S’expatrier pour lancer sa carrière au plus haut niveau. Voilà la trajectoire empruntée par Djibril Dianessy (21 ans). Après ses débuts à Villemomble et un passage à l’AS Cannes, l’attaquant rejoignait le centre de formation de Toulouse. Seulement, tout ne s’y est pas passé comme prévu. « Je suis entré au centre de formation de Toulouse en juillet 2013. J’ai décroché un contrat de stagiaire pro de deux ans. À l’issue de ce bail, je n’ai pas été conservé. Toulouse, j’en garde un très bon souvenir. C’est là que j’ai fait mes premiers bancs en Ligue 1. Je pense que tout ce qui se passait à l’époque au club a joué sur le fait de ne pas être conservé, Toulouse ne savait pas s’il allait rester ou non en L1 », nous a raconté celui qui a connu deux ruptures des ligaments croisés d’un genou.

Ce refus l’a atteint, mais le buteur n’a pas baissé les bras, expliquant son arrivée aux Pays-Bas, en Ligue 2. « Quand Toulouse m’a annoncé qu’il ne me conserverait pas, c’était un peu le trou noir. J’ai fait la reprise avec la réserve du Stade Rennais. J’y suis resté une semaine, le temps d’un match amical, mais le test n’a pas été concluant. Je suis revenu sur Paris et l’agent avec qui je bossais m’a trouvé un club aux Pays-Bas. C’était le Fortuna Sittard. L’essai s’est bien passé pendant deux semaines, même si l’adaptation était compliquée, avec le changement de pays, la langue, etc. », a-t-il expliqué.

Le Fortuna Sittard, un formidable tremplin

Après une première saison d’acclimatation donc (9 buts et 7 passes décisives toutes compétitions confondues), il donne la pleine mesure de son talent depuis le début de l’exercice. « Là, je me sens bien. C’est ici que j’ai pu me révéler, montrer ce que je savais faire. C’est un bon tremplin. J’ai rencontré les bonnes personnes qui m’ont permis d’arriver là où j’en suis aujourd’hui. Ça va peut-être un petit peu moins vite, mais c’est un bon championnat quand même. Sincèrement, c’est une bonne expérience. Cette saison, on joue dans des stades pleins. C’est magnifique de jouer dans un stade rempli. Ça donne une motivation supplémentaire, ça donne envie de jouer », a raconté celui qui en est à 11 réalisations en 28 matches de championnat (13 toutes compétitions confondues) et 9 passes décisives.

Il s’est d’ailleurs fixé deux objectifs à atteindre dans le sprint final. « Je sais que je peux faire plus. Mais je ne m’en sors pas mal, je suis content de ma saison, à titre individuel et collectif. On se bat pour le titre de champion (le Fortuna est 3e, à 2 points du leader, NEC, ndlr). Je suis vraiment très content de la saison sur le plan collectif. Personnellement, j’aimerais bien passer la barre des 15 buts en championnat. On verra bien. C’est jouable, il reste encore sept matches ! », a-t-il lâché. Forcément, ses progrès chez les Bataves attirent les regards. Selon nos informations, quelques clubs en Espagne, en Italie et en Eredivisie suivent attentivement les performances de celui qui a prolongé jusqu’en juin 2019 (avec une année supplémentaire en option).

Malgré les sollicitations, il garde la tête froide. « Je ne me focalise pas trop là-dessus. Je mets ça dans un côté de ma tête. Pour l’instant, je veux me concentrer sur la fin de saison. Pour mon avenir, on verra à ce moment-là, avec le club. Évidemment, je cherche à évoluer au plus haut niveau possible. On verra bien », a-t-il avoué, laissant la porte entrouverte à un éventuel retour en France. Mais pas que. « J’aimerais bien découvrir vraiment la Ligue 1. Du banc de touche c’est bien, mais en jouant c’est mieux ! Mais après avoir vécu cette expérience aux Pays-Bas, ça ne me dérangerait pas non plus de revivre autre chose à l’étranger. Je suis ouvert », a-t-il conclu. À bon entendeur !