Quentin Beunardeau : «j'ai envie de montrer de quoi je suis capable en Ligue 1»

Finaliste malheureux de l'Euro U19 en 2013 aux côtés d'Aymeric Laporte, Anthony Martial ou encore Adrien Rabiot, Quentin Beunardeau est aujourd'hui libre comme l'air. Le gardien français de 26 ans sort d'une expérience réussie de près de 2 ans au Portugal, au CD Aves, et s'est forgé une solide réputation en Liga NOS. Si son aventure portugaise s'est stoppée nette en avril dernier en raison de salaires impayés, le natif du Mans est à la recherche d'un projet sportif à la hauteur de ses ambitions. Le portier passé par le FC Metz ou encore l'AS Nancy-Lorraine dans l'Hexagone au parcours parsemé de difficultés et d'adversités, qui ont fait de lui l'homme et le joueur qu'il est, a accepté de revenir, pour Foot Mercato, sur sa carrière, qu'il espère définitivement lancée, et les différents éléments qui l'ont façonnée. Tout en affichant ses ambitions et son rêve de s'imposer en Ligue 1, qu'il n'a pu goûter qu'à une seule et unique reprise avec les Grenats.

Quentin Beunardeau, libre, espère trouver un projet ambitieux
Quentin Beunardeau, libre, espère trouver un projet ambitieux ©Maxppp

FM : comment allez-vous en ce moment ?

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QB : je suis resté à Braga, au Portugal, avec ma famille. Avec le confinement, la difficulté de trouver un vol, c’était impossible de rentrer. Et puis, pour ma famille aussi. J’ai une petite fille de 3 mois, je n’ai pas envie de prendre le risque de prendre l’avion, de rentrer chez moi (en France), de pouvoir éventuellement contaminer ou être contaminé par le Covid-19. On a préféré jouer la sécurité et rester au Portugal.

FM : comment s'est passé votre confinement ?

QB : mon confinement s’est bien passé. Il y a eu la naissance de ma petite fille au mois de février, donc beaucoup de boulot. Du coup, j’ai pu aider ma femme et en profiter plus qu’en temps normal, car avec le foot, je suis pris tous les week-ends. Ça a été le point positif dans ma vie privée. Je continuais à m’entretenir tous les jours. C’est important. Surtout dans la situation dans laquelle je suis. Si je veux retrouver un projet rapidement, il faut que je sois tout de suite en forme. Je fais donc mon sport tous les jours. J’ai fait une petite salle de sport à la maison, où je m’entraîne, et je vais courir tous les jours.

FM : quel est votre point de vue sur le retour du football en Europe malgré la pandémie de coronavirus (la Bundesliga a repris le 16 mai, la Liga reprendra la semaine du 8 juin, la Premier League redémarrera le 17 juin, la Serie A reprendra ses droits le le 20 juin) et sur l'arrêt de la saison en France ?

QB : je trouve qu’on était arrivé dans une situation assez délicate. Le Covid-19 était de plus en plus présent. La France a pris une bonne décision, selon moi. Après, si tu mets tout en œuvre pour reprendre le championnat, c’est différent. En Allemagne, ils ont repris, mais on ne sait pas s’ils vont pouvoir aller au bout de la Bundesliga, s’il y a d’autre cas ou autre. Pour la santé des joueurs, de leurs familles et de leurs proches, ça a été la meilleure décision (de mettre fin à l’exercice 2019-2020).

FM : si vous aviez encore été sous contrat avec le CD Aves, auriez-vous accepté de retourner sur les terrains ?

QB : en soit, tu es employé tu club, tu es sous contrat, donc tu es dans l’obligation de revenir travailler. J’y serais peut-être allé à reculons, avec de la peur. C’est une situation assez grave. Tu n’as pas forcément envie de mettre tes proches en danger pour ton métier. J’y serais allé mais en me posant des questions et en flippant un peu.

FM : en 2013, vous échouez en finale de l'Euro U19 face à la Serbie (0-1). Cette rencontre reste-t-elle à ce jour le match le plus important de votre carrière ?

