En termes statistiques, la première partie de saison d’Icardi est stratosphérique. L’Argentin en est déjà à 19 réalisations en 24 rencontres, toutes compétitions confondues, cette saison. C’est déjà plus que sur l’ensemble de la saison passée avec l’Inter. En termes psychologiques, en revanche, le buteur parisien ne se distingue pas nécessairement par une immense sérénité, que ses excellents statistiques supposeraient pourtant. La raison en est assez simple : Icardi supporte de moins en moins Thomas Tuchel, l’entraîneur, et il le manifeste de plus en plus.

Clash entre Icardi et Tuchel

L’épisode du match 18 février opposant le PSG à Dortmund en fut la meilleure illustration. Quelques heures avant la défaite au Signal Iduna Park (2-1), l’Argentin a appris qu’il serait sur le banc des remplaçants. Frustré, l’attaquant de 26 ans a fait part de son mécontentement de manière virulente à Thomas Tuchel. Le ton monte entre les deux hommes à tel point que plusieurs joueurs sont obligés d’intervenir pour ramener tout le monde au calme. Et l’ex-Barcelonais, de rage, a balancé plusieurs objets contre le mur de de l’hôtel pour exprimer très clairement son courroux, point d’orgue de la dissension entre les deux hommes. Le lendemain du match, la colère de l’Argentin n’est pas retombée, préférant rester seul, au point de quitter le groupe WhatsApp (messagerie instantanée), où les joueurs parisiens échangent au quotidien. Un incident rapidement réglé après une discussion avec ses compatriotes argentins et Keylor Navas, très remonté face au technicien allemand.

Parallèlement, l’état de forme physique de l’Argentin n’est pas jugé satisfaisant et le staff technique ne cesse de lui rappeler. Malgré des entraînements sérieux, son IMC (indice de masse corporelle) est considéré comme trop élevé. Certains membres du club estiment qu’Icardi n’est pas assez assidu dans les entraînements invisibles et dans son hygiène de vie. Mais l’élément déclencheur entre Thomas Tuchel et Mauro Icardi prend aussi sa source dans la gestion du cas Leandro Paredes, proche de l’attaquant argentin.

Ça a chauffé aussi avec Paredes

Trois jours avant la rencontre face à Dortmund, le PSG se déplace à Amiens (4-4). Mené à la pause par le club picard (3-1), Paredes est vivement pointé du doigt par son entraîneur, qui lui reproche de ne pas respecter les consignes mises en place avant la rencontre. Dans le vestiaire à la mi-temps, une altercation se produit entre les deux hommes, prolongeant leur différend né sur la pelouse quelques minutes auparavant. L’ Allemand lui a alors fait savoir qu’il n’avait pas apprécié son attitude sur le terrain. Le milieu argentin lui a répondu de manière peu aimable, selon plusieurs témoins. Le ton est monté d’un cran. À la suite de cette intervention, la tension reste palpable et Thomas Tuchel procédera à la sortie de Paredes 15 minutes après le coup d’envoi de la seconde période. Le natif de Krumbach prendra alors la décision de ne pas convoquer l’ancien meneur de jeu de Boca Juniors pour le huitième de finale aller face à Dortmund. Une sorte de sanction qui lui permet d’imposer son autorité face au groupe.

Le fossé se creuse ainsi tout doucement avec une partie de plus en plus large de l’effectif. Certains anciens du vestiaire ne peuvent s’empêcher les comparaisons avec Carlo Ancelotti, qui témoignait beaucoup plus d’empathie et savait gérer un groupe rempli d’ego. D’autres n’ont rien contre l’ancien coach du Borussia Dortmund, mais ils ne comprennent pas toujours ce qu’il attend d’eux. Si, dans le clan de Thomas Tuchel, on assure que tout va bien avec le deux Argentins, et qu’il relève davantage de malentendus que d’autre chose, il semble qu’ils soient tout de même profonds et déteignent sur les autres. Alors que la route s’élève en Ligue des Champions et qu’il faudra remonter un but d’écart à Dortmund, ces crispations et incompréhensions grandissantes pourraient être plus lourdes de conséquences. Malgre ces événements, l’ensemble du groupe reste soudé. La vie n’est jamais un long fleuve tranquille au Paris Saint-Germain.