Paris, pour sauver ce qu’il peut de sa saison, ou Rennes, pour sublimer un peu plus la sienne ? C’était tout l’enjeu de la finale de la Coupe de France disputée ce samedi soir au Stade de France. Les deux équipes décidaient en tout cas de se parer de leurs plus beaux atours pour ce match de prestige, avec Neymar et Di Maria titularisés par Tuchel aux côtés de Mbappé côté parisien, et le trio Sarr, Niang et Ben Arfa côté rennais. Et c’est le PSG qui débutait mieux la rencontre, en tenant le ballon et en obtenant une première occasion dès la 2e minute avec la paire Dani Alves-Neymar qui commençait déjà à se chercher. Le premier centrait pour le deuxième, qui reprenait du pied droit. A coté. Maîtres du ballon, les Parisiens investissaient le camp rennais et allaient vite trouver l’ouverture, après un corner obtenu suite à un centre vicieux de Dani Alves. Au corner, Neymar qui centrait tendu vers l’extérieur de la surface pour son compatriote qui reprenait magnifiquement de volée ! Imparable pour Koubek, obligé de s’incliner (0-1, 13e). Ce but splendide libérait encore plus les hommes de Tuchel qui mettaient alors une grosse pression à leurs adversaires. Kylian Mbappé était ainsi parfaitement servi par Di Maria mais butait sur Koubek (15e).

Rennes là-dedans ? Un numéro de soliste de Ben Arfa puis Niang (11e), une frappe lointaine de Bensebaini non cadrée et c’était tout. Dominé par le PSG, le club breton subissait de plus en plus et allait de nouveau craquer sur un contre éclair. Servi par Mbappé, Di Maria lâchait une offrande à Neymar, qui lobait parfaitement Koubek (0-2, 22e). La finale semblait alors déjà quasiment pliée au regard de la domination parisienne. Le match se durcissait un peu dans les minutes suivantes mais le PSG offrait encore quelques séquences étourdissantes, à l’image d’un échange Neymar-Mbappé qui aboutissait à un centre de Dani Alves dégagé de justesse par Da Silva devant Neymar qui rôdait (31e). Rennes allait enfin sortir de sa torpeur grâce à M’Baye Niang, qui se jouait de Marquinhos aisément avant de frapper du gauche et de toucher le poteau (38e). Dans la foulée, Draxler, peu en vue, frappait trop mollement après un bon ballon de Neymar (38e). Le PSG aurait pu mener 3-0 et plier l’affaire mais c’est Rennes qui relançait le suspense, grâce à un but contre-son-camp de Kimpembe qui dégageait mal un centre de Traoré et trompait Aréola (1-2, 40e) ! Mais la première mi-temps, décidément très vivante, ne s’arrêtait pas là et Mbappé, bien lancé par Di Maria, frappait fort, côté droit de la surface, et mettait Koubek à contribution (45e). Le gardien tchèque sortait de nouveau une grosse parade sur une frappe de l’inoxydable Alves (45+2e). L’arbitre ne laissait pas jouer le corner et sifflait la fin d’une mi-temps riche en occasions.

Rennes n’a rien lâché

Au retour des vestiaires, le Stade Rennais jouait un cran plus haut sur le terrain et se montrait plus menaçant, avec plus de présence dans les trente derniers mètres. Mais c’est sur un contre qu’il allait réchauffer le public, avec un grand raid de Bourigeaud, à l’interception et à la conclusion avec une frappe puissante de l’extérieur de la surface (58e) qui obligeait Areola à réaliser une belle parade. Moins dominateur techniquement, le PSG s’en remettait aux inspirations de Neymar pour créer le jeu, dont le retour semblait impacter le nombre de ballons touchés par Mbappé. Et il subissait de plus en plus les assauts rennais. Sur un bon centre venu de la droite, le ballon filait au deuxième poteau et Bourigeaud était là pour reprendre à bout portant. C’était sans compter un excellent retour de Dagba qui taclait en corner. Mais voilà, sur le corner, Mexer bondissait au premier poteau pour couper la trajectoire et tromper Areola (2-2, 66e) ! Rennes venait de recoller au score grâce à sa bonne entame de deuxième période.