QB : oui, il fait partie des matches les plus importants de ma carrière. Ramener un titre, c’est toujours quelque chose d’important. Je pense que si tu finis champion d’Europe U19, ça t’ouvre pas mal de portes. Maintenant, c’était en 2013, on est en 2020. Des matches, il y en a eu d’autres.

FM : cette défaite en finale est-elle le plus gros regret de votre carrière ?

QB : oui, c’est un très gros regret, parce qu’on avait une équipe très très compétitive. Je pense qu’on avait l’équipe pour remporter le match et ce tournoi. Malheureusement, sur un fait de jeu, sur une erreur d’inattention, on se retrouve menés sans pouvoir revenir. Je pense que pour tout le monde, ça aurait été top de remporter cette finale. J’en profite pour avoir une pensée pour Francis Smerecki, qui était notre coach et qui nous a quitté il n’y a pas très longtemps. Même pour lui, ça aurait été bien qu’on gagne ce match. On aurait eu un souvenir encore plus merveilleux de ce lui.

FM : qu’est-ce qui vous a manqué pour battre la Serbie (1-1 en poule puis 0-1 en finale) ?

QB : je pense que le fait d’avoir fait match nul en poules nous a fait dire « tranquille, on a fait match nul, c’était le dernier match de poules, ça va être moins compliqué que l’Espagne en demi-finale (2-1 après prolongations, ndlr). Inconsciemment, il y a eu un petit relâchement. Dans ce genre de match à enjeu, important, on voit que c’est ce qu’il ne faut pas faire et qu’il faut jouer le jeu jusqu’au bout.

FM : avec l'expérience, auriez-vous abordé cette finale différemment ?

QB : quand tu as 19 ans, tu es en confiance. Je pense qu’on a tous eu un excès de confiance, on s’est tous dit que c’était bon. On se rend compte, en engrangeant de l’expérience avec les matches, que l’excès de confiance n’est jamais bon pour un joueur de foot. Il faut toujours se remettre en question. Avec l’expérience, on n’aurait pas pris ce match autant à la légère.

FM : quel est le joueur qui vous a le plus impressionné ?

QB : quand on regarde notre équipe en 2013, en finale, quasiment tous les joueurs du onze de départ sont dans des grands clubs aujourd’hui. Aymeric (Laporte) et Ben (Mendy) à Manchester City, Adrien (Rabiot) à la Juve, Adrien (Hunou) qui est à Rennes… A côté, l’attaquant de la Serbie, (Aleksandar) Mitrovic, était déjà un client à l’époque. Même en plus jeune, j’ai joué contre (Raheem) Streling de Manchester City, j’ai rencontré (Jordan) Pickford, qui joue à Everton maintenant. La génération 94-95, avec Anthony Martial aussi, que ce soit en France ou à l’étranger, il y avait pas mal de bons joueurs.

FM : difficile donc de sortir un joueur du lot...

QB : dans notre sélection, il n’y en avait pas un qui sortait du lot. Tous les gars avaient énormément de talent. Je ne pourrais pas en citer un nom particulier. Il y avait de la qualité dans ce groupe. On était un groupe de potes, tout le monde s’entendait super bien, on était quasiment tout le temps ensemble. La bonne ambiance régnait. Quand tu as un groupe soudé, tu peux faire pas mal de choses.

«Le Bayern était une marche un peu trop haute»

FM : auriez-vous souhaité faire comme votre père, Régis (joueur le plus capé de l’histoire du club) et rester toute votre carrière au Mans, où vous avez été formé et avec qui vous avez fait vos débuts en Ligue 2 le 28 juillet 2012 ?

QB : pour être honnête, j’avais envie de partir. Je fais les Championnats d’Europe en « joueur libre » parce qu’on sait que Le Mans va déposer le bilan (liquidation judiciaire en 2013, ndlr). Dans ma tête, je vais retrouver un club facilement après les Championnats d’Europe. Sauf qu'à 19 ans, tu es un peu inconscient, tu ne connais pas bien le football. Tu te rends compte que c’est un peu plus compliqué. Avec plus de recul, si Le Mans était reparti en National, comme ce qui était prévu au départ, ça aurait été pas mal pour un jeune de 19 ans de faire une ou deux saisons en National pour ensuite partir. Mais sur le coup, je voulais partir et je faisais tout pour.

