C’était l’événement attendu. Et il a eu lieu. Neymar est réapparu sous le maillot parisien, pour la première fois depuis le 11 mai dernier. Après des mois d’un feuilleton interminable sur le marché des transferts, où son désir de revenir au FC Barcelone s’est heurté à la réalité économique. De retour au Barça, il n’en sera plus question avant l’été prochain. Mais avant de penser à cela, le Brésilien devait affronter la vindicte populaire. Le Collectif Ultras Paris avait prévenu par le biais d’un communiqué qu’ils ne s’empêcheraient pas de manifester leur colère, avant de basculer, ensuite, dans l’indifférence. Et il n’a pas fallu attendre longtemps pour constater que la rancune, légitime ou non, était tenace.

Après avoir multiplié les banderoles et chants insultants au cœur du mois d’août lors de la réception de Nîmes, les supporters parisiens ont annoncé la couleur dès l’annonce de la composition d’équipe par le speaker. Le nom de Neymar a été hué et sifflé avec vigueur. Dès le coup d’envoi, un chant insultant a été entonné durant plusieurs minutes. Avant d’enchaîner par la chanson en l’honneur d’Edinson Cavani, absent, comme un symbole. Sur les premières touches de balle du Brésilien, les sifflets dégringolaient des tribunes. Avec un peu moins de force toutefois au fil des minutes. Puis c’est le père du joueur, Neymar Senior, dont la dernière sortie médiatique n’a pas arrangé ses affaires, qui a récolté la fureur des supporters, avec chants et banderoles peu amènes...

Un but qui va compter

La direction parisienne était confiante sur le fait que les arabesques de Neymar allaient peu à peu dissiper la rancoeur des fans. Le match face à Strasbourg n’a pas donné lieu à de grandes envolées, mais sur un premier geste technique plein de classe, le Parc n’a pu retenir un murmure d’admiration. Ce qui n’a pas empêché les sifflets de revenir à chaque corner tiré par Neymar. De même, aucune indulgence pour son lob manqué à la 31e minute. Le traitement de choc redouté par la direction était bien là, et les banderoles ont fleuri au cours de la rencontre.

Mais comment résister au talent ? Une folle chevauchée à la 55e minute a récolté quelques applaudissements, puis des sifflets. Rebelote à la 76e avec une frappe du gauche. De plus en plus partagé, le stade a chaviré presque totalement lors du but fabuleux du numéro 10, aussi beau que salvateur. Face à la tribune Auteuil, le joueur n’a pas cherché à défier ceux qui l’avaient sifflé tout le long de la rencontre, et ce n’était pas une mauvaise idée. Entouré de ses partenaires, il a pu fêter dignement son but. Avant de s’en voir refuser un deuxième de peu. La réponse du Brésilien était donc bien tombée sur le terrain, et elle s’est poursuivie face aux médias. Peu habitué à se présenter en zone mixte, il a affronté les nombreux micros, à trois reprises. Deux fois en espagnol, avec quasiment le même discours mot pour mot, tel un homme politique glissant ses fameux éléments de langage. Puis de manière plus détendue, dans sa langue natale face aux journalistes brésiliens. Où il a pu plaisanter sur son but et sa célébration. Une once de légèreté au cœur d’une journée mouvementée.