L’OL a été détrôné. En juin dernier, la Fédération Française de Football a dévoilé le classement des meilleurs centres de formation de l’Hexagone pour la saison 2018-19. Habitué à truster la première place ces dernières années, l’Olympique Lyonnais s’est classé en quatrième position et a été devancé par le PSG, Rennes et Sochaux. Une nouvelle qui n’a pas dû faire sourire le club rhodanien qui a souvent été mis en avant pour la qualité de sa formation. En revanche, les pensionnaires du Groupama Stadium ont certainement été rassurés lorsqu’ils ont jeté un oeil à la 271e lettre hebdomadaire du Centre international d’étude du sport (CIES) de Neuchâtel (Suisse) publiée il y a quelques semaines. Dans celle-ci, il était question des meilleurs clubs formateurs en Europe dans le Big 5 en 2019. Un classement dominé par le Real Madrid (39 joueurs), le FC Barcelone (34 joueurs) et... l’Olympique Lyonnais (30 joueurs). Une belle distinction pour le club français qui a vu passer de nombreux talents tels que Karim Benzema, Alexandre Lacazette, Nabil Fekir, Anthony Lopes ou encore Houssem Aouar, le dernier élément du centre de formation à s’être réellement imposé dans le onze lyonnais.

Depuis, les Rhodaniens attendent toujours qu’un talent made in OL prenne le pouvoir et explose au plus haut niveau de façon constante. Cette saison, tout avait plutôt bien commencé. Dès la reprise, Sylvinho avait fait appel à plusieurs jeunes éléments lors du stage de pré-saison à Tignes. Mais malgré les éloges du technicien brésilien, ils avaient disparu les uns après les autres au fur et mesure des matches amicaux. Certains sont partis en prêt, à l’image de Lenny Pintor (Troyes) ou Yann Kitala (Lorient), d’autres ont été envoyés avec l’équipe réserve. Hormis Oumar Solet, qui est entré en jeu 9 minutes face à Amiens, aucun d’entre eux n’a eu de temps de jeu en match officiel sous les ordres de Sylvinho. Après le départ de ce dernier, tous espéraient que les cartes allaient être redistribuées ; même s’ils étaient conscients que les mauvais résultats de l’équipe ne leur permettraient pas d’avoir de nombreuses opportunités. Mais le discours de Rudi Garcia a dû les rassurer. Le nouvel homme fort de Lyon est venu avec Claude Fichaux, un adjoint qui a un œil sur la formation et le développement des jeunes.

Garcia fait confiance à Cherki

« Mon choix de venir avec Claude Fichaux a été dicté par ça (le centre de formation). L’OL a toujours sorti des jeunes joueurs. Le club possède un centre de formation de qualité. Je sais qu’il y a des jeunes de qualité ici. Claude a toujours été un formateur dans l’âme. C’est Claude qui, à Lille, m’a proposé de mettre Divock Origi dans le groupe pendant les trêves internationales pour voir ce qu’il valait. C’est également lui qui m’a permis de faire éclore Lucas Digne et Idrissa Gueye. A Rome, il a fait la même chose avec Lorenzo Pellegrini. Maxime Lopez et Boubacar Kamara ont aussi été repérés par l’œil de Claude. Ça a toujours été mon œil du côté de la formation et des jeunes ». Et le nouveau staff lyonnais n’a pas traîné. Grand espoir du club, Rayan Cherki (16 ans) a été intégré aux séances avant d’être convoqué pour la première fois de sa carrière chez les professionnels. Un acte et un message fort de la part de Garcia qui est même allé plus loin en lui offrant sa première en Ligue 1 face à Dijon, puisqu’il a joué une dizaine de minutes en fin de match (0-0).

Convoqué de nouveau lors du déplacement à Benfica en Ligue des Champions, Cherki, qui a joué en Youth League, était présent dans le groupe à l’occasion de la réception de Metz en Ligue 1 et lors du déplacement à Marseille. Dans un Vélodrome en feu, le jeune homme n’a pas été impressionné lui qui a joué 34 minutes (défaite 2-1). Précoce, Rayan Cherki brûle les étapes et semble avoir la confiance de son entraîneur. Une bonne nouvelle. Mais ce n’est pas forcément lui qu’on attendait cette saison du côté de Lyon. Difficile de ne pas penser à Maxence Caqueret. Le milieu de terrain, dont Martin Terrier nous disait qu’il était le jeune talent qui l’impressionnait le plus à l’OL en juillet dernier, était celui qu’on espérait voir éclore à Lyon cette saison. Doté d’une super technique et capable d’enchaîner les efforts à haute intensité, ce joueur aussi talentueux que réfléchi a une facilité à récupérer les ballons tout en pouvant se montrer décisif en marquant ou en faisant marquer.