FM : regrettez-vous d'être parti du Mans ?

QB : je ne peux pas avoir de regrets parce que Le Mans est reparti au niveau amateur. Dans tous les cas, j’étais obligé de partir. S’ils étaient repartis en National… on ne peut pas savoir. Je n’ai aucun regret.

FM : à l’époque, en 2013, vous avez fait des essais à la Sampdoria, au Bayern, à Villarreal : racontez-nous comment ça s’est passé et pourquoi ça n’a pas abouti ?

QB : en ce qui concerne la Sampdoria et Villarreal, c’est mon agent qui m’a trouvé ces essais, qui se sont avérés concluants. Mon objectif était de jouer en équipe première, alors que leur projet me concernant était différent (jouer avec les jeunes). Ça m’a refroidi. Je me suis dit « s’ils ne veulent pas que je joue en pro, je vais aller voir ailleurs ». Pour la Bayern Munich, c’est Willy Sagnol, qui était coach des équipes de France jeunes à l’époque, qui a voulu m’aider. Il m’a envoyé faire un essai au Bayern. Je pense que c’était une marche un peu trop haute. Je me suis entraîné avec l’équipe première là-bas. Ils étaient champions d’Europe, ils venaient de remporter la Ligue des Champions (victoire 2-1 face au Borussia Dortmund, ndlr). Moi, petit joueur du Mans de 19 ans qui vient de disputer les Championnats d’Europe, qui arrive chez le vainqueur de la C1, je me retrouve un peu petit. Tu regardes tous les joueurs, le staff, les infrastructures avec des étoiles dans les yeux… C’est passé super vite, j’ai donné mon maximum pendant la semaine d’essai. Malheureusement, le football allemand n’a pas forcément la même vision que le foot français au niveau des gardiens. Il y a des grands gardiens. Avec mon mètre 84, je fais partie des gardiens plus petits. Comparé à la grande taille de Manuel Neuer, tu vois la différence dans le but (rires). Finalement, ça n’a pas abouti.

FM : finalement, vous décidez de signer à Nancy, en janvier 2014. Pourquoi ?

QB : j’ai rejoint Nancy pour le projet. Dans le discours du président (Jacques Rousselot), j’allais jouer en équipe première en Ligue 2. Ça ne s’est pas passé comme prévu (Quentin Beunardeau, numéro 2 derrière Paul Nardi, n'a joué qu'un match avec l'ASNL, ndlr). Si j’avais su, j’aurais peut-être signé à la Samp ou à Villarreal… Mais je ne regrette pas, ce sont des choix de carrière, ça m’a forgé et ça m’a fait grandir. Et puis je ne pouvais pas savoir ce qui allait se passer derrière.

FM : aviez-vous d'autres options ?

QB : non, hormis celles évoquées précédemment. Ça faisait déjà trois possibilités, c’était pas mal. Je ne regrette pas, je suis heureux, tout cela m’a permis d’acquérir de l’expérience et de grandir en tant qu’homme. Quand tout ne se passe pas comme prévu, tu dois prendre sur toi, passer à autre chose et continuer à travailler. Je pense que ça a été un mal pour un bien et que ça m’a fait grandir plus vite que certaines personnes.

FM : en juillet 2015, vous êtes prêté à l'AFC Tubize (D2 belge). Pourquoi choisir la Belgique ?

QB : parce que le coach de Nancy (Pablo Correa) ne comptait pas sur moi. Un jour de préparation estivale, je vois que le club recrute un gardien (Brice Samba, prêté par l'OM, ndlr). Donc je me retrouve encore numéro trois pour la saison, alors que j’avais envie de jouer.

FM : vous n’aviez pas été alerté de ce recrutement ?

