Depuis 2011, l’Albanie s’est souvent trouvée sur la route de l’équipe de France. Tout d’abord lors des qualifications pour l’Euro 2012. Les Bleus n’avaient pas tremblé avec une victoire 2-1 en Albanie avant de s’imposer 3-0 au Stade de France. Pays organisateur de l’Euro 2016, l’équipe dirigée par Didier Deschamps avait croisé le fer avec l’équipe de Gianni De Biasi. Un match nul (1-1) suivi d’une défaite d’une courte tête en Albanie (1-0). Lors de la compétition dans l’Hexagone, les deux équipes s’étaient retrouvées dans le groupe A. Résultat, une victoire 2-0 dans la douleur pour les Bleus. Avec un bilan plutôt positif avec trois victoires, un match nul et une défaite pour les Tricolores.

Au moment d’affronter l’Albanie ce samedi, la France ne devra penser qu’à la victoire. Championne du monde en titre, l’équipe de Didier Deschamps doit d’ailleurs se rattraper après un rassemblement de juin compliqué. Actuellement en tête du groupe H à la même hauteur que la Turquie et l’Islande, les Bleus comptent trois points d’avance sur l’Albanie. Présent pour l’Euro 2016 pour leur première participation à une compétition internationale de son histoire, les Rouges et Noirs espèrent donc confirmer. Lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2018, l’Albanie n’avait pas fait illusion en terminant certes troisième, mais à dix points ou plus de l’Italie et de l’Espagne. Dernière de son groupe de Ligue des Nations derrière l’Écosse et Israël, la formation d’Edoardo Reja n’est pas dans sa meilleure forme.

Un groupe qui a connu un petit lifting

En trois ans, l’effectif a quelque peu changé même si on retrouve encore plusieurs cadres. Des joueurs présents à l’Euro 2016, ils sont quand même 13 à être appelé pour affronter l’équipe de France. Certainement le plus connu, le capitaine Elseid Hysaj est une valeur sûre de la Serie A et un joueur important au Napoli. On retrouve aussi les gardiens Thomas Strakosha (Lazio) et Etrit Berisha (Spal) qui sont titulaires dans leurs clubs en Italie. Même son de cloche pour le défenseur central Berat Djimsiti qui s’amuse à l’Atalanta. L’ancien Nantais Ermir Lenjani est toujours là et porte les couleurs de Sion. Enfin, Taulant Xhaka (frère de Granit Xhaka) est un joueur qui commence à avoir de la bouteille puisqu’il va disputer sa huitième saison avec le FC Bâle.

Si l’Albanie n’a pas forcément beaucoup progressé en trois ans, elle reste dans une certaine continuité. Surtout que l’effectif d’Edoardo Reja n’est pas vraiment vieillissant avec cinq trentenaires et des jeunes continuent à pointer le bout de leur nez. Tout d’abord, la défense où Enea Mihaj (21 ans, PAOK Salonique) et Ardlan Ismajli (22 ans, Hajduk Split) commencent à faire leur trou. Dans le domaine offensif, Rey Manaj (22 ans, Albacete) et Keidi Bare (22 ans, Malaga) apprennent tout doucement en Espagne. Le second cité a d’ailleurs fait ses classes d’âges du côté de l’Atlético de Madrid. Des changements qui se sont faits brusquement lors du passage de Christian Panucci à la tête de la sélection. Le technicien italien qui aura fait un passage d’un peu moins de deux ans sur le banc albanais en aura d’ailleurs fait les frais en mars dernier.

Justement, suite au parcours décevant de l’Albanie en Ligue des Nations, le milieu de terrain Sabien Lilaj était sorti de ses gonds et pointait du doigt les maux de la sélection comme le rapporte TV Klan : « il y avait beaucoup de mouvements de joueurs. Nous n’étions pas un groupe. À cet égard, nous devons travailler. Il n’y a pas de grande qualité dans notre équipe. Nous devons travailler en groupe. C’est difficile quand les joueurs changent. Vous n’êtes pas d’accord avec votre coéquipier. L’entraîneur fait les choix. Nous respectons les décisions. J’espère avoir une formation stable et un groupe plus fort bientôt. » Des paroles qui ont étaient entendues, mais dont il en a fait les frais. Celui qui évolue en Israël au Ness Ziona n’a pas été appelé depuis le début des éliminatoires pour l’Euro 2020.

Un début de qualification mi-figue mi-raisin.

Des matches qui ont connu des fortunes diverses. Dans une position d’outsider au moment de recevoir la Turquie ou de se déplacer en Islande, les joueurs d’Edoardo Reja ont opposé une belle résistance. Cela a toutefois été insuffisant contre des nations bien organisées. Battus par les Turcs (2-0) puis les Strákarnir okkar (1-0), les Albanais ont loupé les matches cruciaux pour la qualification. Si celle-ci est encore envisageable grâce à la faiblesse d’Andorre (3-0) et de la Moldavie (2-0), l’Albanie n’a plus le droit à l’erreur. Il faudra essayer de faire un coup contre la France et essayer de surprendre l’Islande et la Turquie lors de la phase retour. Autant dire que la mission s’annonce périlleuse pour la 64e équipe au classement FIFA. Si les hommes de Didier Deschamps doivent faire attention, les faiblesses de l’attaque adverse ainsi que l’instabilité vécue par l’Albanie depuis l’Euro 2016 permettent aux Bleus de s’avancer avec beaucoup de sérénité. Certes, la défaite de juin dernier en Turquie est peut-être restée dans les têtes, mais le public du Stade de France devrait donner des ailes aux Tricolores (rencontre à suivre ce samedi à 20h45 sur notre live commenté).