Mardi soir, la Juventus a roulé sur un Atlético faible et sans idées. Un nouvel échec européen pour des Colchoneros qui avaient pourtant mis les moyens cet été, prolongeant Antoine Griezmann avec un salaire colossal, ainsi qu’en recrutant des joueurs comme Rodri - peut-être le seul rojiblanco à sauver hier - mais surtout Thomas Lemar, recrue la plus chère de l’histoire du club du haut de son transfert à 70 millions d’euros. Mais le constat est plutôt accablant pour le Français. Très en difficulté hier, il n’a toujours pas su convaincre son monde du côté du Wanda Metropolitano cette saison, alors que c’est pour briller dans ce type de rencontre qu’il a été recruté.

« Horrible. Mais on l’a obligé à faire un match pour lequel il n’est pas taillé. Poursuivre ses adversaires, mettre la pression, voler des ballons », peut-on lire dans le quotidien AS, alors que Marca insiste sur le prix d’acquisition du joueur : « si l’Atlético a payé 70 millions pour lui c’était pour des matchs comme celui d’hier. Il n’a pas été à la hauteur ». Quoi qu’il en soit, il reste l’un des joueurs qui sont tenus pour responsables de cet échec, d’autant plus qu’il n’a pas la légitimité que peuvent avoir d’autres joueurs qui ont participé aux précédents succès de l’Atlético de Madrid.

Un manque d’automatismes ?

De façon globale, et malgré des débuts encourageants avec une belle prestation en Supercoupe d’Europe face au Real Madrid, le Français déçoit. Installé sur le flanc gauche du 4-4-2 de Diego Simeone, le joueur formé à Caen peine à trouver sa place. Il ne pèse pas assez dans le jeu, ne fait pas de différences et n’apporte pas cette touche de talent et de créativité qu’on attendait de lui. Face à la Juventus, le contexte du match et la volonté du Cholo de jouer très bas n’ont pas aidé, forcément, mais dans d’autres rencontres où l’Atlético avait l’initiative du jeu, comme cela peut arriver en Liga, il n’a pas particulièrement brillé non plus. Quelles autres explications trouver à sa méforme ?

On peut imaginer qu’il n’a pas encore énormément d’automatismes avec ses coéquipiers. A Monaco, il combinait souvent avec Benjamin Mendy, avec qui il avait développé une belle relation sur le terrain. A Madrid, c’est plus compliqué, notamment parce qu’il y a eu beaucoup de blessures et que Lemar a joué avec plusieurs joueurs différents derrière lui, comme Lucas Hernandez, Filipe Luis, Juanfran et même Saúl Ñíguez. Dans ce contexte, dur de trouver des automatismes. Devant lui, si ce n’est Griezmann, il n’a pas forcément d’autres joueurs avec lesquels combiner, Diego Costa étant par exemple plutôt un joueur qui cherche la profondeur que l’association. La classique pression du prix peut aussi expliquer les difficultés du Français.

« En ce qui concerne Lemar, c’est un joueur très important pour nous. Il n’a pas joué son meilleur match l’autre jour contre Séville. Nous devons être patients, nous devons attendre qu’il devienne important pour nous. Nous sommes confiants, lorsque cela sera nécessaire en Coupe du Roi ou en Ligue des champions, nous aurons le Lemar dont nous avons besoin », expliquait Diego Simeone en janvier, alors que certains supporters de l’Atlético s’impatientaient déjà. Depuis, force est de constater que la situation n’a pas forcément évolué dans le bon sens. L’Atlético étant maintenant éliminé en Copa del Rey et en Ligue des Champions, Thomas Lemar a encore onze rencontres de Liga pour prouver sa valeur.