Entre 2005 et 2009, l’Olympique Lyonnais a assisté à l’éclosion puis à l’explosion de Karim Benzema au plus haut niveau. Un talent formé au club qui a marqué 66 buts en 148 rencontres sous le maillot des Gones. Une fierté pour les septuples champions de France qui l’ont vendu pour 35 millions d’euros au grand Real Madrid. Mais aussi un exemple qu’ils ont tenté de reproduire avec de nouveaux cracks made in Lyon. Plusieurs ont été candidats, mais aucun n’a pris pour le moment le siège de Petit Prince de Gerland laissé vacant depuis près de quatre ans par l’avant-centre numéro 1 des Bleus.

Le flop Tafer

Plus attaquant de surface que son aîné, Yannis Tafer n’a pas tenu toutes ses promesses à Lyon. Lancé dans grand bain le 24 janvier 2009 à seulement 17 ans, il était entré à 75e minute en Coupe de France pour remplacer Benzema. Tout un symbole ! Neuf mois plus tard, il inscrivait son premier but en L1 contre le TFC. Son seul but en pro avec Lyon. Malgré son potentiel, difficile pour un club du calibre de l’OL de lui donner véritablement sa chance. Titularisé seulement une fois, Tafer dû se contenter de miettes sous les ordres de Claude Puel.

Membre de la Génération 91, celle des Lacazette et Grenier, il a remporté un titre de Champion d’Europe en 2010 avec les moins de 19 ans Français. Après un prêt d’un an inefficace au TFC et une blessure avec les Bleus, il est revenu à Lyon en 2011 où il n’a joué qu’avec la réserve. À l’été 2012, c’est dans l’indifférence la plus totale qu’il a signé pour trois ans à Lausanne Sports. Ancien coéquipier de Tafer en jeunes à Lyon, Mathieu Salamand commente : « C’est tellement compliqué de réussir à l’OL. Il suscitait beaucoup d’espoirs, on en parlait beaucoup dans la presse. Etait-ce la bonne stratégie ? On aurait dû le laisser grandir tranquillement, ça ne lui a pas servi.  »

Belfodil-Yattara : les revanchards

Même club, même poste et une certaine ressemblance physique : Ishak Belfodil avait tout pour devenir le nouveau Benzema à l’OL. Un club qu’il a rejoint en 2008. Alors que son aîné partait à Madrid, lui intégrait le groupe pro en 2009 à seulement 17 ans. Souvent envoyé avec la réserve, l’Algérien a marqué 4 buts en 13 apparitions avec l’effectif professionnel. Peu utilisé, il n’a pas eu vraiment l’opportunité de laisser éclater son talent. Pour trouver du temps de jeu, il a été prêté à Bologne en janvier 2012 avant d’être vendu à Parme en juin. En Italie, Belfodil a eu sa chance et s’épanouit. Il a marqué 7 buts en 26 matches cette année. Véritable révélation en Serie A, l’AC Milan cet hiver et à présent la Juventus sont séduits par l’attaquant né en 1992. Belfodil ou la revanche d’un ancien pousse lyonnais.

Lorsqu’il a intégré le centre de formation de l’OL en 2009, Mohamed Yattara lui a vite obtenu les éloges de Bernard Lacombe. « C’est un joueur assez exceptionnel, je crois que l’on peut retenir son nom. La dernière fois que j’ai dit ça, c’était pour Karim Benzema. » Malheureusement pour le Guinéen, il n’a jamais eu sa chance avec le groupe pro. Après avoir fait ses gammes en CFA, il a fait l’objet d’un prêt à Arles-Avignon puis d’un autre convaincant à Troyes cette saison. Auteur de 3 buts en 21 apparitions, le joueur de 19 ans fait de bonnes choses à l’Estac et n’a pas renoncé à s’imposer à Lyon. « En juin, il me restera trois ans de contrat avec Lyon, j’ai toujours envie de m’imposer là-bas. J’espère qu’ils me donneront ma chance. En attendant, j’ai envie de faire le maximum avec l’Estac pour retourner la tête haute à Lyon. Ce n’est jamais évident d’être prêté. »

Même sort pour Benzia ?

Cette saison, tous les regards sont braqués sur Yassine Benzia. .« Je le trouve meilleur que Benzema au même âge. » déclarait Jean-Michel Aulas à son sujet en début de saison. Une comparaison qui a de quoi flatté l’attaquant de 18 ans, fan du joueur du Real Madrid comme il l’avait dit à Lyon Capitale. « Mon modèle, c’est Karim Benzema. Nous avons les mêmes origines, pratiquement le même nom. Et puis, il a évolué à Lyon, comme moi. Aujourd’hui, il joue au Real Madrid, mon club de cœur. Je travaille dur pour espérer faire une aussi belle carrière. » Toujours en apprentissage, Benzia a intégré le groupe pro en 2011. Cette saison, c’est seize apparitions et deux buts en Europa League. S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, Benzia a le potentiel pour se faire un nom à l’OL. À voir s’il sera l’héritier tant attendu de Benzema ou un nouvel espoir décevant.

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