Cela avait le mérite de réveiller les Parisiens. Neymar enroulait un coup-franc qui frôlait les cages rennaises (69e), Mbappé reprenait un centre de Dani Alves de peu à côté (71e). Le dernier geste n’était plus précis comme en première période, à l’image d’un Neymar qui glissait en pleine surface, sur un ballon de but (78e). Rennes reculait cependant irrémédiablement et laissait le PSG investir son camp. Ce qui rendait compliqué la création d’occasions, les joueurs offensifs devant remonter plus de 80 mètres. Mais Rennes tenait face au siège parisien et parvenait à conserver le score de 2-2. Un petit exploit au regard du scénario de la rencontre. Thomas Tuchel lançait Cavani (après avoir fait entrer Paredes dans le dernier quart d’heure du temps réglementaire), alors que Julien Stéphan gardait les onze mêmes joueurs.

Le PSG étalait une certaine nervosité, à force de buter sur le verrou rennais. Et surtout, il gâchait ses occasions. Après un raid plein axe, Neymar servait Mbappé dans un trou de souris. L’attaquant français choisissait la frappe plutôt que la passe décisive pour Cavani et trouvait le poteau (99e) ! A force de vendanger, le club de la capitale se mettait en danger, sous la menace de Rennais épatants de détermination. Et Ben Arfa était tout proche d’une incroyable revanche sur le club parisien, où il avait été mis au placard, avec une frappe puissante à l’entrée de la surface, qui passait finalement à côté (110e). On se dirigeait doucement mais sûrement vers la séance de tirs au but. Pas tranquillement cependant, puisque Mbappé commettait un véritable attentat sur Da Silva et récoltait un carton rouge logique à la 118e minute de jeu ! Une action qui témoignait de la nervosité des Parisiens durant la fin de rencontre. Direction les tirs au but donc. Les 5 tireurs désignés par chaque équipe ont tous marqué leur tir au but, et il a fallu attendre le 6e tireur pour voir un loupé. C’est Nkunku, entré en jeu en toute fin de rencontre, qui n’a pas cadré sa frappe, offrant le titre aux Rennais qui tiennent là un exploit retentissant.

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L’homme du match : Koubek (7) le gardien de but tchèque a réalisé un très grand match ce soir. S’il ne peut rien faire sur les deux premiers buts du PSG, il a permis au Stade Rennais de rester en vie dans cette rencontre. Impérial, d’abord face à Mbappé puis sur la frappe de Dani Alves juste avant la pause, il a clairement offert le droit de rêver aux supporters bretons. Serein face à Neymar puis Cavani en prolongation, il s’est également montré rassurant en fin de match, lorsque sa défense en avait le plus besoin. Il n’a arrêté aucun tir au but mais a vu celui de Nkunku s’envoler au-dessus de ses cages.

Stade Rennais

-  Koubek (7) : lire ci-dessus.

- Traoré (6.5) : il faut dire que le Malien avait fort à faire sur son côté droit, tantôt sollicité par Neymar, tantôt par Kylian Mbappé. S’il a parfois été maladroit, concédant des fautes évitables, le défenseur a aussi enchaîné les efforts sans rechigner. Il a totalement relancé cette rencontre en allant chercher tout seul le CSC de Presnel Kimpembe. Tout n’a pas été parfait, mais il a réalisé un très bon match.

- Da Silva (5.5) : auteur d’un match très moyen du côté de Dijon le week-end dernier, le défenseur central se devait de réagir ce soir. S’il sort à contretemps sur le second but parisien, il se mue en sauveur devant Neymar un peu plus tard, empêchant le PSG de plier le match. Une action probablement décisive, car à 0-3, tout aurait été très différent.

- Mexer (6) : longtemps insignifiante, sa prestation a pris un tout autre tournant lorsqu’il a profité de l’attentisme parisien pour égaliser de la tête. Sur le départ alors que son contrat se terminera en juin prochain, le défenseur mozambien fait définitivement tout pour tenter de convaincre ses dirigeants de le prolonger.

- Bensebaini (6) : blessé depuis plusieurs semaines, l’Algérien a pu tenir sa place ce soir. Héros de la demi-finale à Lyon, il s’est montré particulièrement nerveux sur la pelouse du Stade de France. Longtemps, Rennes a pris l’eau de son côté, où il a été particulièrement embêté par Dani Alves... Mais cela n’a duré que jusqu’à la pause. Car ensuite, le joueur de vingt-quatre ans a parfaitement réussi à calmer les ardeurs du Brésilien.

- André (6) : il a accumulé les pertes de balles très dangereuses, lui qui est d’habitude si précieux à la relance. Étonnamment maladroit en première mi-temps, le capitaine des Bretons a réalisé une seconde période bien plus fidèle à ce qu’il montre chaque week-end sur les pelouses de Ligue 1. Présent à la récupération, propre techniquement, il a permis au SRFC de changer de visage au retour des vestiaires.