QB : non, pas du tout. Ça s’est fait du jour au lendemain. Après ma sieste, je reçois plein de messages de proches qui me disent « regarde ce qu’ils t’ont fait ». Effectivement, je vais consulter le site officiel de Nancy et je vois qu’ils ont recruté un gardien. Je me dis que s’ils recrutent un portier, ce n’est pas pour qu’il soit numéro trois. C’est donc à ce moment-là où j’ai décidé d’aller voir le directeur sportif (Paul Fischer) pour lui dire que j’avais envie de me faire prêter parce que j’avais besoin de jouer.

FM : votre aventure en Belgique a été un véritable succès...

QB : oui, et ça s’est très bien passé. Je fais une très belle saison (Tubize termine 4e en 2015-16, ndlr). Finalement, j’ai la chance de signer 1+1 (un an plus une année en option) dans ce club. L’option de prolongation était liée à la montée en Pro League. On n’est pas monté, donc je me suis retrouvé en fin de contrat (en 2017) avant de signer au FC Metz dans la foulée.

FM : auriez-vous aimé rester un peu plus longtemps à Tubize, voire vous inscrire dans la durée en Belgique ?

QB : j’étais heureux mais ça commençait à devenir très compliqué avec la direction, parce que le club commençait à avoir des problèmes de paiements. Cette année, le club descend en quatrième division belge… Avec du recul, je pense que je suis parti au bon moment, avant de me retrouver réellement dans la difficulté. Même si je me sentais bien là-bas, je pense qu’avec l’expérience que mes anciens collègues ont eu en restant en Belgique, ça a été une bonne chose de partir.

«J’aurais bien aimé m’installer à Metz et continuer à jouer en Ligue 1»

FM : vous signez à Metz en tant que troisième gardien, derrière Eiji Kawashima et Thomas Didillon. Comment avez-vous vécu cette expérience en Ligue 1 et ce rôle de troisième portier ?

QB : je savais que c’était à moi de travailler le plus possible et puis de voir ce qui se passerait par la suite, pourquoi par gravir les échelons dans la hiérarchie. Franchement, c’était top comme expérience. On était un petit groupe de gardiens qui s’aimaient bien, on travaillait dur. On se poussait tous pour progresser. Avec un fait de circonstance, je passe numéro deux (Thomas Didillon est alors victime d’une hernie discale) pour les trois quarts de la saison. J’ai vraiment pris mon pied. J’ai eu la chance de découvrir la Ligue 1, après l’expulsion d’Eiji Kawashima à Monaco (1-3, le 21 janvier 2018). Derrière, je fais deux beaux matches de Coupe de France. J’ai eu l’occasion de me montrer, de découvrir l’élite française. Grâce à Metz et à cette expérience, je me suis retrouvé au Portugal à jouer en Liga NOS...

FM : que vous êtes-vous dit au moment de faire vos premiers pas en Ligue 1, au stade Louis II, face à Monaco, alors que vous perdiez 1-0 ?

QB : j’étais sur le banc quand Kawashima se fait expulser juste après la mi-temps (à la 50e minute). J’étais en train de parler avec Chris Philipps (ex-joueur de Metz) et je n’ai même pas vu Eiji se faire expulser. J’ai vu son tacle, mais je ne pensais pas qu’il prendrait un rouge. A ce moment-là, c’est Chris qui me dit « allez prépare toi, tu rentres ». J’étais en train de discuter, je n’ai pas eu le temps de me poser des questions. Ça s’est fait naturellement. Je me suis préparé, je suis rentré.

FM : êtes-vous satisfait de votre seule performance en Ligue 1 ?

QB : pour une première en Ligue 1, ça s’est bien passé. Je suis content de ma performance. J’ai fait une bonne rentrée. Surtout qu’on jouait contre un gros Monaco, c’était un gros match. J’étais content de ne pas avoir eu le temps de me poser de questions, de ne pas réfléchir et de prendre mon pied.

FM : quel est le sentiment qui prédomine ? Est-ce un rêve qui se réalise ?

QB : oui, le rêve de tout Français est de jouer dans l’élite de son pays. C’était un premier rêve qui se réalisait. J’aurais bien aimé m’installer dans cette équipe et continuer à jouer en Ligue 1. Après, je ne suis qu’au début de ma carrière. Ma carrière est encore longue je l’espère. Revenir en Ligue 1 fait partie de mes rêves et de mes projets, j’ai envie de rejouer dans mon pays.

