1er juin 2013. Le Celta Vigo, promu en Liga, se sauve in-extremis après une courte victoire face à l’Espanyol lors de la dernière journée du championnat. Mieux encore, l’ennemi juré, le Deportivo est relégué en Liga Adelante à l’issue de cette même journée. A l’époque, la hype Celta n’était pas encore lancée. Le jeu pratiqué n’était pas encore convaincant, les résultats étaient mauvais, mais plusieurs joueurs commençaient à faire parler d’eux de l’autre côté des Pyrénées, Iago Aspas en tête de liste. Le petit attaquant formé au Celta a terminé la saison avec 12 buts au compteur, et a surtout montré des qualités impressionnantes balle au pied. Et forcément, les grands clubs commencent à roder autour. C’est finalement Liverpool qui s’offrira les services du joueur, qui plie bagages direction la Mersey au plus grand dépit des Celtiñas.

Iago Aspas se prépare donc à découvrir la Premier League, mais l’aventure anglaise tournera vite au fiasco. Peu à peu, le Galicien a disparu des matchs et quittera donc l’Angleterre pour rentrer au pays, à Séville plus précisément. En Andalousie, Aspas n’a pas eu forcément plus de temps de jeu ou de réussite qu’en Premier League, si on met de côté quelques bonnes prestations en Coupe du Roi. Avec Carlos Bacca et Kevin Gameiro comme principaux concurrents, les places étaient chères. Quoiqu’il en soit, l’attaquant du Celta ne semble pas regretter ces deux saisons passées loin de chez lui. « A Liverpool j’ai beaucoup appris, c’était ma première expérience loin de chez moi, avec de nouveaux coéquipiers et de grands joueurs. A Séville, j’ai eu la chance de gagner un titre et d’avoir une vraie concurrence avec d’excellents coéquipiers », expliquait l’intéressé dans un entretien accordé à La Voz de Galicia cet été.

Aspas, l’élément manquant ?

Cette saison, le Celta a franchi un nouveau palier. Le retour de l’enfant prodige pour seulement 5 millions d’euros a clairement aidé les Celestes de retrouver à haut du tableau du championnat. Même si les Galiciens ont obtenu de très bons résultats ces deux dernières saisons, avec une 9e place en 2013/2014 et une 8e position en 2014/2015, ni Charles ni Larrivey n’ont semblé être en mesure d’atteindre le niveau de l’Espagnol. Trop limités techniquement, le Brésilien et l’Argentin étaient des joueurs de surface, qui décrochaient rarement pour donner un coup de main aux ailiers ou aux milieux. Avec un vrai numéro 9 capable de marquer mais surtout de participer à l’élaboration du jeu, les séquences offensives du Celta sont encore plus fluides. L’aisance technique d’Aspas lui permet de combiner facilement avec ses coéquipiers du front de l’attaque galicienne, Orellana et Nolito. Les assauts du Celta sont encore plus imprévisibles ; ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’ancien club de Claude Makelele est la troisième meilleure attaque de la Liga, avec seulement un but de moins que le Barça et trois de moins que le Real Madrid. Pour sa part, Aspas totalise déjà 6 buts cette saison, et pas des moindres, à l’image de son superbe lob face au FC Barcelone.

À 28 ans, le natif de Moaña est dans la forme de sa vie. Les bonnes performances du Celta lui permettront peut-être de rejouer en Europe la saison prochaine, et qui sait, d’éventuellement découvrir la Ligue des Champions. Que les supporters galiciens se rassurent, il semble compliqué d’envisager un nouveau départ dans les mois à venir. L’attaquant a probablement appris de ses expérience passées et il semble improbable de le voir prendre de nouveaux risques en quittant son cocon galicien. Et si ses bonnes prestations se confirment tout au long de la saison, pourquoi ne pas envisager une sélection avec la Roja ? Après tout, Vicente Del Bosque le suivait déjà en 2013, quand le Celta se battait pour le maintien. Maintenant que les Galiciens se sont installés parmi les cadors du championnat, Aspas devient un candidat plus que crédible pour une place en sélection.