- Grenier (6.5) : maladroit, voire presque méchant ses premières interventions, il a eu besoin de plusieurs dizaines de minutes pour réussir à se mettre au niveau de cette finale de Coupe de France. Lentement monté en puissance, l’ancien Lyonnais dépose le ballon sur la tête de Mexer sur le second but rennais. Un temps disparu, le vrai Clément Grenier était sur la pelouse de Saint-Denis ce soir.

- Bourigeaud (5.5) : on ne peut pas lui reprocher un manque d’investissement. Volontaire, le numéro 14 du Stade Rennais a beaucoup couru. Son action à la 57e, où il s’offre seul l’occasion de solliciter Alphonse Aréola, reflète bien son état d’esprit. Il est tout de même souvent tombé dans l’excès, et aurait pu ne pas terminer cette rencontre après plusieurs fautes grossières. Remplacé à la 105e par James Lea-Sliki.

- Ben Arfa (5.5) : après un bon premier quart d’heure, l’ancien du PSG a enchaîné deux pertes de balle extrêmement malvenues. Si la première a été sans conséquence, la seconde a amené le but de Neymar. Offensivement, il a eu quelques éclairs, sans véritablement parvenir à faire la différence, mais sans jamais renoncer. La preuve, il a été à deux doigts d’offrir la victoire à Rennes en fin de prolongation.

- Sarr (5) : lui aussi a été volontaire sur le plan défensif, mais, malheureusement pour Julien Stephan, moins en vue offensivement. Alors qu’il aurait pu faire la différence grâce à sa qualité de dribble et sa pointe de vitesse, il a finalement bien peu pesé sur la défense parisienne. On peut tout de même considérer qu’il a sa part de responsabilité dans le bon match d’Hamari Traoré.

- Niang (6) : souvent esseulé, le Sénégalais aurait pu inscrire un but absolument sublime, éliminant magnifiquement Marquinhos avant de voir sa frappe échouer sur le poteau (38e). Le reste de son match est cohérent, le natif des Yvelines a été costaud, répondant présent dans son rôle de pivot. Seul petit point noir, le buteur du Stade Rennais s’est parfois montré trop individualiste, oubliant ses coéquipiers à plusieurs reprises.

Paris Saint-Germain

- Areola (5) : préféré à Buffon. Pas grand chose à faire en première période mais un but encaissé, sur un csc de Kimpembe, et un poteau sur une frappe de Niang. Il s’est illustré en seconde période sur une frappe lointaine de Bourigeaud mais n’a rien pu faire sur la tête de Mexer. Il n’a pu arrêter aucun tir au but et est même parti 5 fois sur 6 du mauvais coté...

- Dagba (6,5) : une première période remarquable de sérénité dans son couloir droit. Lui qui jouait sa première finale a affiché une maturité digne d’un élément expérimenté, à l’image du sang-froid devant Bensebaini sur une relance. Calme et précieux, il n’a pas laissé passer grand-chose sur son aile. Un sauvetage remarquable et décisif devant Bourgieaud (64e) d’un tacle rageur. Malheureusement pour lui, c’est à la suite de ce tacle que Rennes a égalisé sur corner. Remplacé pour la deuxième mi-temps de la prolongation par Diaby. Le malheureux n’est pas resté longtemps sur la pelouse, puisqu’il a été remplacé avant la fin des prolongations par Nkunku suite au carton rouge reçu par Mbappé. Nkunku n’a pas été plus heureux puisque c’est lui qui manque le dernier tir au but.

- Marquinhos (4) : capitaine du PSG en l’absence de Thiago Silva, le défenseur central brésilien a bien débuté la rencontre, avant d’afficher une fébrilité qui ne lui ressemble pas. Il se fait trop facilement éliminer, par un contrôle orienté, par Niang (38e) et a raté quelques relances. Niang l’a mis en difficulté durant toute la rencontre, le Brésilien ne parvenant pas à casser la protection de balle de l’attaquant, qui s’est régalé sur les remises. À noter aussi quelques belles transversales.

- Kimpembe (5) : très solide durant le premier acte, l’international français semblait avoir pris le dessus physiquement sur ses adversaires directs, avec quelques jaillissements spectaculaires. Il a aussi pris ses responsabilités dans la relance avec des passes appuyées vers l’avant. Tout se passait bien donc, jusqu’à la 40e et un but contre-son-camp en raison d’un dégagement raté sur un centre de Traoré. Il s’est plutôt bien repris derrière et n’a pas commis d’erreur malgré beaucoup de travail dans son secteur de jeu.

