Voilà un an et demi que Jackson Martinez (31 ans) était éloigné des terrains en compétition officielle, entre blessures à répétition et renvoi du Guangzhou Evergrande. Le buteur, passé par le FC Porto et l’Atlético Madrid, a mis fin à sa traversée du désert ce dimanche. Arrivé à Portimonense en fin de mercato, le Colombien entrait en jeu, ce dimanche, à la 73e minute de la rencontre face au Vitoria Guimarães comptant pour la 5e journée de Liga NOS (3-2). Succédant au Brésilien João Carlos, l’international cafetero (41 sélections, 10 réalisations) - qui s’est également lancé dans la chanson avec son album No teméré - passait donc une vingtaine de minutes sur la pelouse du Estadio Municipal de Portimão.

Le temps pour lui de toucher la barre transversale (76e) et de se procurer une autre belle occasion (81e). Mais l’important était ailleurs. « Très heureux d’être revenu et d’avoir réussi à gagner ! J’ai longtemps attendu ça et cela n’a été possible que grâce à beaucoup de travail, d’implication et de force ! Merci à tous pour votre soutien pendant cette période », a-t-il posté, peu après la rencontre sur son compte Instagram. Des sensations retrouvées qui demandent évidemment confirmation, mais qui ont de quoi ravir, déjà, son entraîneur Antonio Folha, interrogé en conférence de presse d’après-match.

« Il pourrait être tranquillement dans les Caraïbes avec sa femme et ses enfants... »

« Le voir courir, quelques minutes, avec cette joie et cette envie donne une énorme satisfaction. Après ce qu’il a traversé, il a encore cette joie quand il entre sur le terrain, qu’il ait mal ou non - je n’en sais rien - mais il est bien possible qu’il ne dise rien, sa volonté est telle. À 31 ans, il pourrait être tranquillement dans les Caraïbes avec sa femme et ses enfants, mais il a tout lâché pour tenter de relancer sa carrière ou tenter de jouer et de s’amuser à nouveau, avec ce professionnalisme », a-t-il lancé, relayé par A Bola. Comme Folha, tout le club attend beaucoup de l’attaquant. Robson Ponte, directeur général de l’écurie de Liga NOS, le confiait encore récemment dans les colonnes du quotidien sportif local O Jogo.

« Jackson Martinez est un joueur confirmé, que tout le monde connaît très bien, notamment les supporters portugais. En raison de nos bonnes relations avec les clubs et les contacts en Chine, l’option Jackson s’est présentée et je crois que c’est un bon choix, même s’il a été arrêté un certain temps. Jackson est un joueur qui vient pour nous aider et pour apporter sa pierre à l’édifice et qui sera très utile », lâchait-il avant de poursuivre. « Je vois son arrivée comme un transfert de poids et pas comme une prise de risque. Jackson aura une bonne influence sur le groupe, dans la mesure où ses qualités et son expérience seront importantes, même s’il n’est pas, pour l’instant, à 100%. Je crois que Jackson sera une plus-value ».

L’exemple Radamel Falcao

Revenu de très loin, Jackson Martinez ne demande que ça, souhaitant s’inspirer de son compatriote Radamel Falcao, gravement blessé au genou et privé de Mondial 2014 au Brésil avant de rebondir et de participer à la Coupe du Monde 2018. « Falcao s’est relevé et est redevenu le Falcao que tout le monde connaît, il a réussi une fois de plus. Nous avons échangé des messages, nous avons beaucoup parlé à un moment où ce dont tu as besoin, c’est du soutien, de personnes autour de toi, d’encouragements », a-t-il expliqué au cours d’un long entretien accordé par O Jogo avant de poursuivre.

« Oui, j’ai pleuré ! Et beaucoup, et souvent, pas parce que je ne pouvais pas jouer mais parce que j’avais mal. Je donnais tout mais les douleurs ne me lâchaient pas. Malgré le traitement. Rien ne me calmait, j’ai passé des moments vraiment très durs. Il y a des moments où j’ai failli baisser les bras, mais, au final, je retrouvais la motivation pour avoir une nouvelle chance, qui, heureusement, est arrivée », a-t-il conclu. Le pire derrière lui, Jackson Martinez compte bien redevenir « joueur à nouveau ». Les défenses de Liga NOS, qu’il a martyrisées du temps où il évoluait chez les Dragões (67 buts en 90 matches de championnat), sont prévenues.