Caqueret, Gouri et Solet patientent

Sous contrat jusqu’en 2021, Caqueret, qui était dans le groupe pour le déplacement à l’OM, attend son heure. C’est ce qu’il a confié à Lyon Capitale. « Cette saison, j’aimerais grappiller du temps de jeu avec l’équipe première, confie le Lyonnais dans le mensuel de novembre de Lyon Capitale. Jouer en Ligue 1, c’est mon plus gros objectif de la saison. Je pense être prêt, je suis là pour ça. Ça fait un an et demi que je m’entraîne avec les pros ». Un avis que partage Juninho, qui a évoqué le cas du jeune milieu sur OLTV. « Maxence Caqueret fait de supers entraînements. Je pense qu’il aurait déjà mérité d’avoir sa chance au moins 10 minutes, ou une mi-temps. Il peut jouer en 6 ou 8, formé en 10. Moi, je le vois plus en 6, avec un rôle différent ». Avec la forte concurrence régnant dans l’entrejeu lyonnais et la venue de Jean Lucas, qui grappille aussi du temps, Caqueret n’a pas encore pu avoir sa chance. Cela pourrait arriver prochainement, puisque Rudi Garcia l’apprécie comme il l’a avoué en conférence de presse jeudi. « Maxence n’était pas dans le groupe quand je suis arrivé et il y est maintenant. C’est à lui d’aller chercher mieux ou plus. Techniquement, il est très intéressant. Malgré sa taille, il gratte des ballons, il est volontaire sur le plan défensif. C’est un joueur qui fait partie du groupe pro de l’OL, c’est l’un des meilleurs jeunes qu’on ait ».

Contrairement à lui, Amine Gouiri n’a pas pu profiter de la trêve pour marquer des points puisqu’il était avec l’équipe de France U20. Blessé l’an dernier, l’attaquant a démarré cette saison avec l’envie de rattraper le temps perdu et de s’imposer dans le groupe pro pour de bon. Mais le footballeur âgé de 19 ans évolue avec la réserve et parfois en Youth League. Il n’a pas eu la moindre minute avec les pros. Ce qui n’est pas assez pour un élément qui aspire à mieux et qui doit enchaîner à un niveau supérieur pour poursuivre sa progression. Même constat pour Oumar Solet qui est barré par la concurrence. Mais ce joueur polyvalent souhaite s’imposer à l’OL où il n’a pas vraiment de temps avec les pros (1 apparition). Sa situation a d’ailleurs interpellé quelques clubs en France et à l’étranger. Ambitieux et motivés, ces jeunes joueurs doivent encore patienter et ils doivent surtout se battre pour gagner leur place.

C’est ce qu’a expliqué Rudi Garcia jeudi. « Voir les jeunes de l’académie ça me permet d’avoir un avis sur chacun d’entre eux. Par le passé, il y a des joueurs que j’ai lancé parce que je les ai vus lors des trêves internationales. Même si Claude Fichaux est mon œil. Il y a du mérite chez les jeunes. On écoute leurs coaches, notamment celui de la Pro2, est-ce que certains méritent de venir travailler avec nous ou non ? (...) Il y a des jeunes qui méritent de venir s’entraîner avec les pros et d’autres non. Ce n’est pas non plus une finalité de venir s’entraîner avec les pros. Le but c’est d’intégrer le groupe et de jouer. Ces trêves permettent d’intégrer les jeunes et faire travailler les autres comme on veut les faire travailler (...) Qu’ils piaffent tous d’impatience c’est bien, ils ont envie. Il faut que ce soit justifié. Aujourd’hui, c’est le système qui veut ça, on est obligé de les faire signer plus tôt qu’il ne le faudrait, on leur donne plus d’argent. Je ne veux pas faire le vieux combattant mais il fallait aller chercher le premier contrat. Aujourd’hui, c’est l’inverse mais les jeunes doivent prouver d’abord et pousser la porte. Le talent n’attend pas le nombre des années, si un jeune est meilleur qu’un pro il jouera ». Comme tous les joueurs du groupe professionnel, les jeunes lyonnais doivent gagner leur place. La balle est dans leur camp !