La presse anglaise a choisi de mettre le héros du soir, Heug-Min Son, et le malheureux, Harry Kane, en avant. Mais à l’étranger, c’est sous l’angle d’un échec de Pep Guardiola que le quart de finale aller entre Tottenham et Manchester City a été abordé. « Guardiola KO » pour Tuttosport, « Aguero trahit Guardiola, Son le punit » pour le Corriere dello Sport, « Son sanctionne la pingrerie de Guardiola », pour As. A croire que Manchester City est déjà éliminé après la courte défaite 1-0 sur la pelouse des Spurs…

Toujours est-il que ce nouveau revers s’ajoute à ceux précédemment enregistrés par Pep Guardiola en Ligue des Champions depuis son arrivée à Manchester City il y a deux ans et demi. La première année, il avait subi la loi de l’AS Monaco en huitièmes de finale. La deuxième, c’est Liverpool qui l’avait stoppé au stade des quarts de finale. Alors, une troisième élimination possible, face à un adversaire à sa portée car dominé sur la scène nationale, serait très mal vue pour un entraîneur qui a eu carte blanche depuis le début, aussi bien sur le mercato que dans ses choix stratégiques.

Les choix de Guardiola remis en cause

Quelques dents commencent donc un peu à grincer outre-Manche. La composition de Guardiola face à Tottenham a ainsi laissé sceptique. Delph, Mahrez et Gündogan titulaires, De Bruyne et Sané sur le banc, Bernardo Silva et Benjamin Mendy non retenus dans le groupe, cela a généré plusieurs questions en conférence de presse. « Après 4 ou 5 mois de blessure, deux matches en quatre jours pour Mendy auraient été trop. Bernardo ne pouvait pas jouer alors j’ai mis Riyad (Mahrez, ndlr) et il a bien joué, particulièrement en seconde période, lorsqu’il avait quelqu’un proche de lui, car en première mi-temps, ce n’était pas facile pour lui. En seconde période, nous avons trouvé des situations et il a bien mieux joué. À cet instant de la saison, il y a des blessures, il y a des problèmes. Espérons que Bernardo sera rétabli la semaine prochaine », a commenté Pep Guardiola à l’issue de la rencontre.

De même, la titularisation de Gündogan, pas une franche réussite, n’a pas convaincu. D’autant que Guardiola a attendu la 89e minute pour lancer De Bruyne, qui avait des fourmis dans les jambes. « J’ai décidé de jouer avec deux milieux défensifs, Gündogan et Fernandinho, pour être un peu plus solide. Ce n’est pas le problème. Je sais que c’est dur pour lui, mais nous avons le match retour », a justifié Guardiola, étonnamment confiant pour la suite et pas si déçu de la prestation de ses hommes, pourtant bien loin de leur meilleur niveau. Manchester City est bien sûr capable de tout renverser la semaine prochaine à l’Etihad Stadium mais en cas d’échec, on peut être sûr que Guardiola sera pointé du doigt.