Il y a un peu moins d’un mois, le PSG avait étrillé Saint-Etienne, en déplacement dans le Forez, sur le score de 4-0. Les deux équipes se retrouvaient ce soir en quart de finale de la Coupe de la Ligue, sur la pelouse du Parc des Princes cette fois-ci. Et dans une compétition où beaucoup d’équipes en profitent pour faire tourner, le PSG alignait ce mercredi soir ses 4 phénomènes offensifs, Mbappé, Neymar, Icardi et Di Maria dans le 4-4-2. L’ASSE, de son côté, proposait une équipe fortement remaniée, aussi bien en raison des blessures que de certains choix de Claude Puel. Des choix qui allaient être sanctionnés très vite, dès la 2e minute. Après une première accélération de Mbappé qui servait Neymar dans la surface, le club de la parisien s’en remettait à son renard des surfaces, Mauro Icardi. Lancé en profondeur dans la surface, il tirait en angle fermé et trompait un Moulin pas exempt de tout reproche sur le coup (1-0, 2e). Comme lors du match de Ligue 1 entre les deux formations, le PSG trouvait vite la faille.

Avec ses quatre fantastiques, le club francilien proposait quelques belles séquences, à l’image d’une splendide action collective à la 19e minute qui aboutissait à une frappe de Bernat. Sous l’eau, Saint-Etienne allait peu à peu s’en sortir grâce à deux frappes. La première, inoffensive, de Khazri, la deuxième, puissante, de Trauco sur lesquelles Rico intervenait. Le PSG avait baissé de rythme et les Stéphanois en profitaient pour pointer le bout de leur nez. En position haute, ils perdaient le cuir et le contre était fatal à Fofana, qui accrochait Di Maria, en route vers le but. Deuxième carton jaune et donc exclusion pour le jeune défenseur central. Encore une fois comme en Ligue 1, l’ASSE se retrouvait à dix en première période. Et malgré une première mi-temps finalement plutôt décevante, le PSG creusait l’écart grâce à Neymar, qui piquait son ballon, après une passe décisive de Di Maria (2-0, 40e). Puis grâce à aux Stéphanois pour l’un des buts gags de l’année. En effet, sur un centre fort de Di Maria, Kolodziejczak dégageait malencontreusement sur Perrin, le ballon heurtait le poteau puis la jambe de Moulin et terminait sa course dans les filets (3-0, 44e).

Mbappé en mode caviar

Au retour des vestiaires, Claude Puel sortait son jeune attaquant, Rivera, courageux mais trop esseulé, et lançait Abi. Pas abattus, les joueurs stéphanois tentaient d’aller de l’avant mais allaient être encore punis par le PSG. Di Maria, encore lui, lançait Mbappé en profondeur. L’attaquant français effaçait Moulin venu à sa rencontre et servait Icardi au centre, qui finissait sans trembler (4-0, 49e). On pouvait craindre une addition encore plus lourde pour les Verts, pris quasiment systématiquement dans leur dos. Les appels en profondeur de Mbappé étaient un calvaire pour Perrin et Debuchy. Et cela ne s’arrêtait pas. Saint-Etienne réalisait l’exploit de se faire prendre en contre et Mbappé, de nouveau lancé en profondeur, par Neymar cette fois, jouait la carte de l’altruisme en servant Icardi pour le triplé (5-0, 57e). Icardi loupait une énorme occasion, une fois n’est pas coutume, quelques minutes plus tard, sur un bon service de Bernat (65e). Mais il se rattrapait en enchaînant un contrôle porte-manteau puis une passe décisive pour Mbappé (6-0, 67e).

Le calvaire stéphanois continuait mais était adouci par un penalty obtenu par Correia pour une faute de Di Maria inutile. Cabaye transformait en deux temps, après que sa frappe a été repoussé par Rico (6-1, 71e). Paris répondait en lançant Cavani à la place d’Icardi. L’Uruguayen pensait participer à la fête sur un service de Mbappé mais le Français était logiquement signalé hors-jeu. Mbappé passait lui aussi à côté d’un but d’anthologie en reprenant une passe de Cavani en coup du foulard, à l’extérieur de la surface (78e). Cela lobait moulin mais cela n’était pas cadré. Ce geste disait tout de la confiance qui animaient les joueurs parisiens ce soir, qui, après Linas-Monthléry dimanche dernier, a de nouveau passé 6 buts à son adversaire, d’un tout autre niveau, ce mercredi soir. L’année 2020 démarre bien pour le club de la capitale.

