La lutte pour le titre va être acharnée

Cet été, le Barça, le Real Madrid et l’Atlético de Madrid se sont bien renforcés. Les Catalans ont mis toutes leurs chances de leur côté pour conserver ce titre en s’offrant, entre autres, Frenkie de Jong et Antoine Griezmann. Deux ajouts de qualité à un effectif pléthorique, complété par les arrivées de Junior Firpo et de Neto, qui vont apporter de la profondeur à l’équipe, notamment à ce poste de latéral gauche où Jordi Alba n’avait pas de concurrence. Avec 8 titres remportés sur les 11 dernières saisons et encore plus d’individualités dans son effectif, le FC Barcelone fait encore office de favori. Mais Ernesto Valverde sait que son équipe va devoir proposer un meilleur contenu, et c’est surtout au niveau du jeu que le Txingurri sera jugé. Avec un De Jong déjà conquérant, il a en tout cas toutes les cartes en main pour y parvenir.

Côté Merengue, on voudra enfin mettre fin à la suprématie nationale des Catalans et même s’il est vrai que la présaison n’a pas forcément été convaincante, les troupes de Zinedine Zidane seront sûrement au rendez-vous. Là aussi, la base devrait être la même, avec un effectif désormais plus complet et Eden Hazard en guise de cerise sur le gâteau. L’entraîneur français joue gros, puisque les socios ne toléreront pas une nouvelle saison ratée en championnat ni même une nouvelle troisième place derrière le voisin et rival colchonero. Ce dernier a, contrairement aux deux autres, connu une véritable révolution estivale mais a laissé de très belles sensations pendant les rencontres de présaison, mené par un João Félix étincelant. Cette équipe du Cholo donne l’impression de vouloir développer un style de jeu plus offensif, avec un Diego Costa retrouvé, et alors qu’on s’attendait à une saison de transition pour les pensionnaires du Wanda Metropolitano, tout porte à croire qu’il va encore falloir compter sur eux.

Les clubs du subtop vont vouloir se refaire

Après des années de galère, Valence s’est imposé comme la quatrième force du football espagnol. Certains estiment même que les Ches peuvent prétendre à un statut d’outsider, mais une chose est sûre, la formation de Marcelino est capable de poser des problèmes à n’importe qui. Aucun cadre n’est parti, et Maxi Gomez est arrivé pour apporter encore plus de danger devant. En revanche, derrière le club à la chauve-souris, c’était plutôt faible dernièrement. La saison écoulée a été marquée par la disparition des équipes habituellement présentes dans le haut du tableau. Séville a réussi à se hisser à la cinquième place mais a globalement déçu. Les Andalous ont un tout nouveau projet, mené par Julen Lopetegui et un effectif totalement recomposé, où sont arrivés des joueurs comme Luuk de Jong, Oliver Torres, Lucas Ocampos, Sergio Reguilon, Rony Lopes ou Jules Koundé. Et ce n’est pas terminé...

Villarreal a longtemps joué le maintien la saison dernière, et il est inenvisageable pour le Sous-Marin Jaune de connaître une telle saison à nouveau. L’Athletic, à deux doigts d’accrocher l’Europe après un début de saison catastrophique, se devra de mieux commencer pour aller chercher cette place qui est la sienne entre les sept premiers, alors que les voisins de la Real Sociedad ont aussi considérablement renforcé leur équipe, en conservant la pépite Mikel Oyarzabal notamment. Le Celta, avec son génie local Iago Aspas et le retour des enfants du club Denis Suarez et Santi Mina se présente aussi comme un candidat à l’Europe, tout comme le Betis qui espère continuer d’envoyer du lourd d’ici la fin du mercato. Getafe et l’Espanyol, les surprises européennes de la saison dernière, seront elles aussi sûrement encore au rendez-vous... Vous l’aurez compris, les places européennes risquent d’être très chères cette année...

De nombreuses pépites vont exploser

Véritable vivier de talents, le championnat espagnol aura encore des joueurs qu’il faudra surveiller de très près dès ce week-end. Forcément, on pense tout d’abord à João Félix, la nouvelle star de l’Atlético, ou à la jeunesse colchonera très prometteuse menée par Victor Mollejo ou Sergio Camello, mais d’autres jeunes joueurs vont beaucoup faire parler d’eux dans les prochains mois, à commencer par les voisins Rodrygo Goes et Takefusa Kubo, qui ont des chances d’être prêtés dans un club de Liga. Les amateurs du football ibérique et surtout du Real Madrid auront encore l’occasion de profiter de Vinicius Junior. Du côté de la Real Sociedad, on retrouve notamment Martin Odegaard, de retour en Espagne après une excellente saison en Eredivisie avec le Vitesse. Il ne sera pas seul, puisqu’en plus de la pépite de la maison Mikel Oyarzabal, qui est déjà une référence en Liga, le club a aussi recruté Alexander Isak, l’attaquant suédois de 19 ans présenté comme la relève de Zlatan Ibrahimovic.

