Si certains voient les premières apparitions de Rayan Cherki sous le maillot de l’Olympique Lyonnais depuis l’intronisation de Rudi Garcia comme une manœuvre du coach rhodanien pour redorer son blason auprès des supporters du club, la promotion de Maxence Caqueret (19 ans) n’a rien de politique. Lancé dans le grand bain de la Ligue 1 en novembre dernier contre Strasbourg (2-1), le jeune milieu de terrain enchaîne les matches. Contre Bordeaux, Caqueret a ainsi disputé son quatrième match de championnat, encore une fois en tant que titulaire. Positionné aux côtés de Thiago Mendes et de Houssem Aouar, le natif de Vénissieux a épaté tout son monde.

Précieux à la récupération, le numéro 25 de l’OL a marqué de bons points grâce à sa qualité technique, son sens de l’orientation du jeu, sa capacité à jouer souvent vers l’avant et à son jeu en une touche de balle. Bref, une partition presque parfaite bien aidée aussi, il faut le dire, par une équipe de Bordeaux aux abois. Mais cela n’enlève rien à l’apport de cette jeune pousse made in OL. « J’ai bien aimé son match dans le fait de savoir garder le ballon et de maîtriser les tempos. Personnellement, je savais de quoi il était capable. Aujourd’hui, il le montre en Ligue 1, je suis très content pour lui. Il va bien nous servir pour la suite », s’est d’ailleurs enthousiasmé Houssem Aouar, autre produit rhodanien, à l’issue de la rencontre. Encensé de toutes parts, le principal intéressé a pris le temps de s’arrêter devant les médias pour revenir sur ses débuts réussis avec son club formateur.

« Le foot c’est une question d’intelligence avant le physique »

« Je pense avoir fait un bon match. Mon jeu, c’est de jouer simple et de faire jouer les autres. J’étais bien entouré avec Thiago (Mendes) et Houssem (Aouar). Ça fait un an et demi, deux ans que je m’entraîne avec le groupe pro. J’attendais ce moment-là de pouvoir jouer et d’enchaîner. C’est une très grande fierté. C’est mon club de cœur. Jouer à l’OL, c’était mon rêve. » Un rêve devenu réalité. Et pas qu’un peu. C’est simple, sur ses cinq matches (4 en L1, 1 en Coupe de France), Caqueret a été titularisé cinq fois et en a joué trois dans leur intégralité. Au plus grand dam de son concurrent direct Lucas Tousart dont la cote chez les supporters rhodaniens n’est pas la plus haute. En tout cas, Caqueret en profite pleinement. « Je ne dirais pas titulaire incontestable. J’enchaîne en ce moment. J’espère enchaîner le plus possible. Ce sera au coach de faire son équipe. »

Et pour le moment, rien ne s’oppose à le voir être aligné d’entrée de jeu sur la durée. Surtout dans un milieu à trois qu’il affectionne. « C’est sûr que le milieu avec une pointe basse est un système que j’apprécie beaucoup. On a su jouer aussi à deux relayeurs. Je jouerai où on me demande de jouer. Je n’ai pas de préférence. Contre Nîmes et Rennes, j’ai joué devant la défense. Je joue où on me met. » Enfin, là où Caqueret impressionne, c’est par sa capacité à rayonner dans une Ligue 1 très physique, malgré son profil de joueur chétif (1,74m, 63 kg). Mais pour le Gone, être une boule de muscle n’est pas gage de succès. « C’est sûr que je n’ai pas le plus gros physique de Ligue 1. C’est à moi d’être le plus intelligent à la récupération et dans les duels pour gratter des ballons. Je travaille chaque jour pour m’étoffer physiquement quand même. Le foot, c’est une question d’intelligence avant le physique. C’est sûr que je ne vais pas être le plus costaud dans les duels, mais je fais du mieux possible pour récupérer des ballons et aider l’équipe. » Pour le plus grand bonheur de Rudi Garcia.