L’homme du match : Mauro Icardi (8,5) : et de 3 qui font 17. L’Argentin s’est offert un triplé face à Saint-Etienne, le premier avec le PSG. Dans son style caractéristique puisque sur ses trois buts. Il est à l’affût dans la surface et termine le travail initié par ses partenaires. Simple ? Evidemment que non puisque c’est le fruit d’un travail permanent de déplacement pour feinter les défenseurs au marquage. Sa finition clinique, sauf une fois sur un service de Bernat, a donc de nouveau fait mouche. Et à cela, il a ajouté une passe décisive pour Mbappé, à la suite d’un contrôle en porte-manteau remarquable. Remplacé pour le dernier quart d’heure par Cavani, qui a cru marquer mais Mbappé était hors-jeu.

PSG :

- Rico (6) : sollicité en première période par des frappes de Khazri et Trauco, le gardien espagnol a répondu présent, avec des interventions claires. Quasiment rien à faire après la pause mais un penalty subi. Il a repoussé la tentative de Cabaye en plongeant du bon côté mais le ballon est revenu sur le joueur stéphanois.

- Meunier (6) : le latéral droit a parfaitement débuté son match avec une passe décisive à destination d’Icardi dès la 2e minute, pour l’ouverture du score. Après cela, on l’a beaucoup moins vu offensivement. Par contre, défensivement, il s’est montré très solide et tranchant dans ses interventions.

- Kehrer (6) : titularisé en défense central, l’international allemand a pris quelques risques sur les relances. À plusieurs reprises, il a en effet joué avec le feu, mais s’en est toujours bien sorti. Certes, il diffuse moins de sérénité que Thiago Silva, pour ne citer que lui, mais face à un jeune adversaire ce soir, il a passé une soirée plutôt tranquille.

- Marquinhos (6) : une soirée plutôt tranquille pour le Brésilien, capitaine pour l’occasion. Peu de travail défensif, ce qui ne l’a pas empêché d’avoir du déchet dans son jeu long, une récurrence ces dernières semaines, alors qu’il avait progressé dans ce domaine à force d’évoluer en sentinelle. Une deuxième période très solide dans le domaine aérien.

- Bernat (5,5) : toujours porté vers l’offensive, le petit latéral gauche a eu une occasion en or à la 19e minute après une excellente séquence collective mais il a trop croisé sa frappe. Contrairement à ses partenaires, il a été beaucoup sollicité défensivement, en raison de l’activité débordante d’Honorat. De nouveau parfaitement servi par Neymar à la 52e, il s’est pris les pieds dans le ballon. Maladroit dans la zone de vérité à plusieurs reprises donc. Aurait cependant pu être crédité d’une passe décisive si Icardi avait cadré sa frappe.

- Gueye (5) : un match très neutre de la part de l’international sénégalais. Dans ce 4-4-2 qui lui demande une grande vigilance défensive, il n’a pas eu l’occasion de s’exprimer balle au pied. Mais il n’a pas non plus particulièrement brillé défensivement. Quelques ballons grattés ci et là et peu de récupérations hautes. Dans ce match largement gagné, le PSG n’a bizarrement pas toujours été dominateur dans l’entrejeu et Gueye a parfois subi.

- Verratti (6) : un peu comme Gueye, un match curieux, où sa technique et sa science de la passe n’ont pas été particulièrement utiles. Cependant, sa qualité balle au pied a permis des relances soignées vers l’avant. Peu de déchet mais pas d’éclair. Remplacé à la 72e minute par Paredes, qui a eu le temps d’amener son impact physique à deux-trois reprises.