Toujours à la Real, l’ancien Lensois et défenseur central Modibo Sagnan devrait lui avoir l’opportunité de débuter en première division cette saison. Difficile de ne pas penser à Diego Lainez, arrivé du Mexique au Betis l’hiver dernier. Après une adaptation un peu compliquée mais pendant laquelle il a laissé des traces de son énorme talent, l’ailier mexicain est attendu au tournant cette saison. Chez nos amis de Séville, il va falloir compter sur sur le jeune attaquant Bryan Gil, et on sera également très curieux de voir l’évolution du Français Jules Koundé. À Valence, les milieux offensifs Kang-in Lee et Ferran Torres promettent d’enflammer Mestalla si Marcelino leur donne régulièrement l’opportunité de fouler la pelouse. Samuel Chukwueze (Villarreal) devrait continuer de faire des dégâts sur les flancs des terrains de Liga.

Des Français de partout !

Depuis des années déjà, la France est régulièrement la nationalité étrangère la plus représentée en Liga. S’il est encore trop tôt pour faire les comptes, dans la mesure où le mercato n’est pas terminé, on aura encore un sacré contingent tricolore sur les pelouses espagnoles, et surtout dans les gros clubs. Au FC Barcelone déjà, où Lenglet devrait encore démarrer en tant que titulaire, alors que Samuel Umtiti voudra reprendre sa place aux côtés de Gerard Piqué. Ousmane Dembélé va lui devoir batailler pour du temps de jeu suite à l’arrivée de son ami Antoine Griezmann, alors que Jean-Clair Todibo devrait lui avoir du temps de jeu par ci par là. Au Real Madrid, Karim Benzema et Raphaël Varane continueront d’être des tauliers de Zinedine Zidane, pendant que le nouvel arrivé Ferland Mendy aura fort à faire pour se faire une place avec Marcelo comme principal concurrent.

À l’Atlético, Thomas Lemar est resté un peu seul suite aux départs de Grizi et de Lucas Hernandez. Mais l’ancien Monégasque a affiché un très bon niveau pendant la pré-saison, et du côté de Madrid on espère enfin le voir sous son meilleur visage dans les rencontres qui vont compter. C’est à Valence qu’on retrouve la plus grosse colonie française, avec Eliaquim Mangala, Mouctar Diakhaby, Geoffrey Kondogbia, Francis Coquelin et Kevin Gameiro, ayant chacun un rôle et une importance dans l’effectif de Marcelino. Le petit nouveau que tout le monde attend, c’est Nabil Fekir, qui a fait le pari de se relancer au Betis. Les prestations de l’ancien capitaine lyonnais seront scrutées de très près et son arrivée à suscité de vives émotions dans le sud du pays. Comme c’est habituel, Séville présente aussi une équipe avec une belle saveur française, avec Koundé cité plus haut mais aussi Joris Gnagnon et bon nombre d’anciens de Ligue 1. Robin Le Normand et Modibo Sagnan (Real Sociedad) ainsi que Pierre Cornud (Mallorca) sont les autres franceses du championnat espagnol.

Un championnat de plus en plus homogène

Les années où le Real Madrid et le FC Barcelone écrasaient tout sur leur passage et enchaînaient les victoires 5-0 tous les week-ends sont clairement révolues. Depuis deux ou trois saisons déjà, les débats se sont rééquilibrés en Espagne, notamment grâce à la nouvelle répartition des droits TV et des sommes qui ont bien augmenté. La distribution reste encore assez favorable aux deux gros, surtout si on compare à l’Angleterre, mais beaucoup d’équipes ont vu leurs revenus exploser. Ce qui permet, entre autres, d’avoir des effectifs d’une meilleure qualité aux clubs à la base plus modestes, et il n’est désormais plus rare de retrouver des joueurs très intéressants chez des équipes luttant pour le maintien. La célèbre maxime "tout le monde peut battre tout le monde" qu’on appliquait souvent à la Premier League est désormais aussi valable sur les terres de Don Quijote.

La preuve, les trois relégués - Girona, Huesca et le Rayo - ont causé d’énormes soucis aux grosses formations du championnat et ont lutté jusqu’au bout pour ne pas descendre. Huesca n’a par exemple perdu que d’un but ses deux rencontres face au Real Madrid l’an dernier, et a réussi à tenir un nul contre le Barça, alors que Girona a battu le Real Madrid et a aussi tenu un nul face au champion d’Espagne. Une sorte de rééquilibrage qui s’explique en partie par la tendance tactique actuelle en Espagne visant avant tout à avoir une équipe plutôt équilibrée et en place derrière, avant de se projeter rapidement vers l’avant. Ce qui laisse généralement moins de facilités aux attaquants adverses, et dans ces contextes là, les écarts de talent et de niveau s’atténuent. Les rencontres sont désormais souvent bien plus intéressantes à suivre, et à défaut d’être plus spectaculaires même s’il arrive souvent qu’elles s’enflamment, elles sont plus équilibrées.

10% sur tout Foot.fr avec le code FM10