Le duel entre le Portugal et l’Espagne avait été un des matchs les plus intéressants de ce début de Coupe du Monde 2018. Mais ce 3-3 oblige tout de même Lusitaniens et Espagnols à gagner cette deuxième rencontre de poules. La bande de Cristiano Ronaldo se devait donc de l’emporter face au Maroc, pour qui la victoire était aussi impérative après cette défaite face à l’Iran. Pour ce duel, Fernando Santos alignait la même composition que face à l’Espagne, avec Joao Mario à la place de Bruno Fernandes comme seul nouveauté. Du côté des Lions de l’Atlas, il y avait aussi du changement, et Harit démarrait par exemple sur le banc de touche. Au final, le Portugal l’a emporté sur le score de 1-0, non sans souffrir.

La rencontre démarrait sur un rythme assez intense, avec deux équipes portées vers l’offensive. Dès la quatrième minute de jeu, Cristiano Ronaldo mettait les siens devant ! Profitant des errements défensifs marocains, le Portugais, sur corner, mettait la tête et crucifiait déjà Munir (1-0). Une entame de match idéale ! Il n’était d’ailleurs pas loin de doubler la mise quelques minutes plus tard, sur une frappe en pivot qui a frôlé le poteau droit du portier marocain (9e). Première réaction du Maroc sur cette tête de Boussoufa, non cadrée (10e). Benatia, de la tête également, obligeait Rui Patricio à se jeter vite au sol pour empêcher l’égalisation (11e). Le Maroc commençait peu à peu à se réveiller, avec des redoublements de passes assez efficaces dans les derniers mètres.

Le Maroc n’a pas démérité

Peu à peu, la rencontre se durcissait, avec un rythme de plus en plus haché. Munir sortait une parade décisive face à Guedes, remportant son un contre un face au joueur de Valence, lui qui avait été servi par Cristiano Ronaldo (39e). Sur un coup franc botté côté droit, Belhanda reprenait de la tête mais ne parvenait pas à cadrer (45e+2). Les débats étaient donc plutôt équilibrés lors de ces premières 45 minutes, et les deux équipes semblaient en mesure de faire trembler les filets adverses. Au retour des vestiaires, la partie reprenait avec un scénario similaire. Jose Fonte, de la tête, catapultait le cuir au-dessus de la barre (47e).

Rui Patricio lui captait bien cet enroulé de Belhanda (55e). Dans la foulée, le joueur de Galatasaray voyait le portier lusitanien sortir une parade sublime pour éviter que cette reprise de la tête n’aille se loger au fond des filets (57e). Les avertissements s’enchaînaient. Benatia, après avoir contrôlé dans la surface, ne parvenait pas à cadrer sa demi-volée (60e). On semblait de plus en plus proches d’une égalisation marocaine, d’autant plus que l’animation portugaise était de plus en plus morne. Mais le Maroc n’y arrivait toujours pas devant, et les occasions se faisaient de plus en plus rares. Dans le temps additionnel, Benatia, encore une fois dangereux dans la surface, ne cadrait pas (90e+2) ! Le Portugal a eu chaud, mais le champion d’Europe en titre prend bien les trois points !

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L’homme du match : Moutinho (7,5) : sur un corner joué rapidement par Bernardo Silva, il centrait instantanément pour Cristiano Ronaldo qui ouvrait le score (1-0, 5e). Bien dans son match, il réalisait une superbe intervention devant son but (19e). Assez disponible il se montrait précieux des deux côtés du terrain. Une prestation de qualité qui est dans la continuité de son match contre l’Espagne. Remplacé par Adrien Silva (88e) qui a juste obtenu un carton jaune (90e +2).

Portugal

- Rui Patricio (7,5) : impérial devant une tête de Khalid Boutaïb (11e) le nouveau portier de Wolverhampton rentrait bien dans son match. Présent dans les airs, il s’est montré rassurant envers sa défense. Mis à contribution par Younes Belhanda, il réalisait un bel arrêt (55e). Il réalisait ensuite une parade sublime devant la tête du joueur de Galatasaray (57e). Une prestation accomplie où il se sera montré déterminant dans le résultat de son équipe

- Cedric (6) : souvent mis en difficulté dans son couloir, il a subi le courroux d’Hakim Ziyech durant l’intégralité de la première période. Bien contenu, il a eu de grosses difficultés pour se projeter. Au retour des vestiaires, il affichait une meilleure forme et resserrait les boulons défensivement. Même sur le plan offensif, il se montrait bien plus tranchant.

