La Süper Lig turque, en voilà une destination étonnante pour un footballeur de haut niveau. Souvent considérée comme étant un championnat de seconde zone, cette ligue s’inscrit aujourd’hui comme l’une des places fortes du football européen. Et alors que certains joueurs peinent à exister en Ligue 1, l’eldorado du Bosphore a su en séduire plus d’un, à commencer par l’un des plus grands flops de l’histoire de l’OL, Kader Keita.

Recruté contre la coquette somme de 18 M€ par l’OL, l’imprévisible ailier va rapidement se mettre Gerland à dos. Conspué par un public ayant perdu patience vis-à-vis de lui, l’international ivoirien est transféré cet été du côté de Galatasaray pour 8,5 M€. Et le joueur revit à Istanbul. Ayant trouvé le chemin des filets à 10 reprises en 36 rencontres, le fantasque joueur de 28 ans semble renaître de ses cendres. De quoi faire grincer encore quelques dents du côté des supporters lyonnais et d’attiser la convoitise de plusieurs clubs anglais qui songeraient à lui pour la saison prochaine.

Et comment ne pas associer le nom de Keita à celui de Milan Baros. Arrivé à l’Olympique Lyonnais lors du mercato hivernal 2007, l’attaquant a rapidement déchanté entre Rhône et Saône. Auteur de 7 buts sous le maillot rhodanien, l’international tchèque aura connu la galère. Et après un prêt infructueux à Portsmouth, le joueur fait de nouveau trembler les filets sous les couleurs de Galatasaray. 64 matches et 41 buts inscrits, voilà qui a de quoi donner quelques regrets à la L1. À moins que l’OM, un temps intéressé, ne fasse appel l’été prochain au meilleur buteur de l’Euro 2004.

Et si Keita avait tout de même fait le bonheur du LOSC, difficile d’en dire autant pour Robert Vittek. L’international slovaque, censé être l’atout majeur de l’attaque lilloise, a rapidement dû se résoudre à aller sur le banc des remplaçants. Désireux de rebondir, le joueur a donc atterri cet hiver à Ankaragücü. En compagnie de Roger Lemerre et de Jérôme Rothen, l’avant-centre brille. Déjà auteur de 4 réalisations (dont une ce week-end face à Eskisehirspor), le goleador semble avoir retrouvé le sens du but. Prêté au club turc par la formation lilloise, son avenir reste toutefois incertain.

Le plaisir de marquer des buts, voilà ce qui manquait à Aziza Makukula du temps de son passage à Nantes. Le joueur n’avait fait chavirer le public de la Beaujoire qu’à une seule reprise. Après avoir roulé sa bosse un peu partout en Europe, le Portugais semble avoir trouvé chaussure à son pied, à Kayserispor. Le buteur affole les compteurs avec 19 buts marqués en 25 matches. Suffisant pour avoir une nouvelle chance en Ligue 1 ? Peu probable.

Si le championnat turc reste derrière la Ligue 1, on ne peut que s’étonner de l’insolente réussite d’attaquants qui ont connu de grandes difficultés dans le Championnat de France. Il y a sans doute trop d’impatience autant de la part des dirigeants que des supporters vis-à-vis de joueurs peu habitués à la rigueur des défenses de L1 et surtout des schémas tactiques ultras défensifs prônés par certains entraîneurs...