FM : avez-vous déjà eu des discussions avec vos entraîneurs au sujet de la hiérarchie des gardiens ?

QB : je suis quelqu’un de travailleur. Je suis un bosseur. Quand je donne mon maximum et qu’à côté de ça il y a des faits de circonstances qui font que… oui, je vais peut-être parler. Je suis quelqu’un qui marche à la confiance. J’ai besoin de parler, de savoir les choses. Après, je ne suis pas un emmerdeur qui va parler tous les jours au coach pour lui dire que je dois jouer. Je travaille, j’attends mon tour. Si mon heure vient, tant mieux, si elle ne vient pas, tant pis. J’ai aussi besoin de cette forme de confiance, si on doit parler de temps en temps pour éclaircir les choses, on le fera.

FM : comment étaient vos relations avec vos entraîneurs, Philippe Hinschberger (limogé en octobre 2017) puis Frédéric Hantz à Metz ?

QB : j’avais de bonnes relations avec les deux. Peut-être un peu plus avec Hantz, parce que je l’avais connu au Mans. Mais même avec Hinschberger, ça s’est très bien passé. C’est lui qui m’a fait venir à Metz. Déjà, quand on me donne sa confiance, ma nature fait qu’obligatoirement, je rends en retour. Même avec Fred Antonetti avant, je n’ai jamais eu de problème, ni avec qui que ce soit d’ailleurs. Après, je peux comprendre que Metz n’ait pas voulu me garder. Le club avait pour projet de remonter en Ligue 1 et je ne faisais pas partie de ses plans. Je ne suis pas du tout rancunier par rapport à ça. Au final, ça a été un mal pour un bien puisque ça m’a permis de venir au Portugal et de me montrer.

FM : toutes vos aventures vous ont donc mené au Portugal, en Liga NOS, où vous avez fait forte impression depuis votre arrivée à l’été 2018 au CD Aves. Que retenez-vous de votre expérience au Portugal ?

QB : j’ai été agréablement surpris par le niveau, qui est assez relevé. Quand tu joues contre Porto, Benfica, le Sporting, Guimaraes, Braga… Ce sont des gros clubs qui te font apprendre et que tu es content d’affronter. C’est là où j’ai « commencé » ma carrière. J’en garderai un super souvenir.

FM : d’un point de vue personnel, votre fille est née au Portugal par exemple. Vous avez dit que vous garderez toujours ce pays dans votre cœur…

QB : oui franchement. C’est la première fois où je quittais la France (il coupe). Enfin, où j’allais dans un pays non-francophone. Quand tu arrives dans un pays où tu ne parles pas la langue, tu dois t’adapter assez rapidement. Surtout en tant que gardien de but, j’ai dû apprendre les bases : « droite, gauche, sortez, laisse… ». Au bout de deux jours je connaissais tout ça, j’étais vraiment déterminé à apprendre rapidement, à réussir à me faire comprendre sur le terrain. C’était primordial. J’ai ensuite mis deux ou trois mois à pouvoir parler et me débrouiller dans la vie quotidienne. Ça a été une superbe expérience de vie. J’ai eu la chance de m’adapter assez rapidement, mes coéquipiers m’ont aidé.

FM : pourriez-vous comparer la Ligue 1 et la Ligue 2 à la Liga NOS ?

QB : c'est compliqué. Porto et Benfica jouent la Ligue des Champions. Je pense que c’est gros clubs là rivalisent facilement avec le haut de tableau de la Ligue 1, hors PSG. Quand on voit ce que l’OM a fait contre Braga en Europa League il y a deux ans (3-0 puis 0-1 en 16es de finale en février 2018, ndlr). Ça n’a pas été facile pour Marseille. Je ne pourrais pas positionner le championnat portugais par rapport à la France, mais c’est un championnat assez relevé. Il y a des supers joueurs, des supers équipes…

FM : il y a aussi des bonnes ambiances…

QB : ça, ça change de la Ligue 1. A part les cinq gros clubs où les stades sont pleins, il y a des petits stades qui ne sont pas forcément remplis mais avec une bonne petite ambiance. Par exemple, nous, à Aves, notre stade (Estádio do Clube Desportivo da Aves) doit faire environ 8.000 places. C’est un petit stade, qui n’est pas forcément toujours plein, mais il y a une bonne ambiance, familiale, et c’est sympa. C’est ça qui change par rapport à la France.

