La LFP riposte aux accusations de faillite de plusieurs clubs de Ligue 1 !

Alors qu'une enquête de Mediapart a montré que la crise financière qui touche la Ligue 1 est plus grave que prévue, la LFP, qui a contracté un prêt colossal auprès de l'Etat pour tenter de combler un déficit abyssal, a décidé de contre-attaquer devant la justice.

Le logo de la LFP
Le logo de la LFP ©Maxppp

«Le site Mediapart a publié ce jeudi 21 mai 2020 un article à charge contre le football professionnel français, mettant notamment en cause le prêt garanti par l'Etat (PGE) souscrit par la Ligue de Football professionnel (LFP). La LFP dément fermement l'ensemble des contre-vérités relatives au PGE contenues dans cet article. Cet article constitue un élément supplémentaire visant à déstabiliser la LFP, et plus généralement le football professionnel français, qui, comme l'ensemble des entreprises, est confronté à une crise inédite», a écrit la Ligue de Football Professionnel dans un communiqué, en référence à la publication par le site d'information Mediapart d'une enquête, documents accablants à l'appui, sur les dessous de ce prêt d'un montant de 224,5 M€, contracté auprès de l'Etat et sur la santé financière de plusieurs écuries de Ligue 1.

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En clair, la crise financière touchant la L1 serait plus grave que prévue et la situation de quatre clubs historiques du championnat de France serait particulièrement périlleuse. Marseille, Bordeaux, Saint-Étienne et Lille étaient cités. Principale révélation de ce dossier publié par Mediapart, la LFP a décidé de contracter ce prêt garanti par l'Etat parce qu'un déficit net de 541 M€ aurait été estimé pour la fin du mois de juin. Un gouffre, qui laisse entrevoir une situation bien plus alarmante qu'imaginée au départ. Aujourd'hui, la LFP réagit et tente de rassurer, évoquant «un plan de remboursement sur 4 ans par prélèvement à la source sur les 5,3 milliards d'euros de revenus audiovisuels déjà conclus et à encaisser sur le cycle 2020/2024, les remboursements ne représentant pas plus de 5% des revenus globaux de la LFP et ne mettant en aucune hypothèse les contribuables français à contribution».

La LFP cherche à colmater les fuites et porte plainte

Dans son communiqué, la Ligue se réjouit d'une part de l'octroi d'un prêt par l'Etat pour soutenir le football français dans cette période de crise et fustige d'autre part l'attitude de certains membres présents lors de la dernière Assemblée Générale de la LFP, à l'origine de fuites concernant les détails des débats dans la presse. «À l'heure où cette crise impose le sens de l'intérêt général et des responsabilités, la LFP regrette l'instrumentalisation du PGE, qui constitue une mesure très positive pour toute la filière du football professionnel français, et un soutien sans équivalent en Europe. Par ailleurs, ce même jour, un article publié dans le journal L'Equipe retransmet de manière intégrale et nominative certains échanges intervenus entre les dirigeants du football français et certains présidents de clubs lors de l'Assemblée Générale du 20 mai lors du vote sur le format de la Ligue 2».

En conséquence, la Ligue de Football Professionnel entend bien riposter ! « Ces atteintes à la confidentialité des discussions intervenant au sein de la LFP sont inacceptables », poursuit l'instance, avant de conclure, très offensive. «En conséquence, et suite à la publication de ces deux articles, la LFP dépose ce jour deux plaintes contre X auprès du Procureur de la République de Paris afin de faire toute la lumière sur les conditions dans lesquelles des échanges et documents confidentiels ont été divulgués sans autorisation.»* À l'heure où le football français traverse une période noire de son histoire, faite de querelles sportives et extra-sportives, une chasse aux sorcières est lancée au sein de la Ligue. Nul doute que le football ne sortira pas grandi de ces mois d'instabilité, liée au coronavirus.

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