- Pepe (5,5) : pas forcément au mieux, il se faisait totalement mystifier par Hakim Ziyech (18e). Un début de match assez compliqué pour le joueur de Besiktas. Mieux par la suite, il montait en régime au fil des minutes. Propre dans ses interventions et mieux dans les duels, il assumait son statut de patron de la défense. Il a fait une main dans sa surface sans se faire sanctionner (80e).

- Fonte (6,5) : un peu plus à l’aise que son compère de l’axe, il avait le mérite d’être présent dans le jeu aérien ou il apportait du poids. Dans la surface adverse, il apportait dans les airs avec une tête qui passait tout près du but marocain (48e). Appliqué dans ses interventions, il ne laissait pas la moindre possibilité aux Lions de l’Atlas.

- Guerreiro (2,5) : régulièrement porté vers l’avant, le joueur du Borussia Dortmund tentait sa chance de loin, mais le ballon était dévié en corner (4e). Auteur d’une belle chevauchée, il délivrait une belle passe pour Cristiano Ronaldo qui croisait trop son ballon (10e). Défensivement, il n’apportait pas suffisamment de garanties et vivait un véritable calvaire. En difficulté tout le match, il a souvent été pris à défaut et a commis des fautes évitables.

- Moutinho (7,5) : voir ci-dessus.

- William Carvalho (7) : sérieux dans ses prises de décisions, il livrait un début de match correct avec quelques récupérations et en étant sérieux dans ses transmissions. Dans l’ensemble, sa première période était de qualité, la seconde l’était un peu moins. Un peu plus imprécis par la suite, il continuait toutefois de se montrer précieux dans les phases défensives.

- Bernardo Silva (7) : excellent dans l’esprit, il se battait sur tous les ballons possibles. Très bon dans ses prises de balles, il réussissait à casser les lignes et permettait au bloc équipe de remonter. Après un premier acte d’excellente qualité, il continuait sur les mêmes bases pour le bonheur de ses coéquipiers. Remplacé par Gelson Martins (60e) qui ne se montrait pas sous son meilleur jour.

- João Mario (3) : très brouillon en début de rencontre, il perdait la majorité de ses duels. Pas au point lors des phases de transitions, il livrait une entame très décevante où il était constamment à la limite. Inexistant durant l’ensemble de la partie, il a été catastrophique. Remplacé par Bruno Fernandes (70e) qui n’a pas fait bien mieux.

- Guedes (4) : assez mobile sur le front de l’attaque, le joueur qui appartient au PSG se heurtait aux défenseurs marocains. Bien lancé par Cristiano Ronaldo il ne passait pas loin d’inscrire le but du break, mais Munir réalisait une belle parade (39e). Moins en vue par la suite, il manquait clairement de réalisme dans le dernier geste.

- Cristiano Ronaldo (6) : à la réception d’un centre de Joao Moutinho, il claquait une tête rageuse qui donnait l’avantage au Portugal (1-0, 5e). Dans un bon jour, il bénéficiait d’une belle course de Raphaël Guerreiro et frappait, mais son ballon frôlait le cadre (10e). Par la suite, il délivrait une belle passe pour Gonçalo Guedes qui tombait sur un excellent Munir (39e). Plus timide en seconde période, il a néanmoins fait l’essentiel en donnant un succès à son équipe.

Maroc

- Munir (5,5) : même si son équipe a perdu, il n’a finalement pas eu énormément de boulot. Le portier de Numancia ne peut rien faire sur cette tête à bout portant de Cristiano Ronaldo. Il sort un arrêt décisif devant Guedes (39e), et c’était la seule intervention majeure à signaler. Compliqué de noter sa prestation du jour donc.

- Dirar (6) : sur le flanc droit de la défense, l’ancien de l’AS Monaco a été plutôt bon. Défensivement, il a été assez solide et n’a presque rien laissé passer sur son couloir, couvrant bien les espaces et gagnant quelques duels. On l’a souvent vu dédoubler et venir épauler Amrabat pour faire des différences sur l’aile, avec plus ou moins de succès.

