Trois jours après avoir séduit lors de la victoire face à l’Albanie, les Bleus retrouvaient ce mardi soir le Stade France, pour le centième match dans l’enceinte de Seine Saint-Denis, pour affronter la modeste sélection d’Andorre pour le compte des éliminatoires de l’Euro 2020. Quelques changements étaient à noter dans le onze de départ de Didier Deschamps par rapport à la rencontre précédente, avec les titularisations de Digne, Dubois, Sissoko et Ikoné en lieu et place de Hernandez, Pavard, Matuidi et Lemar. Dès le coup d’envoi, donné par les Andorrans, les Français investissaient le camp adverse et monopolisaient le cuir. Avec une première situation chaude dès la 2e minute et une pénétration dans la surface d’Ikoné, qui débouchait sur un corner. La 136e nation au classement FIFA se disposait en 4-4-2 très défensif, avec deux lignes de 4 très compactes. Suffisant pour étouffer les velléités initiales françaises, un peu trop lentes dans les transmissions. Seul Dubois parvenait amener un peu de folie avec une belle chevauchée, mal terminée (9e).

Au quart d’heure de jeu, les Bleus n’avaient toujours pas tiré au but mais ils allaient faire mouche dès leur première tentative. Un ballon bien ressorti par Sissoko permettait à Ikoné de faire admirer sa qualité de passe, à destination de Coman, qui surgissait devant le gardien et l’ajustait sans mal (1-0, 18e). Le plus dur était fait avec l’ouverture du score, grâce au troisième but en deux rencontres du joueur du Bayern Munich. Le scénario pouvait reprendre, avec une attaque-défense et peu d’espaces. Giroud se mettait en évidence avec une frappe cadrée, en pivot, détournée par le gardien Gomes (26e). Puis les Bleus obtenaient un penalty pour une faute de San Nicolas sur Griezmann. Ce dernier voulait se faire justice lui-même et reprendre confiance après son échec face à l’Albanie mais il tombait sur un grand Gomes, qui détournait son tir (28e) ! Grizou ne retrouvait donc pas encore le chemin des filets. Toujours largement dominateurs, les Français multipliaient les corners et maintenaient la pression. Varane s’y mettait, d’une frappe surpuissante aux 30 mètres, que le surprenant Gomes repoussait encore une fois (39e). Si l’Andorre sortait un peu de son camp le temps de quelques minutes, il ne se passait plus grand-chose et l’arbitre de la rencontre, M. Balakin, pouvait siffler la fin de la première période.

Sissoko dans tous les bons coups

Au retour des vestiaires, les Français repartaient à l’assaut. Suite à une percée de Sissoko balle au pied, ils obtenaient un bon coup-franc. Plutôt que de le frapper direct, Griezmann déposait un amour de ballon sur le crâne de Lenglet, qui ne se faisait pas prier pour battre Gomes (2-0, 52e) ! Les Bleus mettaient un peu plus de vitesse dans les transmissions et les occasions fleurissaient, à l’image d’une tête de Coman sur un centre de Sissoko (53e). La vitesse de Coman était aussi plus utilisée sur le côté gauche, et Digne se montrait sous un meilleur jour. Didier Deschamps lançait Thomas Lemar à la place d’un bon Jonathan Ikoné, qui se souviendra de sa première titularisation en bleu. Sissoko trouvait la barre de la tête, après un coup-franc de Griezmann (68e) puis Coman touchait le même montant après un service parfait de Digne (70e).

Olivier Giroud, peu en veine malgré quelques occasions arrachées, cédait sa place à Wissam Ben Yedder pour le dernier quart d’heure. La France continuait à assiéger Andorre. Et le Monégasque prenait sa chance de loin d’une belle frappe du droit (79e). Si le côté droit avait été le plus disert en première période, c’est le côté gauche de l’équipe de France qui brillait en seconde mi-temps et qui mettait les Andorrans en souffrance. Le score allait s’alourdir encore un peu en faveur des Bleus. Entré à la place de Coman, Nabil Fekir obtenait un coup-franc bien placé, et le tirait. Gomes le repoussait dans les pieds de Ben Yedder, qui ne se faisait pas prier pour y aller de son but (3-0, 90+1e). Avec cette nouvelle victoire, la France compte 15 points au compteur mais reste 2e du groupe H derrière la Turquie, qui s’est imposée en Moldavie dans le même temps.

L’homme du match : Kingsley Coman (7,5) : il a du feu dans les jambes, on le savait. On le découvre buteur lors de ce rassemblement de septembre. Après son doublé contre l’Albanie, il a remis ça avec un but plein de sang-froid face à l’Andorre. Sur une bonne passe d’Ikoné, il a pris de vitesse son défenseur et le gardien avant de finir sans trembler. Au-delà de son but, on l’a vu plein d’initiatives, de mouvement, même s’il a parfois pu trop tarder avant de déclencher des centres. Sa vitesse a fait peser une menace constante sur la défense adverse. Il a aussi touché la barre en seconde période. Cette trêve internationale lui a clairement fait gagner des points en vue de l’Euro 2020. Remplacé par Nabil Fekir (85e) sous les applaudissements. L’ex-Lyonnais s’est distingué en obtenant un bon coup-franc puis en le cadrant, ce qui a permis à Ben Yedder de marquer.

