La photo où Lionel Messi embrasse Ansu Fati a déjà fait le tour du monde. Dans les minutes qui ont suivi le coup de sifflet final, le numéro 10 barcelonais a publié une photo où il félicite la pépite de La Masia, ainsi qu’un cliché de Carles Pérez célébrant son but. Plus qu’un simple message de félicitations ou d’encouragement à destination des deux joueurs issus du centre de formation, cette publication du crack argentin a avant tout été vue comme un sacré message envoyé à la direction du FC Barcelone, accusée de délaisser son académie et de ne pas exploiter le talent qui sort de ses rangs. Une situation qui ne plaît pas à de nombreux supporters, mais également à certains joueurs du FC Barcelone, dont le natif de Rosario. Depuis plusieurs mois déjà, il se dit sur la cote méditerranéenne que le quintuple Ballon d’Or souhaite que les valeurs du club ne se perdent pas et veut voir plus de jeunes formés au club évoluer à ses côtés.

Les médias eux, n’ont d’yeux que pour Ansu Fati. « Le 16 octobre 2004 sera toujours dans les mémoires comme le jour où Lionel Messi a débuté en rencontre officielle avec le Barça. Qui sait si dans 15 ans on parlera du 25 août 2019 avec la même passion, comme le jouer où Ansu Fati a fait ses débuts avec 16 ans et 300 jours », peut-on lire dans Mundo Deportivo. Une petite enflammade certes, mais qui va plus loin que la simple hypothèse d’avoir vu fleurir un nouveau prodige du football mondial. L’irruption d’un gamin de 16 ans - par ailleurs devenu le deuxième joueur le plus jeune à débuter avec le club catalan - a donc une portée symbolique conséquente, à l’heure où les portes sont de plus en plus fermées pour les jeunes pousses du centre de formation.

Le nouveau porte-drapeau de La Masia

Lorsqu’on lit les analyses et les commentaires de la presse catalane, on comprend qu’il n’est même pas vraiment uniquement question de Fati, qui a pourtant réalisé dix minutes de qualité, mais d’une Masia dont il est maintenant le meilleur représentant. Le joueur de 16 ans est devenu le visage de cette jeunesse barcelonaise qui ne demande qu’à avoir des opportunités pour prouver ses qualités. « Pourquoi avoir recruté des joueurs comme Malcom et Boateng plutôt que d’avoir fait appel aux jeunes ? », sont d’autres phrases qui ressortent dans les médias de la Ciudad Condal, où on se félicite du fait que sept joueurs issus de l’académie blaugrana aient été utilisés par le Txingurri face au Betis.

De quoi confirmer que le prestigieux centre de formation du champion d’Espagne en titre est encore capable de sortir des joueurs talentueux. Ansu Fati a d’ailleurs affiché tout ce qu’on attendait d’un jeune formé au FC Barcelone hier lors de son entrée en jeu, jouant toujours juste et cherchant à combiner avant de tenter l’exploit individuel. Il était d’ailleurs à deux doigts d’inscrire son premier but, et aurait pu terminer avec une passe décisive si Arturo Vidal avait fait le bon choix dans la surface. Des débuts encore plus spéciaux quand on sait que, contrairement à beaucoup de jeunes qui ont préféré faire leurs valises pour tenter leur chance ailleurs malgré un âge très précoce, Fati a fait le choix de rester à Barcelone.

Un jeune qui a fait le pari Barça

Il a ainsi prolongé et signé un juteux contrat avec les Catalans, qui n’ont pas hésité à lui offrir des émoluments conséquents et à lui fixer une clause libératoire de 100 millions d’euros. De nombreux clubs européens sont venus aux nouvelles, mais lui a fait le choix de prolonger avec son club formateur. Une décision qui a fait plaisir à Barcelone, où la fuite des talents faisait beaucoup parler ces derniers temps. Certains accusaient les jeunes de vouloir gagner plus d’argent en s’en allant ailleurs, là où d’autres expliquaient que ces gamins partaient car ils sentaient que les portes de l’équipe première allaient être fermées.

Mais le cas de Fati a toujours été un peu particulier. S’il y a des joueurs qui sont plutôt discrets pendant leur jeunesse mais parviennent ensuite à franchir un cap une fois qu’ils arrivent aux portes du monde professionnel, à l’image de Sergio Busquets, Fati a lui toujours été considéré comme un wonderkid. À tel point que le FC Barcelone a "brisé" ses règles en terme de recrutement de jeunes pour l’attirer en Catalogne. À l’époque, c’est Albert Puig, responsable des jeunes au Barça et ensuite bras droit de Guardiola au Bayern, qui avait décelé son talent. Il n’avait que dix ans lorsqu’il était allé le chercher, alors qu’il appartenait à Séville. Les Barcelonais ne recrutent jamais à un âge aussi bas, mais ils ont senti qu’ils ne pouvaient pas laisser filer un tel prodige, quitte à entrer en conflit avec le président sévillan José Maria del Nido, conscient qu’il perdait un prodige. Le Real Madrid était dans la course à l’époque, et proposait même plus d’argent à la famille du joueur, qui a finalement misé sur le Barça.

On ne devrait cependant pas le revoir tout de suite en équipe première, puisque son apparition était due aux différentes blessures au sein de l’effectif barcelonais, et le contexte du match s’y prêtait. C’est sous les ordres de Victor Valdés, avec les U19, qu’il va évoluer, et on le verra donc en UEFA Youth League. L’ancien partenaire de Takefusa Kubo pourrait aussi faire quelques apparitions avec l’équipe B en D3 assez rapidement en fonction de sa progression. Son intégration à l’équipe première n’est donc pas prévue pour tout de suite, et il faudra probablement attendre deux ou trois ans pour le voir tous les week-ends avec le maillot bleu et grenat. D’ici là, des joueurs comme Riqui Puig, qu’on a beaucoup vu en présaison, ou Abel Ruiz sont attendus de pied ferme... Peut-être qu’Ansu Fati leur a ouvert des portes...

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