- Bernat (4,5) : une sûreté technique à toute épreuve, mais c’est plus difficile pour l’Espagnol de boucler son côté. Les offensives rennaises sont essentiellement passées par son aile. Il faut dire qu’il n’était pas aidé par Neymar, placé devant lui, ni Draxler, qui mettait parfois du temps à coulisser. Encore très sollicité en deuxième période, il a parfois trop subi. Offensivement, il n’a pas su réaliser de bons centres malgré plusieurs occasions.

- Dani Alves (7) : omniprésent ! Placé à droite de Verratti, le Brésilien de 35 ans a livré un match plein. Très vite, il a recherché son complice Neymar sur le pré, avec un premier centre parfait. Mais il est surtout l’auteur de la merveille du soir, un but sur une reprise de volée directe à la tombée d’un corner tiré par Neymar (13e). Très présent dans les relais, dans les duels et surtout sur les deuxièmes ballons, il s’est régalé, dévoilant aussi des jambes de jeunot avec beaucoup d’appels dans les espaces libérés. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas offert une telle prestation. Il a logiquement décliné après les 90 minutes réglementaires.

- Verratti (6) : c’était la grande surprise de la soirée.Moins d’une semaine après sa sortie grimaçante en raison d’une cheville gauche touchée, le petit Italien était bien présent sur la pelouse du Stade de France pour guider les relances parisiennes. Un boulot dont il s’est acquitté avec plus de sobriété qu’à l’accoutumée. Pas de grand numéro mais des relances propres et quelques tacles, sa spécialité, dans les pieds adverses. Un match sérieux à défaut d’être génial.

- Draxler (4) : la déception de la soirée côté parisien. Le milieu allemand a fait peu de différences dans le jeu, a essentiellement joué en retrait ou latéralement et a connu du déchet dans ses passes. Peu inspiré, il n’a jamais semblé dans le bon tempo. Il a gâché un bon ballon, en pleine surface, de Neymar avec une frappe trop molle (38e) alors que le score était de 2-0. Et n’a pas été assez attentif sur le but de Mexer (66e). Deux symboles de sa rencontre. Remplacé à l’issue des 90 minutes par Cavani, qui a râlé auprès de Mbappé, qui aurait pu lui donner le but, après le poteau trouvé par l’attaquant français. Ses partenaires ont tenté de le trouver par la suite, sans succès. Il a marqué son tir au but.

- Di Maria (5,5) : absent des terrains depuis le 17 mars, l’Argentin était titulaire ce soir au Stade de France. Le manque de rythme, logique, s’est ressenti et on l’a senti emprunté physiquement. Cela ne l’a pas empêché de distiller quelques bons ballons, dont un caviar sur le but de Neymar. Mais globalement, il n’a pas un grand impact sur le jeu parisien. Remplacé à la 74e par Paredes, qui s’est positionné comme le milieu de terrain le plus bas et qui offert le même visage que depuis son arrivée au PSG.

- Neymar (7) : première titularisation depuis le 23 janvier dernier pour le Brésilien, forcément très attendu. Alors, qu’a-t-on vu ? Beaucoup d’activité, avec un rythme impressionnant au regard de la durée de sa convalescence. Vite dans le bain, il s’est créé la première occasion dès la 2e minute, et après 22 minutes de jeu, il avait déjà une passe décisive et un but au compteur. Et quel but, d’un lob aussi subtil que maîtrisé sur Koubek (22e). Le scénario de la rencontre a rendu la suite cependant un peu compliqué. Les joueurs rennais lui ont chatouillé les chevilles à plusieurs reprises. D’abord essentiellement à gauche puis de plus en plus meneur de jeu au fil du match, il est parfois retombé dans ses travers. Il n’est pas passé loin du doublé à plusieurs occasions, mais n’a pas trouvé le cadre, a glissé, ou était simplement un peu court. Il aura toutefois prouvé ce soir qu’il était toujours le patron offensif de son équipe.

- Mbappé (4) : un drôle de match pour l’attaquant français. Lui qui a porté le PSG sur ses épaules pendant plusieurs semaines a d’un coup touché beaucoup moins de ballons. Non pas que ses partenaires l’aient ignoré, mais le retour de Neymar a suffisamment changé le circuit du ballon pour qu’il soit servi moins régulièrement. Il a quand même eu quatre occasions nettes. En première période, il a pu tirer dans la surface à deux reprises mais est tombé sur un bon Koubek. En seconde, il a vu sa reprise passer de peu à côté après un bon centre d’Alves et a surtout trouvé le poteau dans les prolongations, alors qu’il aurait pu servir Cavani. Expulsé logiquement en fin de prolongation pour un terrible coup donné sur le genou de Da Silva. Il a abandonné ses partenaires avant la séance de tirs au but.

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