France :

- Lloris (5) : comme prévu, le capitaine français n’a pas eu grand-chose à faire. Aucun arrêt à se mettre sous la dent en première période, où il s’est montré serein dans son jeu au pied. Un poil plus de travail après la pause, avec une intervention moyenne sur un coup-franc adverse, et une bonne sortie au poing.

- Dubois (6) : une première période très intéressante dans son apport offensif, à l’image d’une belle chevauchée à la 9e minute. Le latéral droit de l’OL était très disponible et a bien exploité la largeur pour étirer la défense andorrane. Dommage que ses centres, nombreux, n’aient pas trouvé souvent preneur. Pas forcément dû à son imprécision, plus à la densité de défenseurs adverses dans la surface. Un peu moins percutant après la pause, ce qui n’enlève rien à la qualité globale de sa performance.

- Varane (6,5) : un match impeccable. Propre dans ses interventions, il a donné le tempo avec de bonnes passes appuyées. Présent offensivement sur tous les coups de pieds arrêtés, il a fait planer la menace de son jeu de tête aérien. Il a surtout lâché une frappe énorme à la 39e minute, de 30 mètres, qui a poussé le gardien à une grosse parade. Très haut sur le terrain, il a rayonné dans les duels et les interceptions.

- Lenglet (7) : il aura rarement vécu un match aussi tranquille. Très peu de duels à gérer et aucune difficulté à la relance, où son pied gauche a été précis. Une sérénité remarquable et déjà beaucoup d’assurance. Et en plus, il marque, puisqu’il a conclu sans problème un caviar délivré par Griezmann sur coup-franc. Impeccable.

- Digne (6,5) : un début de match compliqué. Son entente avec Coman est visiblement à parfaire, puisque les deux hommes n’ont jamais semblé combiner dans le bon tempo. Coupable de deux fautes en première période, il n’était pas inspiré offensivement, se faisant régulièrement contrer. Rien d’alarmant cependant, puisqu’il n’a pas fait d’erreur notable. Il s’est bien réveillé en seconde période, plus tranchant, présent et plus précis dans ses centres. Plusieurs montées ont abouti à de bonnes situations, dont la barre touchée par Coman.

- Sissoko (7,5) : il est à l’origine du premier but en décalant bien Ikoné au départ de l’action. Légèrement plus bas que Tolisso, il a pris plus d’initiatives que son partenaire en première période et a su faire jouer son physique lors des rares possessions de balle adverses. Il s’est un peu éteint au fil de la première période mais s’est réveillé dès le début de la deuxième avec une percée qui a abouti au coup-franc de Griezmann pour le but de Lenglet. Un bon centre à destination de Coman (53e) et la barre transversale touchée après une belle tête (68e). Souvent dans les bons coups tout au long de la soirée. Un match très solide jusqu’au bout, avec des sorties de balle pleines d’assurance.

- Tolisso (6) : moins en vue que Sissoko mais intéressant dans ses déplacements. On l’a souvent vu tenter d’apporter le surnombre à l’opposé, en se faisant oublier. Un peu trop timide toutefois en première période, malgré quelques bons changements d’aile. Plus percutant en deuxième période. Il a lâché une frappe vicieuse à la 49e minute et s’est montré plus offensif.

- Ikoné (6,5) : une première période remarquable, où sa qualité technique, notamment sur les contrôles, a fait des dégâts. Dès la 2e minute, il était ainsi au cœur de la surface adverse, embarqué dans un joli numéro. Généreux, il a récupéré beaucoup de ballons dans les pieds adverses et a joué simple, dans le bon tempo, la majeure partie du temps. Il est l’auteur de la belle passe décisive en direction de Coman, bien aidé il est vrai par la vitesse de son équipier et la lenteur des adversaires. Un peu moins en vue au retour des vestiaires, il a été le premier remplacé par Didier Deschamps, à la 62e minute, par Thomas Lemar. Ce dernier a amené sa justesse technique et sa disponibilité dans l’entrejeu. La qualité de son apport technique a été indéniable.

- Coman (7,5) : voir ci-dessus.

- Griezmann (6) : un début de match assez timide, avec peu d’influence dans le jeu des siens et peu d’initiative. Et puis sa percée plein axe avec Giroud a lancé sa rencontre, avec le gain du penalty. Un penalty qu’il a malheureusement encore raté, en tombant sur un gardien inspiré. Mal né, son match a pris une autre valeur avec la qualité de ses coups de pied arrêtés. Son coup-franc pour la tête de Lenglet et le deuxième but est merveilleux de précision. Il en a donné un autre exquis à Sissoko, qui a trouvé la barre. Comme à son habitude généreux dans l’effort défensif.