FM : vous aviez prolongé avec le CD Aves au printemps dernier (jusqu'en 2022). Regrettez-vous ce choix compte tenu de ce qui s’est passé par la suite, le non-versement de votre salaire ayant conduit à votre rupture de contrat ?

QB : non, parce que j’avais envie de rester au club, la première saison s’était super bien passée, il n’y avait jamais eu de souci. On avait décroché le maintien assez rapidement, ce qui est quelque chose de fort pour le club. Dans ma tête, je voulais rester. Quand Aves m’a proposé la prolongation, j’ai signé avec plaisir. Tous les voyants étaient au vert. Le club m’a donné cette confiance que j’ai voulu lui rendre. Au fil des mois, ça s’est dégradé. Il y a eu les problèmes financiers… Il y a eu une cassure.

FM : Aves va avoir du mal à se maintenir en Liga NOS sans vous et son meilleur buteur, qui a également résilié son contrat début avril…

QB : oui, Welinton Junior est parti aussi. Il reste 10 matches, où Aves doit affronter trois gros. Le club a 9 points de retard sur le premier non-relégable. Ça ne va pas être simple. La Ligue risque même d’enlever des points au club à cause des retards de paiement des salaires. Si ça se confirme, ça va être très compliqué… Après, c’est jouable, il y a 30 points à prendre. Mais il ne va pas falloir beaucoup se louper.

FM : vous êtes actuellement libre de tout contrat. Quel est votre souhait pour la suite de votre carrière ? Revenir en France, rester au Portugal… ?

QB : c’est avec plaisir que je reviendrais en France. C’est « mon championnat », mon pays. J’ai envie de montrer de quoi je suis capable en Ligue 1. Rester au Portugal, avec plaisir aussi, parce que c’est là où tout a commencé. J’ai commencé à m’y faire un nom, à avoir une réputation. Pourquoi pas y continuer ma carrière. Après, le projet sportif va primer et sera l’élément le plus important. J’ai 26 ans, j’ai envie de continuer à jouer, que ce soit en France, au Portugal, en Espagne, en Belgique…

FM : donc si un club de Ligue 1 vous contacte pour être numéro 2…

QB : on ne sait jamais, mais mon souhait est de continuer à jouer. Je suis jeune, je sors de deux saisons pleines. Mon souhait numéro 1 n’est pas de repartir numéro 2. Après, ce sont des discussions avec les clubs. Mais je veux continuer à progresser et acquérir de l’expérience.

FM : êtes-vous attiré par un championnat en particulier ?

QB : la Liga est un super championnat… Après, chaque championnat a ses qualités et ses défauts différents. Il n’y a pas vraiment de championnat qui me fait rêver. Je veux juste jouer dans un club ambitieux, peu importe le pays.

FM : avez-vous déjà des touches avec certains clubs ?

QB : oui, mes agents sont en contact avec des clubs français, belges et espagnols. Après, il n’y a pas eu d’offre officielle. Ils sont en contacts réguliers avec certains clubs, on verra ce qui se passera dans les jours à venir. Je pense qu’ils font très bien leur travail, j’attends de voir ce qu’ils vont me proposer.

FM : connaissez-vous l’identité des clubs intéressés ?

QB : honnêtement, je ne sais pas. Mes agents me donnent les noms que lorsqu’il y a du concret. Quand il y a juste des pourpalers, ils ne me dévoilent pas l’identité des formations pour pas que je m’affole ou que je me fasse de fausses idées.

FM : qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite de votre carrière ?

QB : je n’ai pas forcément envie de le crier sur tous les toits… on va dire de retrouver un club rapidement, avec les ambitions que je vise !

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