- Di Maria (7,5) : un peu moins en vue que ses partenaires d’attaque lors des premières minutes, il est peu à peu monté en régime. Une première passe décisive pour Neymar sur le deuxième but parisien, le centre qui amène le but contre son camp, l’avant-dernière passe sur le quatrième but signé Icardi, l’avant-dernière également sur le but de Mbappé, voilà pour son apport fructueux à l’avalanche de buts du soir. Au-delà de ces lignes, Di Maria a de nouveau étalé toute sa finesse technique à laquelle il a ajouté un impact défensif. D’où son seul bémol : un penalty concédé en fin de match pour une faute inutile. Mais le principal était ailleurs. Remplacé par Draxler (81e), moins dans le ton.

- Neymar (7,5) : il a démarré côté gauche, quasiment collé à la ligne, et a livré un duel âpre avec Debuchy. D’abord un peu maladroit dans ses tentatives, il a réglé la mire et a ensuite livré un festival. Son but, d’un subtil piqué, a suscité l’admiration du Parc des Princes. S’il n’a pas ajouté de passe décisive ou de but à sa ligne de stats, il a grandement participé au festival, étant au coeur de nombreuses actions parisiennes.

- Mbappé (8,5) : très bonne prestation de la part du natif de Bondy, qui a vite montré qu’il était en jambes, dès ses premières accélérations. Il est souvent décalé à gauche et a appuyé là où ça faisait mal, dans le dos des défenseurs adverses. Il avait envie de se faire plaisir et de faire plaisir à ses partenaires. À l’image de ses deux passes décisives pour Icardi, alors qu’il était lui-même en situation de marquer. L’Argentin lui a rendu la pareille pour qu’il puisse célébrer également. Il a aussi failli un marquer un but d’anthologie d’un coup du foulard à l’extérieur de la surface. Beaucoup d’appels, de mouvements et une participation intéressante au jeu, sans superflu.

- Icardi (8,5) : lire ci-dessus.

Saint-Etienne

-  Moulin (4) : Jessy Moulin a vécu une soirée compliquée au Parc des Princes. Son match a débuté par un mauvais dégagement, qui a conduit au premier but parisien (2e) et qui a ouvert les festivités pour le PSG. Le portier de 33 ans n’a pas pu faire grand-chose sur les autres réalisations du PSG, comme sur ce but malheureux contre son camp (44e), où le ballon rebondit sur Perrin, puis sur le poteau avant de lui toucher le tibia et de mourir dans son propre but. Sans sa vigilance tout au long de la seconde période (54e, 55e, 73e, 79e), l’addition aurait pu être bien plus salée.

-  Honorat (4,5) : il a été l’un des joueurs les plus en vue du côté de l’ASSE. Auteur d’un lob malicieux ne passant pas loin de la cage de Sergio Rico (6e), Franck Honorat s’est montré volontaire, surtout en première période, à l’image de son incursion dans la surface parisienne (28e). Il s’est peu à peu éteint au fil du match, à l’image de tous ses coéquipiers. Il n’a pas suivi Neymar, qui a pu piquer tranquillement Moulin (2-0).

- Debuchy (2) : l’ancien défenseur d’Arsenal s’est surtout distingué pour ses coups distillés à répétition à Neymar, notamment en début de match. Logiquement averti par Clément Turpin (25e), Debuchy a été contraint de se contenir pour le reste de la rencontre, qu’il aurait pu ne pas finir. Et cela ne l’a pas arrangé, loin de là. Quasiment tout le temps pris dans son dos en seconde période, il a activement sombré au naufrage collectif des Verts.

- Fofana (non noté) :  : le jeune défenseur central, rapidement et logiquement expulsé par Clément Turpin après avoir pris deux cartons jaunes (32e) et empêché Di Maria de filer au but, a plombé son équipe pour le reste de la rencontre. Il avait pourtant bien entamé son match, remportant notamment ses duels aériens.

- Perrin (3,5) : le capitaine emblématique de l’ASSE a fait ce qu’il a pu face à la vivacité des quatre fantastiques du PSG. Souvent pris dans son dos ou de vitesse, Perrin a tout de même remporté la majorité de ses duels aériens pour soulager sa défense au fil de la rencontre.

