Foot Mercato : Comment avez-vous vécu ces mois difficiles à l’écart du groupe ?

Mehdi Zeffane : Très mal. C’est toujours difficile d’être mis à l’écart. Je n’ai pas eu d’explication de la part de l’ancien coach (Christian Gourcuff, ndlr). C’est d’autant plus difficile à digérer quand on n’a pas d’explication. Mais j’ai essayé de continuer à travailler et de m’accrocher sans dire un mot.

FM : Vous avez évoqué brièvement Christian Gourcuff. Étiez-vous un peu déçu de lui, sachant qu’il vous connaissait très bien pour vous avoir dirigé en sélection algérienne ?

MZ : Oui, je l’ai connu en équipe nationale d’Algérie. Il m’avait fait connaître au public international. Ça se passait très bien entre lui et moi. C’est pour ça que j’aurais espéré avoir quelques explications de sa part sur ce qui s’est passé l’année dernière et en ce début de saison. J’ai été étonné de ne pas en avoir. Mais aujourd’hui, tout ça appartient au passé.

FM : Dans ces moments compliqués, comment fait-on pour ne pas baisser les bras et lâcher ?

MZ : J’ai eu la chance d’être bien entouré. J’ai pu compter sur ma famille, mes amis. Ils ont tous été très présents pour moi et je les en remercie. J’ai préféré prendre toutes ces épreuves du côté positif. Si je l’avais pris de la mauvaise façon, je n’aurais jamais ressorti la tête de l’eau. Je me suis dit qu’il fallait que je m’en serve comme d’une force, que mentalement et humainement ça allait beaucoup m’apprendre. C’est ce que j’ai fait au final.

FM : Ça vous a appris quoi justement...

MZ : Que rien n’est jamais acquis. Que la vérité d’aujourd’hui n’est pas du tout celle de demain. J’ai aussi appris qu’il ne fallait pas s’arrêter de travailler.

FM : Vous avez parlé de l’aspect humain. Cela aurait été humain à un moment de vouloir arrêter. Est-ce que ça vous a traversé l’esprit ?

MZ : Ça ne m’a pas traversé l’esprit une seule seconde. On sait tous la beauté de ce métier ; que c’est magnifique. Juste le fait d’y penser, ne serait-ce qu’une fraction de seconde, ça aurait été injuste envers certains jeunes qui rêvent de faire ce métier.

Zeffane a pensé à partir lors des deux derniers mercatos

FM : Vous n’avez pas joué pendant pratiquement une année avec le groupe pro à Rennes (son dernier match était le 14 décembre 2016). Qu’est-ce qui vous a manqué le plus ?

MZ : La vie de groupe, les préparations d’avant-match, le fait de se sentir utile pour aider son équipe, se sentir concerné. C’est un peu tout ça. Je suivais ça en étant à la maison. Aujourd’hui, c’est différent et je suis très content.

FM : Avez-vous pensé à partir, que ce soit l’hiver dernier ou lors du mercato d’été 2017 ?

MZ : Oui, j’y ai pensé. Ce serait mentir que de dire non. Je n’avais pas joué de l’année. J’y ai pensé tout en étant conscient que l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs et que tout peut se passer dans une saison. Il y a eu un changement de coach (Sabri Lamouchi) ainsi qu’un changement de président (Olivier Létang). Le nouveau coach m’a fait confiance tout de suite. Il me l’a montré et j’en suis ravi.

FM : La venue de Sabri Lamouchi a été synonyme d’un nouveau départ pour vous à Rennes.

MZ  : Oui, ça a été un nouveau départ dès sa prise de fonction. Il est venu me parler et m’a remis en confiance tout de suite. C’est vrai que ça faisait un moment que je n’avais pas joué. Il m’a demandé d’avoir confiance en moi. Il m’a dit qu’il connaissait mes qualités, qu’il avait confiance en moi. Ça faisait longtemps que j’attendais de refouler les pelouses de Ligue 1. Je suis heureux, en plus il y a eu de bons résultats pour le moment. Pourvu que ça dure.

FM : Vous êtes passé de joueur placardisé à titulaire au SRFC. Était-ce une chose que vous aviez imaginée à son arrivée ?

MZ : J’étais complètement placardisé. À son arrivée, j’ai enchaîné quelques matches. J’avais l’impression de revenir de très loin. C’est ce qui s’est passé. Je reviens de très loin. J’étais plus ou moins prêt mentalement, car c’est d’abord dans la tête que ça se prépare. Le corps suit ensuite. Mais c’est certain que ça fait du bien.

FM : Votre dernière apparition chez les pros remontait au 14 décembre 2016 Qu’avez-vous ressenti au moment de jouer votre premier match le 18 novembre dernier ?

MZ : Je n’ai pas joué pendant presque un an avec les pros (environ 11 mois). À la fin de la rencontre, je me suis dit : "enfin !". C’est le premier truc qui m’est venu à l’esprit. C’était un grand ouf de soulagement. Ça faisait très longtemps que j’attendais ça. Je suis très content que le coach me donne sa confiance. À moi de lui rendre sur le terrain.

Un nouveau Mehdi Zeffane

FM : Avec tout ce que vous avez vécu, avez-vous plus la rage qu’avant ?

MZ : Oui. Cette année et demie au placard m’a permis de me découvrir en tant qu’homme. C’est une situation qui n’était pas évidente. On se retrouve souvent seul face à son destin. Si on n’est pas fort mentalement, on peut vite lâcher. Ça m’a forgé. Tout ça va me servir toute ma vie.

FM : Vous avez dit que vous aviez pensé à un départ l’hiver dernier puis pendant l’été. Aujourd’hui, partir fait-il encore partie de vos plans ?

MZ : C’est très loin. Ce n’est pas du tout dans mes plans. La situation a changé. Tout se passe bien avec le coach. Donc je veux que ça continue à se passer de la sorte et qu’on fasse la plus belle saison possible tous ensemble.

FM : Vous êtes sous contrat jusqu’en 2019. Avez-vous commencé à parler d’une éventuelle prolongation avec le club breton ?

MZ : Ce n’est pas encore d’actualité. On pense d’abord au présent, c’est-à-dire enchaîner les matches et essayer de bien finir cette saison. Il y a encore des choses sympas à faire.

FM : En n’étant plus utilisé à Rennes, il y a eu un effet domino et vous n’avez plus trop été appelé avec les Fennecs. Comment l’avez-vous vécu ?

MZ : C’était la suite logique. Quand vous ne jouez pas en club, le sélectionneur se pose des questions et ça se comprend. C’est sûr que c’est toujours un plaisir d’aller défendre les couleurs de son pays. On a toujours envie d’y aller, surtout qu’on est une bonne bande de potes.

FM : Vous êtes latéral droit. C’est un poste qui est parfois pointé du doigt dans la presse algérienne. Comprenez-vous cela ?

MZ : Mon objectif est de revenir en sélection et d’occuper ce poste. Il y a beaucoup de critiques en Algérie qui pleuvent au sujet de ce poste. Quand on est professionnel, il faut savoir faire abstraction de certaines critiques et rester concentré sur son travail.

FM : Vous voulez retrouver l’équipe nationale. Avez-vous eu des échanges avec le nouveau sélectionneur Rabah Madjer ?

MZ : Non, pas encore.

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