- Giroud (5) : il a été dans le combat avec la rugueuse charnière adverse et a cherché à peser au cœur de la surface sur les nombreux centres français. Las, il a peu été servi et a dû se débrouiller seul, à l’image de sa frappe en pivot (26e). Cela restera sa seule véritable occasion franche, mais on ne lui enlèvera pas son goût pour le duel, qui était nécessaire pour occuper l’axe de la défense. Remplacé à la 72e minute par Wissam Ben Yedder, dans un tout autre style évidemment. Le Monégasque s’est déplacé entre les lignes et a pu s’offrir une frappe, de peu à côté (79e) et surtout un but, en reprenant un ballon repoussé par le gardien adverse (90+1e). De quoi faire le plein de confiance.

Andorre :

- Gomes (6) : il a été l’homme du match du côté d’Andorre malgré les trois buts encaissés. Victime d’une erreur de sa défense, il a encaissé un but sur la première frappe des Bleus qui ont ouvert le score grâce à Coman (18e) et n’a rien pu faire sur la tête de Lenglet (52e). Mais par la suite, le portier n’est pas sorti de son match, bien au contraire. Face à Giroud (24e), Griezmann sur penalty (28e), Varane (39e) ou encore Coman (54e), il a été l’auteur de parades de haut niveau. Il a aussi été sauvé par deux fois par sa barre (68e, 70e). Le match a semblé bien long pour celui qui n’a pas été assez efficace pour tenter de dégager un ballon qui a finalement atterri sur Ben Yedder, buteur en toute fin de match (90+1e).

- Rubio (3) : certes moins en difficulté que le latéral gauche, il a pu profiter d’un côté gauche français moins remuant sans pour autant être plus serein. Sur l’ouverture du score, il a été devancé par Coman (18e). Il a également écopé d’un carton jaune suite à un tacle sur Sissoko (51e).

- Llovera (3,5) : il n’a pas été réellement présent en défense, du moins, beaucoup moins que son homologue Lima, à l’image de la passe décisive d’Ikoné pour Coman où il est totalement déstabilisé (18e). Néanmoins, il a réussi toutes ses passes, bien qu’elles ne soient pas nombreuses, étant trop occupé à dégager les offensives françaises.

- Lima (3,5) : le vétéran de cette équipe aura fait de son mieux face à l’attaque de l’Équipe de France avec beaucoup de dégagements. Son mètre 91 ne lui aura pas permis d’être le plus à l’aise dans les duels comme lorsqu’il a totalement lâché son marquage sur Lenglet, ce qui a permis au défenseur français de marquer sans trop de soucis de la tête (52e).

- San Nicolas (3) : passes imprécises, pertes de balles, le match du latéral gauche du soir n’aura pas été facile. Il a pu s’estimer heureux que Griezmann ne transforme pas le penalty dont il est à l’origine pour avoir retenu par le bras le joueur du FC Barcelone dans la surface de réparation (27e).

- Clemente (5) : le milieu offensif a livré une bonne copie lorsque l’on voit l’adversaire de soir. Il était à son avantage face à son opposant, Lucas Digne. Malheureusement, comme toute son équipe, il n’a pas pu se montrer offensivement. Remplacé par Rubio (80e) qui a perdu l’un des rares ballons qu’il a touché.

- Vales (5) : il a été celui qui a été le plus à l’aise dans le cœur du jeu. Il a réussi quelques dégagements et interceptions grâce à l’aide de Bleus parfois un peu trop brouillon. Il a pris le meilleur sur Tolisso et a placé une tête malheureusement hors cadre (65e). Il a terminé complètement sonné sur un dégagement au poing de Lloris (87e).

- Rebes (4,5) : son tacle glissé, qui semble être sa spécialité au vu de sa réussite dans l’exercice, a privé Dubois d’une excellente percée (9e). Mais à la suite du match, il a été beaucoup moins à son avantage vis-à-vis de son coéquipier dans le cœur du jeu avec quelques pertes de balle et des duels globalement perdus.

- Cervos (4,5) : sur l’un des rares coups francs de son équipe, Lloris n’a pas réussi à capter son ballon qui n’était pourtant pas dangereux. Cependant, il amène le corner qui a offert la première occasion de son équipe (68e). Quant à son match, il a perdu également quelques ballons comme les autres membres de son équipe et a été l’auteur de passes bien souvent imprécises.

- Vieira (3) : aucune frappe pour l’ailier qui n’a rien eu à se mettre sous la dent, rien de bien étonnant au vu de la physionomie du match. À l’inverse de son duo en attaque, il a été vaincu dans quasiment tous ses duels et a perdu énormément de ballons. Remplacé par Moreno (86e) qui n’aura pas eu le temps de se montrer.

- Martinez (4,5) : il a dû faire parler son envie dans les duels pour se faire voir en début de partie. Mais comme son coéquipier en attaque, le joueur n’a pas eu l’occasion de se montrer offensivement puisqu’il n’a tout simplement pas fait une frappe du match. Remplacé par Alaez (69e) qui a été à l’image de celui qu’il a remplacé, c’est-à-dire volontaire mais sans occasion.

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