Mai 2014 : l’Allemagne s’inquiète pour sa Nationalmannschaft. Problèmes extra-sportifs, matches de préparations décevants et joueurs à la condition physique incertaine font craindre un Mondial brésilien raté. Deux mois plus tard, ils sont sur le toit du monde. Mars 2018 : l’Allemagne déçoit et s’inquiète du comportement de ses joueurs. La suite sera-t-elle aussi jouissive pour la sélection germanique ? En attendant de le savoir, la presse allemande a tiré les enseignements de la défaite subie à domicile face au Brésil mardi soir à Berlin (0-1).

« Les Brésiliens n’étaient même pas particulièrement bons, mais toujours meilleurs que les Allemands », selon Die Zeit. « L’Allemagne a besoin d’hommes » pour le Hamburger Morgenpost. Die Welt rappelle lui une chose essentielle : « L’’équipe B de l’Allemagne déçoit contre le Brésil ». Joachim Löw, après avoir aligné son équipe type contre l’Espagne vendredi dernier (match nul 1-1 après une bonne prestation d’ensemble), a en effet multiplié les changements dans son onze, afin d’effectuer une large revue d’effectif et de donner leur chance à certains éléments considérés comme de futurs remplaçants pour le Mondial. Ainsi, Draxler a joué en numéro 10 sous Mario Gomez, Goretzka a joué à droite, Sané a été titularisé à gauche tandis que Gündogan a accompagné Kroos au milieu. Rüdiger a lui suppléé Hummels en défense centrale et Trapp a gardé les cages. Tout ce petit monde n’a guère convaincu face au Brésil.

La faillite des seconds couteaux

« Ce n’était pas simple d’avoir des automatismes avec tous les changements que nous avions effectués dans l’équipe, notre jeu n’était pas aussi fluide que d’habitude. Nous avons eu des pertes de balles, qui ont donné confiance à notre adversaire. Nous n’avons pas été dominateurs comme d’habitude. Chez certains joueurs, l’attitude n’était pas la bonne, nous n’avons pas mis la pression vers l’avant », a lancé le sélectionneur Löw en conférence de presse. Clairement, la prestation d’ensemble a été bien loin de ce que l’Allemagne est capable de proposer. La défaite face au Brésil, en plus d’être symbolique (première défaite après une série de 22 matches sans revers), a donc confirmé que la Nationalmannschaft avait plus que jamais besoin de ses hommes forts (Müller, Özil, Khedira pour ne citer qu’eux).

Toni Kroos, rare titulaire habituel présent sur le pré hier soir, a livré des mots très durs à l’encontre de ceux qui devaient jouer leur carte mardi soir. « Pour être honnête, nous devons admettre que nous n’étions assez bons sur certains points. Et beaucoup n’ont pas saisi leur chance. (…) C’était trop peu, aussi bien d’un point de vue footballistique que dans le langage corporel. Nous ne sommes pas aussi bons qu’on le dit toujours, ou comme certains d’entre nous le pensent peut-être ». Un constat partagé par le journaliste de Fussballtransfers, Lukas Hörster. « Kroos, sans les citer, parle de Sané, très décevant, Draxler, qui s’est caché contre le Brésil, ou encore Goretzka. Ce sont les plus grands perdants de la rencontre. Ils avaient une chance de montrer de quoi ils étaient capables et ils l’ont laissé filer ».

Mine de rien, l’Allemagne n’a plus gagné depuis la fin des qualifications pour le Mondial et une victoire facile (5-1) face à l’Azerbaïdjan le 8 octobre dernier. Mais pas de quoi céder à la panique. « Il n’y a pas de doute lorsque l’équipe A est sur la pelouse. L’équipe est plus forte que celle de 2014 et il n’y a pas vraiment de problème pour l’instant, contrairement à 2014, où il y avait beaucoup de blessés. Cependant, le discours de Kroos est juste : certains joueurs ne sont pas aussi bons que certains le pensaient », poursuit Lukas Hörster. Sané est le premier visé par la presse allemande, Draxler à un degré moindre. Il ne faudrait donc pas déplorer de blessures de joueurs-clés d’ici à la Coupe du Monde au regard du manque de solutions viables à l’heure actuelle. Mais depuis 2014, le peuple allemand voit l’inquiétude pré-Mondial comme un bon présage !