualité de la pelouse, qui freinait ses passes plus appuyées. Son goût pour le combat aura quand même aidé dans deux-trois situations chaudes dans la surface.

- Kurzawa (6) : le meilleur Parisien en première période. Le latéral gauche s'est montré très entreprenant, avec une belle présence sur les points chauds. Il a bien combiné avec Mbappé et Di Maria et a su jaillir dans les pieds adverses de manière opportune. Un peu moins en vue après la pause et parfois un peu étourdi sur certains gestes, comme un dégagement manqué en pleine surface qui aurait pu coûter cher. Remplacé par Bakker (87e).

- Marquinhos (3): très décevant. Tuchel aime l'avoir au cœur du jeu mais le Brésilien a encore des carences dans la qualité technique que réclame ce poste. Des pertes de balle étonnantes dès le début du match et tout au long de la rencontre. Alors que son entraîneur insiste à l'installer au milieu, le capitaine parisien n'a pas justifié ce choix. Une prestation globalement très inquiétante. Reste à savoir si cela incitera Tuchel à revoir sa copie.

- Herrera (4) : on ne peut pas remettre en cause sa volonté de bien faire ni sa disponibilité sur le terrain. Herrera se démène mais il s'éparpille un peu. Et on se demande parfois où il est, pas aidé il est vrai par le manque de replacement de ses coéquipiers offensifs. Il a bu la tasse devant les contres adverses et a manqué d'agressivité dans le pressing. Remplacé par Gueye (87e).

- Neymar (non noté) : on n'a pas eu beaucoup le temps de le voir puisque, touché à la cuisse assez vite, il a demandé à sortir après 20 minutes, sans avoir eu le temps de peser sur le jeu des siens. Sarabia (5) l'a remplacé et a tenté d'amener plus de liant collectif, à défaut de savoir faire du Neymar. L'Espagnol s'est déplacé entre les lignes et a cherché à jouer juste. Il a fait du bien collectivement, et a souvent combiné avec Mbappé. Une grosse occasion loupée au retour des vestiaires (46e) mais il est à l'origine du deuxième but de Kean.

- Di Maria (4,5) : quasiment invisible et peu précis jusqu'à la sortie de Neymar. Comme souvent, l'Argentin semble plus à l'aise lorsque son coéquipier brésilien n'est pas sur la pelouse. D'un coup plus disponible, il a tenté mais n'a pas cadré ses frappes. Un peu trop de déchet dans ses transmissions tout au long de la rencontre. On l'a connu plus inspiré à l'image de sa remise manquée vers Mbappé. Remplacé par Rafinha (73e), qui a amené sa sérénité technique mais n'a pas été plus inspiré.

- Mbappé (5,5) : le Parisien le plus dangereux grâce à son accélération. Son premier rush, côté gauche, à la 8e minute a lancé sa rencontre. Remuant, il a provoqué à plusieurs reprises la défense adverse balle au pied mais a manqué de justesse dans le dernier geste. Une belle remise pour Sarabia à la 46e qui aurait dû aboutir à un but. Etrangement, c'est lui qui a tiré le corner décisif vers Kean, avec succès donc. Il est aussi impliqué sur le deuxième en... ratant son contrôle, ce qui a profité à Kean. Malgré un 7e match consécutif sans but en Ligue des Champions, l'attaquant français a été le plus remuant.

- Kean (7) : lire ci-dessus.

Plus d'infos

Articles recommandés

Commentaires