- Trauco (3,5) : très discret dans son couloir gauche, le Péruvien ne s’est pas trop montré sur la pelouse du Parc des Princes, hormis sur cette bonne frappe flottante bien repoussée par Sergio Rico (21e). Il a moins subi que Debuchy mais Di Maria l’a quand même tourmenté.

- Camara (3) : match très compliqué pour le jeune milieu de terrain (21 ans) des Verts. Rapidement averti (11e), il a souvent compensé ses retards par de l’agressivité, malgré quelques bonnes interventions, comme celle dans les pieds de Neymar (37e). Il s’est montré plus à l’aise offensivement que défensivement et a trop souvent laissé Cabaye seul dans l’entrejeu.

- Dioussé (non-noté) : le joueur de 22 ans n’a pas existé face au pressing parisien, et a été trop souvent trop imprécis dans ses passes. Remplacé par Timothée Kolodziejczak (note : 3) (34e) pour passer en 5-3-1 après le carton rouge de Wesley Fofana. Sa bonne intervention dans la surface juste avant la pause a bien lancé son match face au PSG. Mais c’est à peu près tout pour l’ancien Lyonnais, notamment coupable sur le 5e but du PSG (Icardi, 57e), puisque c’est lui qui couvre Kylian Mbappé, qui avait le champ libre pour filer au but de Moulin. Trop naïf dans la surface sur le gros raté d’Icardi (66e). A l’image de ses partenaires en défense

- Cabaye (5) : l’ancien joueur du PSG a été l’un des meilleurs Stéphanois pour son retour sur la pelouse du Parc des Princes. Son âge (33 ans) ne s’est pas fait ressentir face à Paris. Unique buteur face au PSG (de la tête après avoir vu son pénalty repoussé par Sergio Rico, 71e), il a été l’une des seules satisfactions du côté de l’ASSE. Très volontaire au milieu de terrain, il a coupé de nombreux ballons dangereux. Premier relanceur de son équipe, il a souvent compensé le retard de ses partenaires au milieu. Sa perte de balle devant Di Maria, menant au 4e but du PSG, ternit toutefois sa copie.

- Rivera (3) : ce n’était pas le plus beau des cadeaux que de lancer le jeune Maxence Rivera dans le grand bain face au PSG, sur sa pelouse du Parc des Princes. Après avoir signé son premier contrat professionnel avec l’ASSE le 3 janvier dernier, il a livré une prestation très moyenne face à Paris. Très volontaire, il s’est contenté de jouer simple, mais parfois de manière trop imprécise. Il a été trop esseulé en attaque et s’est fait mangé physiquement par Marquinhos et Kehrer. Rivera devra muscler son jeu s’il souhaite s’imposer sur les pelouses de la Ligue 1 dans les prochaines années, à l’image de sa frappe cadrée mais trop peu appuyée (45e). Remplacé à la mi-temps par Charles Abi (3). Le jeune attaquant des Verts a beaucoup couru au Parc des Princes. Malheureusement pour Claude Puel, ses courses ont été effectuées pour la plupart dans le vide, et ses rares incursions dans le camp parisiens ne se sont pas avérées dangereuses.

- Khazri (2,5) : auteur d’une première partie de saison poussive, entre déceptions et blessures, l’ancien joueur de Sunderland n’a pas convaincu sur la pelouse du Parc des Princes. Ses efforts défensifs à répétition ont probablement pris le pas sur sa lucidité offensive. Souvent excentré sur son côté gauche, l’international tunisien n’a pas semblé à l’aise dans ce rôle. Il s’est distingué par la première frappe cadrée des son équipe (19e), mais trop molle pour inquiétée Sergio Rico. Plus volontaire en seconde période, à l’image de cette course en solitaire où il est parvenu à obtenir un coup-franc (50e), il a vite été remplacé par Correia (62e), qui a provoqué la faute de Di Maria pour offrir le pénalty, transformé par Cabaye, aux Verts.