- Da Costa (4,5) : le "Portugais" de cette sélection marocaine n’a pas forcément justifié la décision de Renard de le préférer à Romain Saïss. Sa rencontre démarre bien mal, avec une erreur de marquage qui amène en partie l’ouverture du score de Cristiano Ronaldo. Il a cependant su se relever de cette erreur dans l’aspect défensif, ne commettant aucune erreur, mais on a quand même senti certaines incertitudes au niveau de son positionnement avec Benatia, en plus de quelques relances manquées.

- Benatia (6,5) : le patron de la défense des Lions de l’Atlas a plutôt bien tenu son rang sur la pelouse du Stade Luzhniki. Au final, il n’a pas été tant inquiété que ça par les joueurs offensifs portugais, étant bien positionné et solide dans ses duels. Le joueur de la Juve a été très dur sur l’homme, peut-être trop parfois, mais ça a visiblement été efficace. Il a aussi été assez bon sur les coups de pied arrêtés offensifs, prenant plusieurs ballons de la tête et étant même le Marocain le plus dangereux devant.

- Achraf Hakimi (5,5) : le jeune latéral gauche madrilène a rendu une copie correcte mais pas transcendante. Il a énormément participé au jeu compte tenu de sa position sur le terrain, ses partenaires cherchant souvent à combiner avec lui, même s’il faut noter quelques imprécisions dans ses transmissions. Dans les derniers mètres, il a cependant été un peu trop maladroit, manquant la plupart de ses centres.

- El Ahmadi (6,5) : la sentinelle marocaine a mal commencé. Lui aussi peut bien mieux faire sur l’ouverture du score de Cristiano Ronaldo, où il est un peu nonchalant. Mais derrière, il a abattu un travail défensif considérable avec beaucoup de réussite, étant omniprésent alors qu’il était le seul milieu marocain avec un profil défensif et récupérant bon nombre de ballon. Il s’est montré assez propre à la sortie du ballon par la suite. Renard l’a sorti pour Fajr qui n’a pas eu le temps de se montrer (86e).

- Boussoufa (6) : prestation intéressante mais trop irrégulière. Lorsqu’il prenait le cuir, on sentait qu’il était capable de créer des décalages, et parvenait à trouver ses partenaires plutôt facilement. Mais il a aussi affiché un peu de déchet technique dans son jeu, manquant souvent ce dernier geste, voulant en faire trop parfois dans les un contre un. Une copie propre, mais qui aurait pu être plus précise.

- Belhanda (5,5) : performance en dents de scie pour le numéro 10 de cette sélection marocaine. Beaucoup de grigris et de geste techniques, pas assez de passes assurées ou de lignes brisées en première période. Il n’a pas eu l’impact dans le jeu qu’on attendait de lui lors de ces premières 45 minutes, mais il a su hausser le ton dès le retour des vestiaires, se montrant notamment plus dangereux dans la surface rivale et distillant des ballons intéressants à ses partenaires. Il se procure même la plus grosse occasion marocaine (57e). Il a laissé sa place à Carcela à 75e, qui a tenté mais s’est montré maladroit.

- Ziyech (6,5) : très actif et dangereux entre les lignes lorsqu’il avait le ballon entre les pieds, on peut regretter qu’il n’ait pas pu se montrer régulier sur l’ensemble de la rencontre. Il a beaucoup dézoné, affichant toute sa qualité technique et sa bonne lecture du jeu, ce qui a posé beaucoup de soucis aux défenseurs portugais. On notera aussi quelques coups de pied arrêtés plutôt bien tirés, trouvant souvent preneur dans la surface adverse.

- Amrabat (7,5) : aligné en tant que latéral face à l’Iran, il a repris sa position habituelle d’ailier contre les Lusitaniens. Pour le plus grand bonheur de Hervé Renard. Intéressant dans ses intentions, tentant de percuter ou de combiner avec Dirar qui montait également, provoquant ainsi plusieurs situations dangereuses pour les siens. Et ce de façon incessante. Un vrai poison pour Guerreiro qui a pris le feu à de nombreuses reprises.

- Boutaïb (4) : ce n’était pas le meilleur match pour espérer briller. Bien tenu par Pepe, l’attaquant marocain n’a pas eu énormément de ballons exploitables à se mettre sous la dent. On l’a parfois vu décrocher pour venir toucher quelques ballons, ce qui a globalement été assez efficace, mais dans la surface, il n’a pu créer aucun danger. On a également senti un certain manque de justesse technique, ce qui est fatal lorsque les adversaires laissent peu d’espaces. El Kaabi a pris sa place à la 69e mais n’a pas eu plus de chances que Boutaïb.